Bezeq: Un suspect aurait facilité un accord au nom du collaborateur de Netanyahu
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Bezeq: Un suspect aurait facilité un accord au nom du collaborateur de Netanyahu

Eli Kamir est soupçonné d'avoir négocié un accord illicite qui aurait permis d'accorder une couverture plus favorable de la famille Netanyahu sur le site d'information Walla

Eli Kamir. (Capture d'écran : Kan)
Eli Kamir. (Capture d'écran : Kan)

Les enquêteurs de la police israélienne soupçonneraient Eli Kamir, conseiller en communication, d’avoir facilité un accord illicite entre un haut-responsable proche de Netanyahu et Shaul Elovitch, principal actionnaire de Bezeq, dans une affaire de corruption qui ne cesse de prendre de l’ampleur et qui implique la plus grande entreprise de communication de l’Etat juif.

Dans l’Affaire 4 000, Netanyahu aurait octroyé des avantages en termes de régulations à la plus importante entreprise de télécommunications israélienne, Bezeq, en échange d’une couverture médiatique plus favorable des actions du Premier ministre et de sa famille sur le site Walla, propriété de Shaul Elovitch, principal actionnaire de Bezeq.

Shlomo Filber, directeur-général du ministère des Communications – suspendu – et confident de longue date du Premier ministre, est également un suspect de cette enquête de corruption la plus récente qui touche des proches de Netanyahu ainsi que sa famille.

Selon un reportage diffusé dimanche par la chaîne Hadashot, les enquêteurs soupçonnent que Kamir aurait facilité un accord de compromis entre Filber et Elovitch.

Kamir a été arrêté en début de matinée, dimanche, et il a été décidé au cours d’une audience de détention provisoire qu’il resterait incarcéré encore cinq jours pour des soupçons de pots-de-vin, de fraude et de blanchiment d’argent.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara lors de l’inauguration d’une nouvelle unité d’urgences à l’hôpital de Barzilai d’Ashkelon, le 20 février 2018 (Crédit : Flash90)

Dimanche également, la Dixième chaîne a rapporté l’existence de messages écrits via l’application WhatsApp qui semblent montrer une magistrate chargée de l’enquête de Bezeq et un enquêteur décider de concert quels seront les suspects à maintenir en détention provisoire, et ce, avant leurs audiences respectives.

Dans l’échange, un enquêteur de l’Autorité israélienne des Titres (ATI) dit à la juge Ronit Poznansky-Katz que l’ATI réclamera une prolongation de détention provisoire pour quelques suspects, tandis qu’un autre « pourra sortir dès demain ».

« Tentez d’avoir l’air surprise », écrit-il.

« Je prends mon air surpris », répond-elle.

Puis Shacham-Shavit dit à la magistrate que l’ATI a l’intention de demander une prolongation de la détention de la directrice-générale de Bezeq Stella Handler et de l’épouse d’Elovitch, Iris.

« Continuez à tout me révéler mais il faudra que j’ai l’air vraiment, vraiment surprise », répond encore la juge.

L’homme d’affaires israélien Shaul Elovitch arrive pour une prolongation de sa détention provisoire dans l’affaire 4000 au tribunal de première instance de Rishon Letzion, le 18 février 2018. (Flash90)

L’enquête de l’Affaire 4 000 a connu la semaine dernière des rebondissements suite à l’arrestation d’un certain nombre de conseillers de haut-rang de Netanyahu et de cadres de Bezeq.

Shlomo Filber, le directeur-général du ministère des Communications qui a été suspendu, confident de Netanyahu de longue date, a signé mardi dernier un accord pour devenir témoin de l’accusation. Il pourrait incriminer le Premier ministre dans le dossier. Filber a vu sa détention provisoire prolongée mercredi de 15 jours et il devrait rester dans un lieu tenu secret pendant ces deux semaines alors que la police continuera à l’interroger.

Netanyahu était ministre des Communications au moment où avaient été signés plusieurs accord illicites avec Elovitch, notamment une aide apportée à Bezeq lors de l’achat du fournisseur de câbles par satellite Yes. Le ministre en titre avait alors négligé toutes les questions d’antitrust soulevées par ses collaborateurs.

Elovich, son épouse et son fils, qui sont tous membres du conseil d’administration, ont annoncé leur intention de démissionner dimanche. Les actions de Bezeq ont chuté d’environ 30% l’année dernière en raison de l’enquête, et l’investisseur militant Elliott Advisors, qui détient une part de 4,8% dans Bezeq, a appelé le conseil d’administration à désigner de nouveaux directeurs indépendants, demandant la démission immédiate des personnalités impliquées dans l’enquête.

Netanayhu a également été lié à une nouvelle enquête, intitulée l’Affaire 1 270, qui implique son ancien porte-parole Nir Hefetz, soupçonné par la police d’avoir offert à la juge Hila Gerstel le poste de procureur général si elle acceptait de mettre un terme à une enquête portant sur l’épouse du Premier ministre, Sara.

Kamir aurait relayé une offre de Hefetz à Gerstner dans ce dossier.

la police a recommandé l’inculpation du Premier ministre Netanyahu dans deux affaires de corruption pour fraude, abus de confiance et pots-de-vin.

Dans l’Affaire 1000, Netanyahu et son épouse Sara sont soupçonnés d’avoir reçu des cadeaux illicites de la part de bienfaiteurs milliardaires, notamment des cigares et du champagne pour un montant d’un million de shekels de la part du producteur de Hollywood Arnon Milchan, né en Israël. En échange, Netanyahu serait intervenu, selon la police, au nom de Milchan dans des dossiers liés à la législation, aux accords commerciaux et à l’octroi de visas.

Nir Hefetz arrive pour le prolongement de sa détention dans l’Affaire 4000 devant la cour de district de Tel Aviv, le 22 février 2018 (Crédit : Flash90)

L’Affaire 2000 implique un accord de compromis présumé passé entre Netanyahu et le directeur de la publication du journal Yedioth Ahronoth, Arnon Mozes, qui aurait vu le Premier ministre affaiblir un quotidien rival, Israel Hayom, propriété de Sheldon Adelson, en échange d’une couverture de ses actions plus favorable.

Netanyahu devrait être interrogé par la police – peut-être en tant que suspect – dans l’Affaire 4 000 vendredi.

Il devrait aussi apporter son témoignage dans l’Affaire 3000, qui concerne des faits de corruption présumés dans l’achat pour plusieurs milliards de shekels de sous-marins et de vaisseaux auprès d’un fabricant naval allemand. L’enquête s’est concentrée sur des soupçons pesant sur des responsables de l’Etat qui auraient reçu des pots-de-vin pour influencer la décision de l’acquisition de quatre bateaux de patrouille et de trois sous-marins de type Dolphin, pour un montant total de deux milliards d’euros, à ThyssenKrupp, malgré l’opposition à cet accord du ministère de la Défense.

Netanyahu a nié tout méfait dans tous ces dossiers.

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