Alsheich : Le procès de Netanyahu est une « souillure sur son entourage »
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Alsheich : Le procès de Netanyahu est une « souillure sur son entourage »

L'ex-commissaire, qui a dirigé les enquêtes, estime qu'il est "choquant" que si peu de députés aient défendu le procureur-général, qualifié de criminel par un ministre Likud

L'ancien chef de la police Roni Alsheich donne une interview à la Douzième chaîne à Tel Aviv, le 5 septembre 2019. (Crédit : Flash90)
L'ancien chef de la police Roni Alsheich donne une interview à la Douzième chaîne à Tel Aviv, le 5 septembre 2019. (Crédit : Flash90)

L’ex-commissaire de police à la tête des enquêtes criminelles lancées contre le Premier ministre Netanyahu a déclaré qu’il n’aurait jamais cru que le Premier ministre se trouve encore à ses fonctions à l’ouverture de son procès – laissant entendre qu’il avait pensé que Netanyahu aurait présenté sa démission.

Le procès débutera dimanche après-midi.

« Je ne croyais pas que, à l’ouverture de son procès, Netanyahu serait encore Premier ministre », a confié Roni Alsheich à la Douzième chaîne, des propos diffusés samedi. « C’est une souillure sur tout son entourage ».

Alsheich, qui avait été nommé par Netanyahu et qui a été chef de la police de 2015 à 2018, a également critiqué une récente accusation émise par un allié politique du Premier ministre contre le procureur-général Avichai Mandelblit.

« L’attaque lancée par le ministre [David] Amsalem avait pour objectif de déstabiliser l’équilibre du système tout entier. C’est un comportement similaire à celui d’une mafia qui ne sied pas à un Etat démocratique », a ajouté Alsheich.

Il se référait là à des propos tenus jeudi par David Amsalem, législateur du Likud qui avait affirmé qu’il « n’y a pas de désaccord » au sein de la société israélienne sur le fait que Mandelblit « serait un criminel » au vu de son rôle dans l’affaire Harpaz, en 2010.

A LIRE : Comment Netanyahu, inculpé, a mis son procureur général sur le banc des accusés

Mandelblit n’a jamais été mis en examen dans le dossier mais il a été vivement critiqué après la violation d’un embargo par une journaliste sur des informations classifiées, des informations qui pouvaient entraîner des questionnements sur le rôle tenu par le conseiller juridique de l’Etat dans l’affaire.

Amsalem avait déjà, dans le passé, attaqué avec force des personnalités chargées de l’application de la loi et impliquées dans les enquêtes de Netanyahu. Il avait notamment qualifié Alsheich de « démon » en 2018, clamant que ce dernier tentait d’orchestrer un « coup d’Etat » contre le Premier ministre.

« Ce qui n’est pas moins choquant, c’est le silence de la majorité des politiciens. Si les hauts-responsables continuent à conserver le silence après des attaques telles que celles-là, le tour des magistrats qui sont amenés à juger le dossier Netanyahu viendra bientôt », a continué Alscheish.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le député David Amsalem durant une rencontre de faction du parti du Likud à la Knesset, le 8 janvier 2018 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
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