Des milliers de personnes à Paris en soutien aux Israéliens victimes du terrorisme
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Des milliers de personnes à Paris en soutien aux Israéliens victimes du terrorisme

Dimanche, à l'appel de l'UEJF et du CRIF, entre 3 000 et 5 000 manifestants se sont réunis devant l'ambassade d'Israël à Paris

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Un manifestant au rassemblement organisé par l'UEJF pour soutenir Israël durant la vague de terreur, à Paris, le 18 octobre 2015 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)
Un manifestant au rassemblement organisé par l'UEJF pour soutenir Israël durant la vague de terreur, à Paris, le 18 octobre 2015 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)

Depuis le début du mois, les Israéliens vivent de nouveau dans la crainte des attentats et du début d’une nouvelle Intifada.

Ce dimanche, une attaque a été perpétrée à la gare routière de Beer Sheva, dans le sud du pays.

Après avoir poignardé et tué un soldat, l’assaillant s’est emparé du fusil M-16 de sa victime et a ouvert le feu, blessant une douzaine d’autres personnes, dont cinq se trouvaient hier soir dans un état jugé grave. Le terroriste a rapidement été maîtrisé et neutralisé et un Érythréen a été tué par erreur.

La veille, samedi 17 octobre, cinq Palestiniens, âgés pour la plupart de moins de vingt ans, ont tenté de poignarder des Israéliens, dont plusieurs soldats, à Hébron, à Jérusalem-Est, et au checkpoint de Qalandyia. Quatre des terroristes ont ensuite été abattus, et un autre blessé.

Dans le même temps, des heurts – qui sont devenus quotidiens dans certaines zones sous tension de Cisjordanie et qui se sont depuis étendus à Gaza – ont éclaté à Hébron entre l’armée israélienne et de jeunes lanceurs de pierres palestiniens.

Un Palestinien jette un cocktail Molotov en direction des forces de sécurité israéliennes lors d'affrontements dans le village de Beit Omar, près de la ville d'Hébron, en Cisjordanie, le 11 octobre 2015 (Crédit : AFP / HAZEM BADER)
Un Palestinien jette un cocktail Molotov en direction des forces de sécurité israéliennes lors d’affrontements dans le village de Beit Omar, près de la ville d’Hébron, en Cisjordanie, le 11 octobre 2015 (Crédit : AFP / HAZEM BADER)

Ces attaques anti-israéliennes de ce week-end font suite à de nombreuses autres – plus d’une trentaine depuis le début du mois. Vendredi, tandis que le Hamas appelait à un nouveau « Vendredi de révolution », des dizaines de Palestiniens incendiaient le Tombeau de Joseph, haut lieu saint du judaïsme, situé à Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie.

Le même jour, un Palestinien déguisé en journaliste – « ce qui lui a permis d’approcher les troupes », selon un porte-parole de l’armée israélienne – poignardait un soldat près de l’implantation cisjordanienne de Kiryat Arba.

L’Association de la presse étrangère a depuis condamné l’attaque et déploré « cette violation du privilège de la presse ». L’organisme a aussi appelé « toutes les organisations des médias palestiniens à vérifier immédiatement les informations d’identification de presse ».

Peu après cet incident, à l’appel de diverses associations de gauche, près de 2 000 manifestants pour la paix se sont rassemblés dans le centre de Jérusalem sous le slogan « Juifs et Arabes refusent d’être ennemis ».

Face à ces attaques terroristes et en soutien aux victimes israéliennes, l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), soutenue par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), a appelé à un rassemblement « citoyen et fraternel » devant l’ambassade d’Israël, dans le 8e arrondissement de Paris, ce dimanche 18 octobre à 18h.

Selon les chiffres de la police et des organisateurs, la manifestation aurait rassemblé entre 3 000 et 5 000 personnes. De nombreux participants portaient des pancartes sur lesquelles étaient inscrits les slogans « Se défendre est un droit », « Le terrorisme poignarde la paix » et « Tous unis contre le terrorisme » et remuaient des drapeaux israéliens, français, du Betar et de la Ligue de défense juive.

Le président de l'Union française des étudiants juifs (UEJF) Sacha Reingewirtz parle lors d'un rassemblement appelé par l'UEJF, devant l'ambassade israélienne le 18 octobre, 2015 à Paris, en soutien à Israël (Crédit : AFP PHOTO / FRANCOIS GUILLOT)
Le président de l’Union française des étudiants juifs (UEJF) Sacha Reingewirtz parle lors d’un rassemblement appelé par l’UEJF, devant l’ambassade israélienne le 18 octobre, 2015 à Paris, en soutien à Israël (Crédit : AFP PHOTO / FRANCOIS GUILLOT)

Au même moment, deux manifestations similaires étaient organisées à Rome et Madrid.

