Damas discute d’un accord de sécurité avec Jérusalem – présidence syrienne
Ahmed al-Sharaa a aussi révélé que ses forces avaient entamé des négociations secrètes avec la Russie, alliée clef de Bashar el-Assad, lors de l'offensive qui a eu raison du dictateur

Le président syrien par intérim, Ahmed al-Sharaa, a indiqué vendredi que la Syrie menait des négociations avec Israël en vue de parvenir à un accord de sécurité qui permettrait à l’État hébreu de se retirer des zones où ses soldats sont déployés depuis le renversement du dictateur syrien Bashar el-Assad en décembre.
Le 8 décembre, alors que des forces menées par des islamistes renversaient le régime Assad, Israël a déployé des troupes dans la zone tampon surveillée par l’ONU sur le plateau du Golan, qui sépare les troupes israéliennes et syriennes depuis l’armistice suivant la Guerre de Kippour, en 1973.
Depuis, Israël a lancé des centaines de frappes aériennes contre des cibles militaires en Syrie et effectué des incursions dans le sud du pays. Les nouvelles autorités syriennes n’ont pas riposté.
« Nous sommes actuellement dans un état de négociations et de dialogue sur la question d’un accord de sécurité », a déclaré Sharaa dans une interview accordée à la chaîne de télévision publique Alekhbariah.
« Israël a considéré qu’avec la chute du régime, la Syrie avait quitté » l’accord de désengagement de 1974, « même si la Syrie, dès le premier instant, a exprimé son engagement » envers cet accord, a-t-il dit.
« Maintenant, des négociations sont en cours pour conclure un accord de sécurité et ramener Israël à la situation d’avant le 8 décembre », a-t-il poursuivi.
Israël et la Syrie n’entretiennent pas de relations diplomatiques, les deux pays étant techniquement en guerre depuis 1948 et Damas n’ayant pas accepté l’occupation, puis l’annexion, d’une partie du Golan par Israël.
Le mois dernier, les médias d’État syriens ont rapporté qu’Assaad al-Chaibani, le ministre syrien des Affaires étrangères, et Ron Dermer, son homologue israélien, s’étaient rencontrés à Paris pour discuter d’une désescalade et de la situation dans la province de Soueïda, en Syrie, majoritairement druze, qui a été endeuillée par des violences intercommunautaires. Israël est intervenu pour soutenir les Druzes.
En août également, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a indiqué qu’Israël était engagé dans des discussions visant à démilitariser le sud de la Syrie.
Durant l’interview, Sharaa a également révélé que ses forces avaient entamé des négociations secrètes avec la Russie, alliée clé d’Assad, lors de l’offensive qui a finalement renversé le dictateur au pouvoir depuis 2000.
« Lorsque nous avons atteint Hama lors de la bataille de libération, des négociations ont eu lieu entre nous et la Russie », a déclaré Sharaa. Lorsque les islamistes sont arrivés à Homs, plus au sud, la Russie « est restée à l’écart du combat […] dans le cadre d’un accord conclu entre nous », a-t-il précisé.
Il a également souligné que ses forces avaient évité d’attaquer la base aérienne russe de Hmeimim, située sur la côte méditerranéenne syrienne.
La base navale de Tartous et la base aérienne de Hmeimim sont les seuls avant-postes militaires officiels de Moscou en dehors de l’ex-Union soviétique.
Assad s’est enfui de Hmeimim pour se réfugier en Russie.







