Des Israéliens attaquent un village palestinien après la fusillade à Tapuah
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Des Israéliens attaquent un village palestinien après la fusillade à Tapuah

Aucun Israélien n'a été arrêté ; onze Palestiniens ont été interpellés ; l'armée recherche les auteurs de la fusillade de la veille ; l'une des victimes est entre la vie et la mort

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des Israéliens résidents d’implantation ont attaqué un village palestinien dans le nord de la Cisjordanie à l’aube lundi matin. Ils ont jeté des pierres et allumé des feux, apparemment pour se venger d’une fusillade qui avait eu lieu la veille dans la région, selon le groupe de gauche de défense des droits de l’Homme B’Tselem.

Des affrontements ont éclaté entre les habitants du village de Jaloud et les Israéliens de l’implantation voisine de Shiloh. L’armée israélienne et la police des frontières ont alors tenté de disperser les combats en tirant des balles en caoutchouc et d’autres armes de dispersion anti-émeute sur les Palestiniens, blessant quatre personnes.

Onze résidents palestiniens du village ont également été arrêtés par l’armée israélienne.

Au cours de l’incident, les pneus de plusieurs véhicules de police ont apparemment été crevés par des résidents de l’implantation. Aucun Israélien n’a été arrêté.

Des vidéos de la scène filmées par des Palestiniens et diffusées par B’Tselem montrent les incendies et les affrontements, notamment des grenades assourdissantes lancées par les troupes israéliennes.

L’armée a confirmé qu’elle était intervenue après l’éclatement d’un « conflit », mais n’a pas précisé ce qui l’avait déclenché.

L’attaque de résidents israéliens et l’affrontement avec les Palestiniens qui en a résulté sont survenus alors que les soldats israéliens cherchaient à ramener le calme en Cisjordanie après l’attaque terroriste de dimanche en envoyant des renforts pour aider à la recherche des tireurs à l’origine de la fusillade en voiture à la jonction de Tapuah, pour prévenir d’autres attaques et pour mettre un terme aux représailles des Israéliens contre les Palestiniens, comme celle qui a eu lieu tôt lundi.

L’armée et le service de sécurité Shin Bet poursuivaient lundi leurs efforts de recherche des terroristes qui ont commis la fusillade de dimanche soir, qui a fait trois blessés parmi les étudiants de la yeshiva âgés de 19 ans.

L’armée israélienne avait initialement déclaré qu’elle pensait qu’un seul terroriste était à l’origine de l’attaque, mais elle a fait savoir lundi qu’elle recherchait plus d’un suspect.

Le chef d’état-major Aviv Kohavi s’est rendu lundi sur les lieux de la fusillade et a rencontré les commandants locaux pour discuter de la chasse à l’homme et des efforts généraux pour maintenir le calme en Cisjordanie dans un contexte de tensions croissantes.

« L’armée a envoyé des renforts et étendu leurs activités opérationnelles ces dernières semaines en Judée et Samarie dans le cadre de leur préparation à une escalade [de la violence] », a déclaré Kohavi après la visite.

« De nombreuses troupes, assistées par les services de renseignement et le service de sécurité Shin Bet, s’efforcent de retrouver les assaillants et continueront jusqu’à ce qu’ils aient accompli leur mission », a-t-il ajouté.

Le colonel Roy Zweig, de la brigade régionale de Samarie, à gauche, s’entretient avec le chef du Commandement central, Tamir Yadai, au centre, et le chef d’état-major Aviv Kohavi, près de la jonction Tapuah, dans le nord de la Cisjordanie, le 3 mai 2021, où une attaque par balles a eu lieu la veille. (Crédit : armée israélienne)

Selon l’hôpital Beilinson où les trois victimes ont été emmenées, l’un des blessés, Yehuda Guetta, de Jérusalem, était toujours dans un état critique lundi matin, avec une blessure à la tête, et son pronostic vital est engagé.

Benaya Peretz, de Beit She’an, qui a reçu une balle dans le dos, est toujours dans un état très grave. La troisième victime, Amichai Hala, de Safed, a pu quitter l’hôpital pour se rétablir de ses blessures à son domicile.

Les trois victimes étaient étudiantes dans une yeshiva de l’implantation voisine d’Itamar.

Les images des caméras de sécurité de l’attaque (ci-dessus) montrent un SUV gris métallisé s’arrêtant à l’arrêt de bus et freinant (à partir de la 16e seconde) avant que quelqu’un à l’intérieur n’ouvre le feu. On voit des étudiants et un soldat qui se trouvaient sur les lieux en train de se mettre à l’abri derrière une barrière en béton, tandis que la voiture part à toute vitesse en direction de Ramallah.

« Les forces de défense et de sécurité n’auront de cesse de mettre la main sur les terroristes qui ont perpétré cette attaque », a déclaré le ministre de la Défense, Benny Gantz, dans un communiqué après la fusillade.

L’armée a également renforcé ses effectifs en Cisjordanie pour le mois du Ramadan, une période généralement marquée par une recrudescence des activités terroristes.

Les groupes terroristes palestiniens ont fait l’éloge de la fusillade dimanche soir, mais aucun ne l’a revendiquée.

« C’est une réponse naturelle aux crimes de l’occupation sioniste et un acte de soutien à notre peuple dans la ville de Jérusalem. Il s’agit d’une branche légitime de la résistance de notre peuple palestinien en Cisjordanie, et nous saluons les héros rebelles de Cisjordanie », a déclaré Abd al-Latif Qanou, porte-parole du Hamas, dans un communiqué.

« Nous faisons l’éloge de l’opération courageuse à [Tapuah]. Nous considérons qu’il s’agit d’un message au nom de l’ensemble du peuple palestinien selon lequel Jérusalem est une ligne rouge et que porter atteinte aux lieux saints provoquera une explosion de colère face à l’occupation », a déclaré le groupe terroriste palestinien du Jihad islamique.

La fusillade a eu lieu quelques heures après que les forces de sécurité israéliennes ont tiré sur une Palestinienne, Fahima al-Hroub, qui brandissait un couteau et qui, selon l’armée, avait tenté de commettre une attaque à l’arme blanche au carrefour de Gush Etzion, en Cisjordanie, au sud de Jérusalem.

La femme, une sexagénaire résidante du village voisin de Husan, s’est approchée d’un groupe de soldats, un couteau à la main, ignorant à plusieurs reprises leurs appels à s’arrêter. Son geste a été largement perçu comme une tentative de « suicide par un soldat ».

L’un des soldats lui a tiré une balle dans la partie supérieure du corps et elle a été emmenée au centre médical Shaare Zedek de Jérusalem dans un état critique, où son décès a été prononcé, selon l’hôpital. Il n’y a eu aucune victime parmi les soldats, selon l’armée israélienne.

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