« Depuis plusieurs semaines, la population israélienne est frappée au cœur par une nouvelle vague d’attentats dont la répétition, l’étendue et la violence font régner un climat de terreur dans le pays », annonçait l’appel de l’UEJF, qui a depuis été relayé par de nombreuses autres organisations, dont le B’nai B’rith, le Keren Hayessod et le Consistoire.

Gilbert, un manifestant d’une quarantaine d’années, explique avoir rejoint l’événement « pour soutenir Israël en cette période de terrorisme ».

Selon lui, « une nouvelle étape a été franchie par les Palestiniens, qui refusent la paix et qui pratiquent la politique de la terre brûlée pour essayer de forcer les choses afin de créer un État sans consensus. Il faut que les Israéliens réussissent à garder leur sang-froid, même pendant cette période difficile, et qu’ils ne rentrent pas dans le jeu des extrêmes et de la violence à tout prix. La troisième Intifada a déjà démarré – enfin, ce n’est pas une Intifada mais plutôt une guerre de religion basée sur le fait avéré que les Palestiniens veulent effacer la judéité de la Judée-Samarie et d’Israël. Ils ont commencé en essayant de détruire le statu quo, en brûlant le Tombeau de Joseph et continuent chaque jour à l’Unesco en tentant de lancer des projets pour, par exemple, réintégrer le Kotel (mur Occidental) [à leur territoire]. »

Capture d'écran de l'incendie allumé par des émeutiers palestiniens au tombeau de Joseph à Naplouse en Cisjordanie, le 16 octobre 2015
Capture d’écran de l’incendie allumé par des émeutiers palestiniens au tombeau de Joseph à Naplouse en Cisjordanie, le 16 octobre 2015

Danielle, mère de famille venue avec ses enfants, déclare elle « regretter l’attitude du gouvernement français, qui ne fait que mettre de l’huile sur le feu en proposant une ‘présence d’observateurs internationaux‘ sur le mont du Temple et en condamnant à peine la vague d’attaques, même quand un Franco-israélien est tué [le 3 octobre dernier, Aaron Benet, qui possédait la double nationalité, a été assassiné dans la Vieille Ville de Jérusalem. Sa femme Adèle avait témoigné]. Encore aujourd’hui, Israël est seul et la France va jusqu’à ne pas reconnaître sa légitimité sur le plus saint des lieux juifs. Cette proposition peut être vue comme une véritable provocation, voire même une tentative d’humiliation – ce dont Israël se passerait bien en cette période de violence. »

Israël s’indignait en effet dimanche d’une idée française de présence internationale sur l’ultra-sensible mont du Temple à Jérusalem, accusant Paris de « récompenser le terrorisme ».

« En reprenant à son compte les fausses accusations lancées par les dirigeants palestiniens sur le changement du statu quo sur le mont du Temple, le texte proposé par la France récompense le terrorisme que les Palestiniens ont initié », a affirmé dans un communiqué le ministère israélien des Affaires étrangères.

La France a annoncé son intention de proposer au Conseil de sécurité des Nations unies une déclaration prévoyant une présence internationale sur le site qui cristallise les tensions actuelles entre Palestiniens et Israéliens.

Un manifestant au rassemblement organisé par l'UEJF pour soutenir Israël durant la vague de terreur, à Paris, le 18 octobre 2015 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)
Un manifestant au rassemblement organisé par l’UEJF pour soutenir Israël durant la vague de terreur, à Paris, le 18 octobre 2015 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)

Le site sacré est régi par des règles (dites le « statu quo ») qui autorisent les juifs à s’y rendre à certaines heures mais leur interdit d’y prier.

Les musulmans peuvent y prier à toute heure mais sont régulièrement soumis aux restrictions de la part des Israéliens, quand des heurts se sont produits, par exemple.

L’Ambassadeur français en Israël, Patrick Maisonnave, a été convoqué lundi matin par le Premier ministre israélien.

Se sont succédés à la tribune ornée d’une large banderole « Français et Israéliens unis face au terrorisme », Sacha Reingewirtz, président de l’UEJF, Aliza Bin-Noun, nouvelle ambassadrice d’Israël en France, Roger Cukierman, président du CRIF et Haïm Korsia, Grand rabbin de France.

Ils ont été suivis par Ariel Goldmann, président du Fonds social juif unifié, Arno Klarsfeld, représentant de l’association des Fils et filles des déportés juifs de France, Gil Taïeb, président de l’ASI ABSI Keren Or et vice-président du CRIF, Claude Goasguen, député-maire du 16e arrondissement de Paris, Meyer Habib, député de la 8e circonscription des Français de l’étranger, Sammy Ghozlan, président du BNVCA et François Pupponi, député-maire de Sarcelles.

