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Des dizaines de milliers de personnes demandent la libération des otages

Des manifestations ont eu lieu à Tel-Aviv, Jérusalem et ailleurs pour le 36e jour de la captivité de centaines de personnes détenues par le Hamas. Certains ont dénoncé l'inaction du gouvernement

Des milliers de personnes participent à un rassemblement à Tel Aviv pour demander la libération des Israéliens pris en otage par des terroristes du Hamas, le 11 novembre 2023. (Photo d'Avshalom Sassoni/Flash90)
Des milliers de personnes participent à un rassemblement à Tel Aviv pour demander la libération des Israéliens pris en otage par des terroristes du Hamas, le 11 novembre 2023. (Photo d'Avshalom Sassoni/Flash90)

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées à Tel-Aviv, à Jérusalem et ailleurs, samedi soir, pour exiger le retour des quelque 239 otages détenus par le Hamas, au 36e jour de leur disparition le jour de l’assaut effroyable du Hamas dans le sud d’Israël.

À Tel-Aviv, des militants ont célébré l’anniversaire de Sacha Trupanov, kidnappé avec toute sa famille et sa petite amie. Ses amis de l’université, où Trupanov a terminé ses études d’ingénierie électrique il y a de cela un an, sont montés sur scène pour une interprétation émouvante de « Happy Birthday » avec le chanteur Shai Gabso.

« Chaque jour, la détresse se fait plus grande, alors que nous sommes conscients des nuits que passent nos proches, dans des endroits et des conditions inconnues », a déclaré l’ancien président Reuven Rivlin devant la foule, rassemblée sur la place devant le musée d’art de Tel Aviv et jusque dans les rues adjacentes.

« Je m’adresse aux chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier pour leur dire : obtenez des informations, faites tout ce que vous pouvez pour faire libérer nos otages. »

Il a également reproché à la Croix-Rouge internationale d’avoir remis l’aide humanitaire aux Palestiniens de Gaza sans exiger de voir les otages.

À Tel-Aviv, Rivlin et les représentants des familles ont été rejoints par l’ex-ministre de l’Education Shai Piron et le chanteur Shlomo Artzi, eux aussi venus soutenir les proches des otages. Artzi a interprété sa chanson « Ana’hnu Lo Tzri’him » sur le désir et la perte, reprise par des milliers de manifestants.

« Cela nous redonne courage de voir que nous sommes soutenus par tous ces gens : nous avons tellement peur qu’on les oublie », a déclaré Mayaan Sherman, mère du soldat kidnappé Ron Sherman, qui portait un t-shirt avec la photo de son fils. « C’est un cauchemar pour nous, nous ne vivons plus, nous sommes des robots. »

Sherman a expliqué qu’elle tentait de garder une routine pour ses deux autres enfants, Dan, 17 ans, et Eden, 15 ans, dont l’un des professeurs figure sur la liste des 260 personnes assassinées lors de la rave Supernova près de Reim, mais que chaque journée était un supplice.

L’ex-président Reuven Rivlin prend la parole lors d’un rassemblement à Tel Aviv appelant à la libération des Israéliens enlevés par des terroristes du Hamas, le 11 novembre 2023. (Photo d’Avshalom Sassoni/Flash90)

« Nous venons ici trois à quatre fois par semaine. Cela ne nous aide pas, mais cela permet de nous assurer qu’ils ne sont pas oubliés. Je crains que les gens s’habituent à cet état de fait. Il ne faut pas en arriver là », a-t-elle déclaré.

La manifestation de samedi soir à Tel-Aviv était la plus importante depuis la brutale interruption des rassemblements contre le projet de refonte judiciaire – et sa suspension par le gouvernement – le 7 octobre dernier, lorsque des milliers de terroristes du Hamas ont lancé un assaut sans précédent contre les communautés du sud d’Israël, tuant quelque 1 200 personnes, pour la plupart des civils massacrés avec une extrême brutalité, et kidnappant au moins 244 personnes, dont un a été secouru par les forces de l’ordre israéliennes et quatre, libérés par le Hamas.

La Douzième chaîne a rapporté samedi soir, sans citer de sources, que les autorités israéliennes pensaient depuis le début de la guerre que la plupart des otages étaient détenus dans le sud de la bande de Gaza – et non dans le nord, où se concentre l’offensive terrestre israélienne – dans la mesure où la plupart ont été enlevés dans le sud et ont probablement été emmenés par le chemin le plus court.

Des manifestants se rassemblent pour exiger le retour des quelque 240 otages détenus à Gaza par le Hamas et d’autres groupes terroristes, sur la place des Otages et des Disparus, à Tel Aviv, le 11 novembre 2023. (Crédit : Gitai Palti)

La place des Otages de Tel Aviv, comme a été baptisé l’espace devant le Musée d’art de Tel Aviv, accueillait une dizaine d’installations artistiques spontanées – comme cette horloge de sable géante en état de marche, ces minuscules nichoirs pour chacun des otages ou cette table de Shabbat, pleine de bons petits plats faits maison et d’animaux en peluche crochetés.

