Ben Gvir – « agent du Shin Bet » selon Liberman – porte plainte pour diffamation
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Ben Gvir – « agent du Shin Bet » selon Liberman – porte plainte pour diffamation

Le candidat du parti Otzma Yehudit d'extrême droite a réclamé 250 000 shekels, citant des dossiers gagnés et affirmant que le chef de Yisrael Beytenu "a calomnié - et il paiera"

L'avocat Itamar Ben Gvir lors d'une conférence de presse, le 30 janvier 2019 (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
L'avocat Itamar Ben Gvir lors d'une conférence de presse, le 30 janvier 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le candidat d’extrême-droite à la Knesset Itamar Ben Gvir a porté plainte dimanche pour diffamation contre l’ex-ministre de la Défense Avigdor Liberman, donnant suite à une menace proférée jeudi après que Liberman a laissé entendre lors d’une interview retransmise à la radio que l’aspirant parlementaire d’Otzma Yehudit pouvait être un agent des services de sécurité du Shin Bet.

Ben Gvir, un avocat qui a défendu les « jeunes des collines » issus de la droite radicale dans des dossiers les opposant aux autorités israéliennes et membre de la formation extrémiste Otzma Yehudit, avait répondu en disant que Liberman, immigrant en Israël depuis la Moldavie, un pays de l’ex-Union soviétique, était une « taupe du KGB ».

Il avait également menacé Liberman de poursuites pour diffamation s’il ne présentait pas ses excuses dans les 48 heures – ce que Liberman n’a pas fait. Ben Gvir a donc annoncé dimanche avoir porté plainte en réclamant la somme de 250 000 shekels.

« Ce matin, j’ai déposé une plainte en réclamant un quart de million de shekels auprès de la cour des magistrats de Jérusalem contre Liberman, qui doit en tirer une leçon : certains ne se contentent pas de dire les choses mais ils les mettent aussi en oeuvre. Liberman a calomnié – et il paiera », a-t-il dit dans une déclaration.

Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, prend la parole à la Globes Business Conference à Jérusalem le 19 décembre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans la plainte, Ben Gvir cite un jugement émis en 2008 dans un dossier contre l’auteur Barry Chamish, qui l’avait déjà accusé d’être un agent du Shin Bet.

Dans cette affaire, le juge Oded Shaham avait statué en faveur de Ben Gvir et il avait reçu un dédommagement de 36 000 shekels. Le magistrat avait alors estimé que tandis que certains pouvaient considérer l’accusation comme un compliment, d’autres pouvaient l’envisager comme une diffamation.

« Les publications disant que le plaignant agit comme un agent du Shin Bet au sein du groupe dans lequel il évolue créent de fausses impressions, semblent diffamer ceux qui appartiennent au même champ politique et créent des provocations susceptibles de diffamer ses membres – et ce sont bien des calomnies à l’encontre de ces derniers », avait écrit Shaham à l’époque.

La plainte qualifie également « d’absurdes » les propos de Liberman et affirme que tandis que Ben Gvir « se battait contre les tortures » infligées par l’unité juive du Shin Bet aux Jeunes des collines, Liberman avait fait partie de la « coalition approuvant ces exactions ».

« Je comprends que Liberman soit sous pression », a ajouté Ben Gvir dans un communiqué. « Il voit les sondages et il découvre qu’il ne franchira pas le seuil électoral et il comprend que ses électeurs vont se tourner en masse vers l’Union des partis de droite ».

« Mais il y a des choses qu’on ne peut pas dire », ajoute-t-il. « Laisser entendre que je suis un agent du Shin Bet est plus grave que de clamer que Liberman est un agent du KGB« , a-t-il dit en référence à de fausses informations diffusées dans les médias au sujet de l’ex-ministre de la Défense.

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