Un manifestant au rassemblement organisé par l'UEJF pour soutenir Israël durant la vague de terreur, à Paris, le 18 octobre 2015 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)
Un manifestant au rassemblement organisé par l’UEJF pour soutenir Israël durant la vague de terreur, à Paris, le 18 octobre 2015 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)

Enfin, l’écrivain et philosophe Bernard-Henri Lévy et l’écrivain et réalisateur français Yann Moix ont brièvement pris la parole.

Tandis que le philosophe s’est lancé dans une tirade dans laquelle il a notamment déclaré son incompréhension face à ces attaques qui ne servent en rien la cause des Palestiniens, son ami Yann Moix et chroniqueur à l’émission populaire « On n’est pas couché » s’est contenté d’un sobre « Vous n’êtes pas seuls ! » lancé à la foule.

« J’aime Israël car Israël a le droit d’exister, a quant à lui déclaré Sacha Reingerwirtz. Quand on ne reconnaît pas à un pays le droit de se défendre face aux attaques au couteau, au fusil ou à la voiture-bélier, alors on ne reconnaît pas sa légitimité. J’aime Israël et je veux pouvoir le dire sans être traité de criminel, d’assassin ou de colonisateur. J’aime Israël car je suis juif et que le peuple juif est un peuple de paix. »

Des manifestants au rassemblement organisé par l'UEJF pour soutenir Israël durant la vague de terreur, à Paris, le 18 octobre 2015 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)
Des manifestants au rassemblement organisé par l’UEJF pour soutenir Israël durant la vague de terreur, à Paris, le 18 octobre 2015 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)

Déclenchant les huées des manifestants, Aliza Bin-Noun, l’ambassadrice israélienne a elle évoqué un récent discours du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas diffusé sur la chaîne télévisée officielle de l’Autorité palestinienne et dans lequel il déclarait : « Nous saluons chaque goutte de sang versé pour la cause de Jérusalem. Ce sang est du sang propre et pur, versé au nom d’Allah, avec l’aide d’Allah. »

« Comment peut-on continuellement favoriser la violence plutôt que la coexistence ? s’est interrogée la diplomate. Le peuple juif a toujours aspiré à la paix. L’État d’Israël recherche cette paix qu’il a connue si brièvement entre chaque guerre et chaque vague d’attentats. […] Il ne faut pas dessiner une fausse symétrie entre les citoyens israéliens et ceux qui leur donnent des coups de couteau et les poignardent à mort. Israël ne peut être mis au même plan que les Palestiniens qui ont pris l’initiative de dégrader la situation. »

Un manifestant au rassemblement organisé par l'UEJF pour soutenir Israël durant la vague de terreur, à Paris, le 18 octobre 2015 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)
Un manifestant au rassemblement organisé par l’UEJF pour soutenir Israël durant la vague de terreur, à Paris, le 18 octobre 2015 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)

Roger Cukierman a jugé les récentes attaques « inacceptables » et déclaré en vouloir « aux enseignants qui incrustent dans la tête de leurs élèves la haine du juif, […] aux parents palestiniens parce que les enfants ne naissent pas antisémites, […] aux dirigeants palestiniens, […] aux députés arabes de la Knesset qui vantent les terroristes et contribuent aux nouvelles attaques, […] aux réseaux sociaux devenus une école de formation au djihad, […] aux médias qui non seulement mélangent l’agresseur et la victime, mais les inversent : l’agresseur est devenu victime et la victime est devenu agresseur. »

Avant de terminer son discours par la lecture du psaume 121, qui évoque la protection et le secours de Dieu, Haïm Korsia a évoqué la place et la dimension de la vie dans le judaïsme : « La Torah nous donne des façons de réfléchir au-delà de la violence des événements, de la peur et de la colère. La Torah nous dit une chose très simple : ‘Voici, je place devant toi la vie et la mort, et tu choisiras la vie.’ Le peuple juif a toujours choisi la vie et l’espérance, même dans les circonstances les plus difficiles. »

Entre deux interventions, une minute de silence a succédé à une lecture du nom de quelques récentes victimes du terrorisme palestinien.

Le rassemblement s’est terminé dans le calme vers 20h par un chant de l’Hatikva, suivi de la Marseillaise.

Des manifestants au rassemblement organisé par l'UEJF pour soutenir Israël durant la vague de terreur, à Paris, le 18 octobre 2015 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)
Des manifestants au rassemblement organisé par l’UEJF pour soutenir Israël durant la vague de terreur, à Paris, le 18 octobre 2015 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israel)
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