« Ce ne doit pas être la place des Otages, mais celle des rapatriés », a dit à la foule Yehudit Ohel, dont le fils Alon, âgé de 22 ans, a été kidnappé. « Nous ne pouvons pas les laisser là une minute de plus. Nous ne pouvons pas continuer ainsi, comme société ou comme nation, tant qu’ils ne sont pas libérés. »

Le chanteur israélien Shlomo Artzi chante lors d’un rassemblement à Tel Aviv appelant à la libération des Israéliens enlevés par des terroristes du Hamas le 11 novembre 2023. (Photo d’Avshalom Sassoni/Flash90)

Des bénévoles proposaient aux passants de faire des pochoirs pour orner un mur. De nombreux parents étaient venus accompagnés de leurs enfants les plus âgés.

« Ce sont nos frères et sœurs, après tout, et nous devons les soutenir, parce que cela aurait pu tomber sur nos proches », a déclaré Daniel Friedlich, 13 ans, originaire de Tel Aviv.

Des Israéliens passent devant des lits représentant le nombre d’otages retenus en captivité par les terroristes du Hamas à Gaza, et une grande pancarte portant l’inscription « Bring Them Home » (Ramenez-les à la maison) sur la place Habima à Tel Aviv, le 11 novembre 2023. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Des centaines d’habitants de Jérusalem se sont également rassemblés, samedi soir, sur la place de Paris pour une brève mais poignante manifestation en hommage aux victimes et otages des événements du 7 octobre, en présence de leurs proches.

Le rassemblement avait été organisé par Shomrim al HaBayit HaMeshutaf, organisation de Jérusalem à la tête des manifestations hebdomadaires contre la refonte, le plus souvent devant la résidence du Président toute proche.

C’était la première fois que l’organisation se mobilisait un samedi soir depuis les événements du 7 octobre.

A Jérusalem, Moshe Shapira, père d’Aner Shapira, jeune homme de 22 ans tué par des terroristes du Hamas lors de la rave Supernova dans le désert a pris la parole. Il a dit de son fils, ardent pourfendeur des injustices de la société, qu’il s’était rallié à l’unité.

Moshe Shapira prend la parole lors d’un rassemblement, le 11 novembre 2023 à Jérusalem, et montre la dernière photo prise de son fils Aner Shapira alors qu’il combattait les terroristes du Hamas, le 7 octobre 2023 (Capture d’écran autorisée)

La foule s’est tue lorsque Moshe Shapira a raconté l’histoire des 30 dernières minutes de la vie d’Aner, lorsqu’en compagnie de son meilleur ami, Hersh Goldberg-Polin, ils se sont réfugiés dans un abri de campagne avec 24 autres personnes, qu’ils ne connaissaient pas.

Aner avait dit aux autres qu’il était soldat. Tandis que les autres étaient couchés sur le sol, la tête entre les mains, il s’était installé à l’avant de l’abri pour attraper les grenades lancées par les terroristes. Il a réussi à en renvoyer cinq ou six. La dernière a explosé dans sa main et l’a tué.

« Il est possible de combattre le mal par le bien », a déclaré Shapira. « Désarmé, sans uniforme, sans ordres, Aner avait compris qu’il fallait agir. C’est ce qu’il a fait. »

A l’intérieur de l’abri, ils sont sept à avoir survécu : trois à cinq d’entre eux ont été faites prisonniers, a déclaré Shapira.

Après une prière pour les soldats, Mai Albini a parlé de son grand-père, Chaim Peri, pris en otage le 7 octobre dans le kibboutz Nir Oz. L’oncle d’Albini, Danny Darlington, venu d’Allemagne avec une amie, Carolin Bohl, a été tué ce matin-là, avec Bohl.

Les terroristes du Hamas ont détruit la maison de Peri, mais n’ont pas trouvé Peri et sa femme, Osnat, reclus dans la pièce sécurisée de leur maison. Lorsqu’un terroriste est revenu, plus tard, Peri l’a affronté, a déclaré Albini, sachant que le tireur reviendrait avec du renfort. Entre temps, Peri a caché sa femme derrière le canapé de la pièce sécurisée.

Quand les terroristes sont revenus, ils ont dit à Peri de venir avec eux. Peri a hésité, puis s’est dit qu’il pouvait ainsi sauver la vie de sa femme, et il a été fait prisonnier.

« Près de 80 personnes de Nir Oz sont otages à Gaza », a déclaré Albini. « Rien ne marche ici. Je ne crois pas que c’est notre gouvernement qui les fera libérer. Je crois en notre société, en notre peuple, en notre communauté, en mes amis, en nos soldats. Nous gagnerons, malgré nos dirigeants. »

Après avoir récité une prière pour les otages, le professeur Michal Mushkat-Barkan, de Shomrim al HaBayit HaMeshutaf, a dit que des semaines de manifestations contre la refonte judiciaire avaient permis d’apprendre des choses, à commencer par l’importance pour la population de prendre ses responsabilités et se rassembler.

« Nous nous lèverons matin après matin : jamais nous n’abandonnerons », a déclaré Mushkat-Barkan. « Il est possible de construire un monde meilleur en Israël, après la guerre, de choisir des dirigeants capables de créer un autre type de gouvernement. »

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