Dérèglement climatique : Le ministère de l’Environnement aura 625 M NIS de plus
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Dérèglement climatique : Le ministère de l’Environnement aura 625 M NIS de plus

C'est la première fois que la crise climatique reçoit une allocation dans le budget de l'État; une autre somme aidera les villes arabes à se préparer au réchauffement de la planète

Une voiture roule sur une route inondée dans la ville de Nahariya, au nord d'Israël, le 8 janvier 2020, après qu'une rivière soit sortie de son lit. Environ 40 %, soit 250 millimètres (9,8 pouces), des précipitations annuelles moyennes de la ville sont tombées du 3 au 9 janvier de cetteannée-là. (Crédit : Meir Vaknin/Flash90)
Une voiture roule sur une route inondée dans la ville de Nahariya, au nord d'Israël, le 8 janvier 2020, après qu'une rivière soit sortie de son lit. Environ 40 %, soit 250 millimètres (9,8 pouces), des précipitations annuelles moyennes de la ville sont tombées du 3 au 9 janvier de cetteannée-là. (Crédit : Meir Vaknin/Flash90)

Le budget d’État de deux ans approuvé par les ministres lundi comprend pour la première fois une allocation spéciale de 625 millions de shekels pour lutter contre le changement climatique.

Le budget national 2021-2022 doit maintenant passer par diverses commissions et trois lectures en plénière de la Knesset avant la date limite du 4 novembre.

L’argent, qui sera alloué sur deux ans pour aider à financer un programme quinquennal, permettra au ministère de la Protection de l’environnement de faire progresser les initiatives en matière d’énergies renouvelables, de transports verts et d’air pur, d’aider les autorités locales à créer des programmes pour faire face au changement climatique, et d’investir dans la recherche environnementale et les nouvelles technologies, entre autres choses, selon un communiqué du ministère.

D’autres ministères, tels que ceux de l’Énergie, des Transports, de l’Économie et de l’Éducation, ainsi que l’Autorité foncière israélienne, recevront également des sommes non encore divulguées pour les aider à mettre en œuvre un plan gouvernemental pluriannuel de réduction des émissions liées au réchauffement climatique qui sera présenté dans les semaines à venir.

On ne sait pas encore si ces sommes viendront s’ajouter à leur budget de base ou si elles y seront affectées.

Tous ces fonds seront utilisés pour atteindre les objectifs actualisés de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’Israël soumis la semaine dernière à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

Ces objectifs engagent l’État à réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre (GES) de 27 % d’ici à 2030 et de 85 % d’ici à 2050, par rapport à 2015.

Des Israéliens participent à une marche de protestation pour exiger une action immédiate sur le changement climatique, à Tel Aviv, le 29 mars2019. La pancarte indique : ‘Quel vert voyez-vous ?’ (Crédit : Adam Shuldman/Flash90)

En outre, une somme de 550 millions de shekels sera allouée pour permettre au ministère d’aider les municipalités arabes à se préparer au réchauffement climatique et à moderniser leurs systèmes d’élimination des déchets avec de meilleures infrastructures orientées vers plus de recyclage.

Sur ce montant, 300 millions de shekels seront des fonds nouveaux, et 250 millions de shekels seront prélevés sur les 625 millions de shekels alloués au changement climatique.

Le budget de base du ministère de la protection de l’environnement pour les frais de fonctionnement sera de 340 millions de shekels par an pendant les deux années, selon un porte-parole du ministère.

En outre, l’argent du Fonds propre du gouvernement, généré par les taxes de mise en décharge, sera affecté aux initiatives du ministère visant à réduire l’utilisation de plastique jetable et à nettoyer les plages.

Bénévoles participant aux efforts de nettoyage des plages d’Israël, le 30 octobre 2020. (Crédit : Société pour la protection de la nature en Israël)

Le ministère de la Protection de l’environnement a également déclaré que diverses réformes environnementales ont été énoncées dans le projet de loi sur les arrangements économiques qui accompagne le budget de l’État, qui a reçu une approbation préliminaire lundi.

Ces réformes comprennent une taxe carbone sur les émissions liées au réchauffement de la planète, provenant initialement des combustibles fossiles, la taxation du plastique jetable et l’ajout de 46 postes dans l’unité d’octroi des permis.

La capacité du ministère à influer sur les conditions d’octroi des licences d’exploitation sera toutefois considérablement réduite, car il est prévu de limiter la réglementation à l’échelle du gouvernement en créant un nouveau comité des licences d’exploitation au sein du bureau du Premier ministre.

Les propositions, qui sont depuis longtemps en cours d’élaboration au sein du bureau du Premier ministre, visent à « lever les obstacles et à accélérer l’activité commerciale », selon le texte du projet de loi sur les arrangements économiques.

« La nécessité de la présente réforme découle de la difficulté des entreprises face à des exigences strictes et complexes en matière de licences », indique le texte.

La ministre de la Protection de l’environnement, Tamar Zandberg, a prévenu la semaine dernière que cette réforme laisserait au ministère « une responsabilité mais pas d’autorité », ce qui constituerait un risque pour la santé publique et l’environnement.

Maya Jacobs, directrice de l’organisation de protection marine Zalul. (Crédit: Dor Malka)

Maya Jacobs, directrice de l’organisation de préservation marine Zalul, a déclaré que le gouvernement détruisait la capacité du ministère à protéger les citoyens de la pollution atmosphérique causée par l’industrie et menottait le pouvoir des autorités locales à limiter la pollution industrielle dans leurs zones de compétence.

« On ne sait pas ce qui nous tuera en premier, la pollution environnementale ou le climat, mais dans tous les cas, c’est une peine de mort pour la santé publique et la nature », a-t-elle déclaré, ajoutant que le gouvernement avait cédé à la pression des propriétaires des industries polluantes.

Le dernier budget de l’État adopté était celui de 2019, avant qu’Israël n’entre dans deux années d’impasse politique sous la direction du Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu.

Si le nouveau budget n’est pas adopté d’ici novembre, la Knesset serait automatiquement dissoute et de nouvelles élections suivraient.

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