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Bennett avertit que l’Iran se rapproche dangereusement de l’arme nucléaire

Le Premier ministre appelle la communauté internationale à intensifier ses efforts ; selon lui, "l'Iran ne s'arrêtera pas tant qu'il n'y sera pas contraint"

Le Premier ministre Naftali Bennett participant à une réunion de la commission de la Défense et des Affaires étrangères à la Knesset, le 7 juin 2022. (Crédit: Olivier Fitoussi/ Flash90)
Le Premier ministre Naftali Bennett participant à une réunion de la commission de la Défense et des Affaires étrangères à la Knesset, le 7 juin 2022. (Crédit: Olivier Fitoussi/ Flash90)

Alors que les tensions entre l’Iran et l’Occident se sont intensifiées cette semaine, le Premier ministre Naftali Bennett a averti dans une interview publiée samedi que Téhéran se rapprochait « dangereusement » de la production d’armes nucléaires.

« L’Iran enrichit de l’uranium à un rythme sans précédent et se rapproche dangereusement de mettre la main sur des armes nucléaires », a-t-il déclaré dans une interview au Telegraph britannique.

Bennett a appelé la communauté internationale à se joindre à Israël et à accroître la pression contre le programme et les ambitions nucléaires de l’Iran.

« Sans la pression de l’Occident, le régime islamique en Iran pourrait mettre la main sur une bombe nucléaire très bientôt », a-t-il déclaré.

« Le monde doit adopter une position ferme et dire au régime islamique en Iran : pas de nucléaire, pas de sanctions. Le programme nucléaire iranien ne s’arrêtera pas tant qu’il ne sera pas contraint de s’arrêter. »

Dans l’article, le Telegraph rapporte également qu’Israël avait demandé au Royaume-Uni de mettre en place un mécanisme du nom de « tripwire » pour déclencher des sanctions plus sévères contre l’Iran s’il poursuivait ses efforts nucléaires actuels.

Le président iranien Ebrahim Raisi, deuxième à droite, écoutant une explication tout en regardant une centrifugeuse avancée lors d’une exposition sur les réalisations nucléaires de l’Iran à Téhéran, en Iran, le 9 avril 2022. (Crédit : Bureau du président iranien)

Selon le Telegraph, ce mécanisme serait distinct de tout éventuel accord futur entre Téhéran et l’Occident.

Les commentaires de Bennett sont intervenus après que l’organisme de surveillance nucléaire de l’ONU a officiellement censuré l’Iran pour son programme nucléaire mercredi, quelques heures après que la République islamique a déclaré avoir déconnecté certaines des caméras de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui surveillent ses sites nucléaires.

Rafael Mariano Grossi, directeur général de l’AIEA, a ensuite déclaré que l’Iran avait retiré 27 caméras de surveillance de ses sites nucléaires, augmentant ainsi le risque que ses inspecteurs ne soient pas en mesure de suivre les progrès de Téhéran, qui enrichit de l’uranium à des niveaux de qualité militaire jamais encore atteints.

Si le blocage persiste, « dans trois ou quatre semaines » l’AIEA ne sera plus en mesure de fournir les informations nécessaires au suivi du programme nucléaire iranien, a précisé jeudi le chef de l’Agence.

« Ce serait un coup fatal » aux négociations sur l’accord nucléaire en lambeaux conclu par l’Iran en 2015 avec les puissances mondiales, a déclaré Grossi.

Outre la désactivation des caméras, l’Iran a informé l’AIEA de la mise en place de deux nouvelles centrifugeuses avancées sur le site de Natanz (centre), renforçant ainsi significativement sa capacité d’enrichissement d’uranium.

Le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Mohammad Eslami, qui a fait cette annonce lors d’une interview à la télévision nationale iranienne, a affirmé que cette décision était conforme à la réglementation internationale.

Eslami n’a pas précisé où se trouvaient les centrifugeuses en question. Cette annonce est intervenue le jour même où l’organisme de surveillance nucléaire des Nations unies a indiqué que Téhéran l’avait informé de son intention d’installer les deux nouvelles centrifugeuses dans l’installation nucléaire souterraine de Natanz.

La démarche de l’agence atomique iranienne est intervenue en prévision de la ratification de la censure, rédigée après que l’AIEA, dont le siège est à Vienne, a fait part de ses préoccupations concernant des traces d’uranium enrichi trouvées précédemment sur trois sites que Téhéran n’avait pas déclarés comme ayant accueilli des activités nucléaires.

L’Iran a conclu l’accord de 2015 limitant son programme nucléaire en échange d’un allègement des sanctions – mais l’accord est sous assistance respiratoire depuis que le président de l’époque, Donald Trump, en a retiré unilatéralement les États-Unis en 2018.

Téhéran, qui nie chercher à fabriquer une bombe nucléaire, a reculé par rapport à certains de ses propres engagements depuis 2019.

Les capitales européennes ont exprimé une inquiétude croissante quant à l’ampleur de la reprise par l’Iran de ses activités nucléaires depuis que les États-Unis ont commencé à réimposer des sanctions en 2018.

Un agent de sécurité à l’installation de conversion de l’uranium juste à l’extérieur de la ville d’Isfahan, en Iran, le 30 mars 2005. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi, File)

L’Iran a constitué d’importants stocks d’uranium enrichi, dont certains à des niveaux bien supérieurs à ceux nécessaires à la production d’énergie nucléaire.

Les pourparlers visant à relancer l’accord nucléaire de 2015 ont débuté en avril 2021 dans le but de faire revenir les États-Unis, de lever les sanctions et d’amener l’Iran à revenir aux limites qu’il a acceptées pour ses activités nucléaires.

Mais les négociations se sont enlisées ces derniers mois et le plus haut diplomate de l’Union européenne, Josep Borrell, a averti le week-end dernier que la possibilité de revenir à l’accord était « de plus en plus mince ».

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