Allègement du 3e confinement avec la levée de certaines restrictions
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Allègement du 3e confinement avec la levée de certaines restrictions

Les ministres se réuniront pour évoquer la réouverture du système scolaire ; les aéroports restent fermés au moins jusqu'au 20 février ; les entreprises ouvrent sous conditions

Des résidents de Jérusalem portant le masque au City Center, le 4 février 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Des résidents de Jérusalem portant le masque au City Center, le 4 février 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le troisième confinement, visant à entraver la propagation du coronavirus, a été allégé dimanche dès sept heures du matin après plus d’un mois, alors que le pays continue d’enregistrer des milliers de nouveaux cas quotidiens et a un bilan des décès qui a largement dépassé les 5 000 victimes.

Ce confinement devait initialement être allégé vendredi, au moins partiellement. Mais un accord conclu au sein du cabinet, jeudi dans la soirée, l’avait prolongé jusqu’à ce dimanche, à l’issue d’une rencontre qui avait duré plusieurs heures et qui avait été marquée par de vifs échanges entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Benny Gantz.

Dimanche matin, les restrictions sur les déplacements personnels – les Israéliens étaient tenus de rester dans un périmètre de mille mètres autour de leurs habitations – ont été levées. Les réserves naturelles, les parcs nationaux, les sites de patrimoine et les sites placés sous la direction de l’Autorité des antiquités israélienne ont rouvert au public. Les entreprises impliquant des interactions avec la clientèle – coiffeurs, salons de soins esthétique, barbiers – ont pu reprendre leurs activités et les tzimer peuvent à nouveau recevoir des familles nucléaires.

Dimanche matin, des commerces non essentiels ont pu par exemple rouvrir à Jérusalem comme le salon de barbier de Eli Aroas.

« J’ai informé mes clients que nous reprenons le travail (…) Les clients vont bientôt arriver et nous espérons que c’est la fin de cette saga », s’est réjoui M. Aroas, 58 ans, en attendant de pouvoir ressortir ses ciseaux et ses tondeuses à barbe.

Sarit Reouven, 49 ans, est, elle, venue au centre de Jérusalem pour acheter des chaussures juste à temps pour le mariage de son fils, lundi. « Cette réouverture, c’est vraiment une bonne chose. Il y a un vent d’optimisme dans les airs (…) Je crois qu’on peut déjà entrevoir la fin de la crise », dit-elle, espérant sortir de son « dernier confinement ».

Il n’y avait pas encore, samedi soir, d’accord trouvé concernant l’accueil des enfants dans les crèches et dans les classes de CP, CE1 et CE2. Le gouvernement a fait savoir dans un communiqué émis vendredi qu’une décision serait prise suite à des discussions distinctes entre les ministères de la Santé et de l’Education.

Le gouvernement devrait décider, dimanche à 17 heures, de prolonger de 48 heures la fermeture du système éducatif, soit jusqu’à mardi, ont indiqué la Douzième chaîne et la Treizième chaîne, samedi.

Tomer Lotan, haut-responsable du ministère de la Santé, a expliqué à la Douzième chaîne, samedi, que les jardins d’enfants et les plus petites classes, dans les écoles élémentaires, pourraient rouvrir leurs portes dans les villes et les municipalités classées « vertes » et « jaunes » dans le cadre du système de « signalisation » gouvernemental, qui catégorise les secteurs en fonction de leur taux d’infection au coronavirus par tête.

Selon la Douzième et la Treizième chaîne, le ministère de la Santé est strictement opposé à la réouverture des écoles situées dans les localités classées « orange » et « rouge » – qui se distinguent par un fort taux d’infection – mais le ministre de la Santé Yuli Edelstein a indiqué, samedi, que son ministère « envisagera la possibilité » de rouvrir certaines structures éducatives dans ces villes, en particulier pour les plus jeunes, si les mesures de prudence adéquates sont adoptées.

