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Coup d’envoi de la session d’hiver à la Knesset qui s’annonce (très) mouvementée

Alors que la coalition s'efforce d'adopter le budget avant la date limite du 4 novembre, la bataille sur la composition des commissions n'est pas prête de s'achever

Le Premier ministre Naftali Bennett lors d'une réunion du cabinet au ministère des affaires étrangères de Jérusalem, le 11 septembre 2021. (Crédit : Abir Sultan/Pool Photo via AP)
Le Premier ministre Naftali Bennett lors d'une réunion du cabinet au ministère des affaires étrangères de Jérusalem, le 11 septembre 2021. (Crédit : Abir Sultan/Pool Photo via AP)

La session d’hiver de la Knesset devait s’ouvrir officiellement lundi, l’échéance imminente de l’adoption du budget de l’État constituant le principal défi auquel est confronté le gouvernement au cours de ces quelques mois qui s’annoncent houleux et agités au Parlement israélien.

Si les deux projets de loi budgétaires ne sont pas adoptés par la Knesset avant la date limite récemment reportée au 14 novembre, le Parlement sera automatiquement dissous et des élections seront organisées.

Le budget est un test crucial pour le gouvernement du Premier ministre Naftali Bennett, qui cherche à consolider son autorité.

Le mois dernier, la Knesset a approuvé le budget de l’État 2021-2022 en première lecture, une étape importante pour la coalition. Les projets de loi ont été adoptés après que des accords ont été conclus entre les partis de la coalition sur diverses questions en litige.

Les projets de loi font maintenant l’objet d’un examen plus approfondi et doivent passer en deuxième et troisième lecture en séance plénière pour entrer en vigueur.

Dans les semaines à venir, les commissions de la Knesset vont mener des discussions marathon sur la loi budgétaire et la loi sur les Arrangements qui l’accompagne. Les partis et les législateurs vont se disputer l’influence, sachant que la fragile coalition, avec sa faible majorité, pourrait tomber sur un seul vote.

La salle plénière pendant la cérémonie de prestation de serment de la 24e Knesset, au parlement israélien à Jérusalem, le 6 avril 2021. (Crédit : Alex Kolomoisky/POOL)

La dernière fois qu’Israël a approuvé un budget d’État, c’était en 2019, avant que le pays ne s’enlise dans une impasse politique de deux ans.

Le mois dernier, le chef du parti Raam, Mansour Abbas, aurait déclaré en privé que le gouvernement ne tenait pas les promesses qu’il avait faites envers le public arabe lors de sa formation. Dans une menace potentielle, le chef du parti Raam, dont le soutien à la coalition est essentiel, a déclaré que le gouvernement actuel « est à la croisée des chemins » en raison de son incapacité à tenir ses promesses envers le public arabe. Certains analystes estiment que cette fuite constitue un message intentionnel aux dirigeants de la coalition pour renforcer la position de négociation d’Abbas.

Le leader de Raam Mansour Abbas s’exprime devant la Knesset, le 13 juin 2021. (Crédit : Noam Moskowitz/Knesset)

Parallèlement, les commissions de la Knesset opéreront dans le cadre d’une querelle entre le gouvernement et l’opposition au sujet de ce que cette dernière prétend être une sous-représentation dans les commissions.

Après que l’opposition a tenté de bloquer la formation des commissions de la Knesset à plusieurs reprises, la commission des Arrangements de la Knesset a approuvé en juillet la composition des commissions permanentes du Parlement sans l’accord de l’opposition.

La présidente de la coalition, Idit Silman, du parti Yamina, a déclaré à l’époque que l’opposition s’était vu proposer la présidence de quatre commissions permanentes et de deux commissions spéciales, ainsi que cinq postes de vice-présidents dans les différentes commissions. Le Likud a rejeté l’offre comme étant « injuste ».

La députée Yamina Idit Silman préside une réunion du comité des arrangements de la Knesset le 23 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La commission de la Chambre de la Knesset devait discuter lundi de la composition de la commission de l’Alyah, de l’intégration et de la diaspora, de la commission d’audit de l’État et de la commission des sciences et de la technologie. Cependant, l’opposition refuse toujours de négocier sur la question.

La prochaine session de la Knesset sera également marquée par la proposition de loi du ministre de la Justice, Gideon Saar, visant à limiter la durée du mandat du Premier ministre et à empêcher une personne mise en examen d’occuper ce poste.

Le parti Tikva Hadasha de Saar a déclaré qu’en vertu de la législation envisagée, la durée totale du mandat de Premier ministre serait limitée à huit ans. Il a noté que le projet de loi ne serait pas appliqué rétroactivement et n’empêcherait donc pas le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu de se présenter à nouveau aux élections, bien qu’il ait cumulé plus de 15 ans dans cette fonction entre 1996 et 2021.

Le ministre de la Justice Gideon Saar s’exprime lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 6 juillet 2021. (Crédit : Amit Shabi/POOL)

Mais Netanyahu serait affecté par un deuxième projet de loi soumis par le parti, qui empêcherait une personne inculpée au pénal d’occuper le poste de Premier ministre. Netanyahu est actuellement jugé dans trois affaires de corruption, bien qu’il nie tout acte répréhensible.

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Certains membres de la coalition ont exprimé leur malaise face à cette proposition de loi, la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked s’y opposant et d’autres affirmant qu’elle sera perçue comme visant personnellement Netanyahu parce qu’elle l’empêcherait de revenir au pouvoir, ce qui ne serait pas du goût des électeurs de droite.

Le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu à la Knesset le 6juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La session de lundi débutera par un discours du président de la Knesset, Mickey Levy, suivi du président Isaac Herzog. Bennett montera ensuite sur tribune avant la réponse du chef de l’opposition Netanyahu.

Selon le quotidien Maariv, certains membres des équipes olympiques et paralympiques israéliennes, qui ont battu des records, assisteront à la session et une réception sera organisée en leur honneur.

À l’issue des discours, la Knesset sera saisie de deux motions de défiance à l’égard du gouvernement émanant du parti Likud de Netanyahu et des factions ultra-orthodoxes, qui devraient être rejetées.

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