Des députés travaillistes critiquent Herzog après l’annonce de négociations avec Netanyahu
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Des députés travaillistes critiquent Herzog après l’annonce de négociations avec Netanyahu

Les dirigeants du Parti travailliste et du Likud ont démenti ces négociations, mais ils avaient également démenti les discussions du printemps dernier

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef de l'opposition Isaac Herzog, pendant la séance inaugurale de la Knesset, le 31 mars 2015.  (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef de l'opposition Isaac Herzog, pendant la séance inaugurale de la Knesset, le 31 mars 2015. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Visiblement peu impressionnés par ses démentis, les députés du parti d’Isaac Herzog, situé dans l’opposition, l’ont fustigé samedi parce qu’il serait à nouveau entré en négociation avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour former un gouvernement d’unité.

Erel Margalit, rival de Herzog à la présidence du parti, a déclaré que, avec l’ « échec dans tous les domaines » du gouvernement Netanyahu et l’enquête contre lui pour des malversations financières présumées, il était évident que le Parti travailliste devait travaillait pour remplacer la coalition, et pas pour la sauver.

Stav Shaffir, également députée travailliste, a déclaré que si Herzog avait perdu foi en la capacité de son parti à remplacer le gouvernement de droite, il devrait « rentrer à la maison ».

Les deux députés ont déclaré qu’ils certains de pouvoir empêcher les nouvelles négociations annoncées de mener à un réel accord de coalition.

Stav Shaffir, députée de l'Union sioniste (Crédit : Flash90)
Stav Shaffir, députée de l’Union sioniste (Crédit : Flash90)

Des conseillers de Netanyahu et Herzog ont démenti que de telles discussions aient lieu. Cependant, la Deuxième chaîne, qui a annoncé l’information vendredi, a déclaré samedi avoir reçu des « confirmations supplémentaires » des négociations. Elle a ajouté que, contrairement aux précédentes négociations avortées du printemps, Herzog « ne l’a même pas dit à son cercle proche » cette fois.

Battu dans les élections de l’année dernière, le Parti travailliste d’Herzog chute dans les sondages, mais il a réussi à empêcher pour un an de nouvelles élections à la tête du parti.

La Deuxième chaîne a annoncé vendredi que Netanyahu et Herzog s’était rencontré à Césarée pour discuter d’une possible coalition d’unité, et qu’ils s’étaient aussi vus plus tôt dans la semaine.

L’information a été démentie par des conseillers de Netanyahu, par son parti, le Likud, et pas l’Union sioniste d’Herzog. La Deuxième chaîne a cependant souligné que ses informations étaient correctes, et a rappelé que quand les deux hommes avaient tenu des négociations à grande échelle pour un partenariat de coalition au printemps, comprenant les détails des postes ministériels qui seraient alloués à l’Union sioniste, ils avaient déjà catégoriquement démenti avoir de telles discussions.

Netanyahu a sans cesse répété qu’il cherchait à étendre sa coalition. Il avait cessé en mai les négociations avec Herzog et préféré conclure un accord avec le parti Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman, qui avait été nommé ministre de la Défense.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman après la signature de l'accord de coalition, à la Knesset, le mercredi 25 mai 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman après la signature de l’accord de coalition, à la Knesset, le mercredi 25 mai 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il y a trois semaines, Netanyahu avait déclaré à des journalistes qu’il gardait le poste de ministre des Affaires étrangères précisément pour pouvoir le proposer à un nouveau partenaire de coalition potentiel.

« Au final, le gouvernement fonctionne, même si je ne cache pas le fait que je suis intéressé pour l’élargir », avait-il déclaré le 31 juillet. Bien qu’il n’y ait « pas de contact » avec des partis d’opposition, avait-il déclaré ce jour-là, « il y a une volonté. Je suis évidemment intéressé par élargir la coalition […]. Il y a beaucoup de défis et d’opportunités, y compris diplomatiques », avait-il ajouté.

Herzog avait rétorqué le lendemain que « cette option a été épuisée ».

Netanyahu pourrait penser que l’inclusion de l’Union sioniste de centre gauche pourrait l’aider à détourner la pression internationale sur Israël concernant les efforts de paix avec les Palestiniens.

La Deuxième chaîne a annoncé vendredi que bien que Netanyahu ait reconnu être en vacances à Césarée, il a catégoriquement affirmé ne pas avoir rencontré Herzog. Herzog a également reconnu être dans le nord du pays, sur la côte également, mais qu’il s’agissait d’une coïncidence. Le parti d’opposition a considéré que les informations sur de nouvelles rencontres étaient « totalement infondées », et qu’elles montraient que la coalition de Netanyahu était plongée dans le chaos.

Le ministre du Logement et député Koulanou Yoav Galant (Crédit : Capture d'écran Ynet)
Le ministre du Logement et député Koulanou Yoav Galant (Crédit : Capture d’écran Ynet)

Yoav Galant, ministre du Logement du parti Koulanou, a déclaré ne rien savoir de la véracité des informations, mais qu’il « serait le premier à accueillir » un gouvernement d’unité.

Herzog a été fustigé par ses camarades de parti ces derniers mois pour avoir négocié avec Netanyahu. Plutôt que de faire entrer au gouvernement en mai l’Union sioniste d’Herzog (composée du Parti travailliste et du parti Hatnua de Tzipi Livni) et ses 24 sièges, Netanyahu avait humilié Herzog en invitant à sa place le parti de droite Yisrael Beytenu.

Shelly Yachimovich, députée travailliste, à la Knesset en mars 2013. (Crédit : capture d'écran Knesset TV)
Shelly Yachimovich, députée travailliste, à la Knesset en mars 2013. (Crédit : capture d’écran Knesset TV)

Shelly Yachimovich, ancienne dirigeante du parti, avait critiqué ce mois-ci la direction d’Herzog, et déclaré qu’il avait échoué à positionner le parti comme opposition efficace. Elle a affirmé qu’il avait été prêt à rejoindre la coalition de Netanyahu sans engagement explicite du Premier ministre à travailler pour une solution à deux états au conflit palestinien.

Le parti national religieux HaBayit HaYehudi, membre crucial de la coalition, a critiqué Netanyahu à plusieurs reprises pour cette recherche d’élargissement du gouvernement à des partis d’opposition, et a critiqué ce mois-ci beaucoup des politiques passées et présentes du Premier ministre, notamment sa gestion de la réforme en cours de l’Autorité de radiodiffusion d’Israël, la libération passée de terroristes palestiniens, son retrait de la plupart de la ville de Hébron, en Cisjordanie, sa volonté précédente de geler l’extension des implantations, et son soutien de principe à un état palestinien.

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