Une crèche à Kfar Yona, le 10 mai 2020.
(Chen Leopold/Flash90)

Pour sa part, l’aéroport Ben Gurion restera fermé au moins jusqu’au 20 février, selon une décision prise vendredi par le gouvernement. Le principal aéroport d’Israël est resté presque entièrement fermé depuis le 25 janvier, sauf pour les avions-cargo et les vols d’urgence, alors que les autorités s’efforcent d’empêcher l’entrée de personnes susceptibles d’introduire dans le pays des personnes porteuses des variants de la COVID-19 tels que ceux qui ont contribué à la dernière forte augmentation du nombre de cas sur le territoire.

Le troisième confinement semble avoir été le moins efficace depuis le début de la pandémie, selon des données qui ont été présentées par le site Ynet.

Le nombre de malades dans un état grave au début du premier confinement, au mois de mars dernier, n’était que de sept, et il était de 101 lorsque le pays avait procédé à sa réouverture, deux mois plus tard. Le deuxième avait commencé au mois de septembre 2020 avec 586 cas graves et il s’était achevé avec 647 cas graves, environ un mois plus tard.

Avec le troisième confinement, l’on comptait début janvier 949 cas graves dans le pays. Aujourd’hui, les hôpitaux luttent pour tenter de répondre aux besoins de plus de 1 000 malades ayant développé une forme grave du coronavirus.

Les données de Ynet ont également révélé le taux des tests de dépistage positifs pendant chaque confinement, le premier ayant commencé avec un taux de 3,7 % et s’étant terminé avec un taux de 1,7 %. Ces taux, pendant le deuxième confinement, se sont élevés respectivement à 9,4 % et 4,5 %.

Concernant le troisième, qui avait commencé avec un taux de positivité de 4,9 %, il devrait s’achever sur un taux de 7,8 %.

Selon les chiffres du ministère de la Santé qui ont été transmis samedi soir, l’Etat juif a enregistré 6 273 nouvelles infections au coronavirus sur 82 546 tests de dépistage réalisés. 1 131 malades sont dans un état grave, notamment 329 qui ont été placés sous respirateur. Le bilan des morts a augmenté en passant à 5 071, samedi soir, selon les chiffres du ministère.

Le programme de vaccination israélien et unique dans le monde, réalisé avec le vaccin Pfizer/BioNtech, est encore en cours et 3 423 245 personnes ont d’ores et déjà reçu leur première dose. Samedi soir, la seconde dose du vaccin avait été administrée à 2 011 617 personnes.

Une femme reçoit son deuxième vaccin Pfizer-BioNTech COVID-19 par un médecin de l’armée, (à gauche), dans un centre de vaccination installé sur le parking d’un centre commercial à Givataim, dans le centre d’Israël, au cours d’un confinement national visant à enrayer la propagation du virus, le 20 janvier 2021. (AP Photo/Oded Balilty)

Le directeur-général du ministère de la Santé, Chezy Levy, a déclaré devant les caméras de la Douzième chaîne, samedi, que le troisième confinement avait réduit le nombre d’infections au sein de l’Etat juif mais que les taux « ne sont pas aussi bas que ce à quoi nous nous attendions ».

Levy a affirmé que le confinement avait été nécessaire et que sans ce dernier, il y aurait eu des dizaines de milliers de cas actifs au sein de l’Etat juif. Il a également estimé que sans le confinement, le nombre de reproduction de base – dit « R », qui désigne le nombre moyen de personnes infectées par un seul porteur du coronavirus – serait grimpé à 2. Tout chiffre dépassant 1 signifie que le virus se propage fortement, R2 représentant donc un taux d’infection très élevé.

Levy a appelé tous les Israéliens de plus de 16 ans à se faire vacciner et il a indiqué espérer que les adolescents entre 12 et 16 ans pourraient bénéficier d’une première dose d’ici le printemps.

S’exprimant samedi sur la Treizième chaîne, le ministre des Finances, Israel Katz, a indiqué que ce troisième confinement était « absolument le dernier ».

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