Des ministres pour une réponse dure après la roquette visant le centre d’Israël
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Des ministres pour une réponse dure après la roquette visant le centre d’Israël

Des élus de tous bords politiques ont appelé à une riposte ferme après qu'un projectile lancé depuis Gaza a fait sept blessés dans le sud d'Israël

Une habitation de la ville de Mishmeret, dans le centre d'Israël, qui a été détruite dans une attaque à la roquette depuis la bande de Gaza, le 25 mars 2019 (Crédit : police israélienne)
Une habitation de la ville de Mishmeret, dans le centre d'Israël, qui a été détruite dans une attaque à la roquette depuis la bande de Gaza, le 25 mars 2019 (Crédit : police israélienne)

Les ministres du gouvernement et élus de tous bords politiques ont appelé lundi à riposter avec fermeté au tir de roquettes par le Hamas qui a frappé une maison du centre d’Israël dans la nuit de dimanche à lundi, et qui a fait sept blessés dont trois enfants, selon un dernier bilan.

Alors que plusieurs ministres ont appelé à la reprise des assassinats ciblés contre les chefs des groupes terroristes, alliés et rivaux du Premier ministre Benjamin Netanyahu ont déploré sa réponse faible et inefficace aux provocations de la bande de Gaza. Le prétendant au poste de Premier ministre Benny Gantz a lancé une attaque cinglante contre Netanyahu, l’accusant d’avoir « perdu sa poigne sur la sécurité ».

Le ministre de l’Economie Eli Cohen, membre du parti Koulanou, a déclaré qu’Israël doit avoir recours aux assassinats ciblés contre les chefs du Hamas et du Jihad islamique palestinien, un autre groupe terroriste capable de lancer des roquettes sur Israël.

« Le pouvoir de dissuasion reviendra quand les chefs du Hamas et du Jihad seront envoyé six pieds sous terre », a-t-il déclaré dans un communiqué critiquant le fait que les réactions précédentes d’Israël visaient les infrastructures du Hamas, et non pas ses dirigeants.

Le ministre de l’Économie et de l’Industrie, Eli Cohen, assiste à une conférence de presse à Tel Aviv, le 4 janvier 2018. (Flash90)

« On [ne frappe pas] des fabriques de roquettes, des bâtisses abandonnées ni des dunes de sable, seulement des assassinats de préemption qui envoient le message clair que quiconque donne l’ordre de tirer sur Israël est mort. C’est la politique que je soutiendrai en réunion du cabinet », a déclaré Cohen.

La ministre de la Culture et des Sports Miri Regev, proche de Netanyahu, a semblé suggéré que la riposte israélienne visera les chefs du groupe terroriste du Hamas.

« Evacuer les quartiers généraux du terrorisme ne suffira pas cette fois-ci », a-t-elle mis en garde dans un communiqué. « Nous les poursuivrons, où qu’ils soient. » « Comme je le dis depuis deux ans, nous devons reprendre notre politique d’assassinats ciblés. Ce n’est que quand les chefs du Hamas et du Jihad islamique dans la bande de Gaza se sentent poursuivis et visés qu’ils commencent à nous comprendre autrement. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une réunion avec le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, le Premier ministre grec Alexis Tsipras et le président chypriote Nicos Anastasiades à Jérusalem, le 20 mars 2019. (Jim Young/Pool/AFP)

Une roquette a frappé dans la nuit de dimanche à lundi une maison à Mishmeret (Israël), au nord de Tel-Aviv, provoquant un incendie qui a fait sept blessés légers dont trois enfants, ont indiqué la police et les secours.

Cette attaque a déclenché les sirènes d’alarme dans les régions de Sharon et Emek Hefer, au nord de Tel Aviv, a déclaré l’armée.

Selon l’armée, la roquette a été tirée depuis la bande de Gaza, d’où deux roquettes ont été tirées vers Tel Aviv la semaine dernière, une « erreur » de la part du groupe terroriste du Hamas.

Amir Ritov, le maire du conseil régional de Lev HaSharon, le conseil rural duquel fait partie le moshav de Mishmeret, s’est rendu sur place et a déclaré que « depuis des années, nous nous préparons à un scénario qui semblait imaginaire. Nous ne pensions pas que cela arriverait ici. Espérons qu’il s’agit d’une occurrence unique. »

Dans un communiqué diffusé depuis Washingon où il se trouve, avec Netanyahu, Benny Gantz a déclaré que l’attaque sur la région de Sharon était le dernier exemple d’une situation sécuritaire en pleine escalade que le gouvernement ne parvient pas à gérer.

« Netanyahu a perdu sa poigne en matière de sécurité, et les citoyens israéliens sont à nouveaux exposés aux sirènes et aux tirs sur les maisons, cette fois-ci dans [la région] de Sharon », a déclaré Gantz dans un communiqué, appelant le Premier ministre à écourter son séjour aux Etats-Unis, ce qu’il a annoncé faire dans la foulée.

« Il y a faillite en matière de sécurité, et Netanyahu doit faire ses bagages et rentrer immédiatement en Israël pour gérer cette grave escalade », a déclaré Gantz. « Se contentera-t-il d’une déclaration du Hamas qui parle d’erreur ou finira-t-il par se focaliser sur la sécurité des citoyens de ce pays et non pas sur des déboires judiciaires ? Quiconque ne réagit pas agressivement et avec force, et verse de l’argent au Hamas, se retrouvera avec des roquettes dans le Sharon. »

Gantz faisait référence aux termes d’un accord officieux négocié par l’Egypte en novembre, en vertu duquel le Hamas accepte de mettre fin à des mois de violences frontalières en échange d’une autorisation d’Israël à faire entrer à Gaza des millions de dollars qataris. Indépendamment, Netanyahu risque également une inculpation pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires.

Benny Gantz à la Conférence internationale sur la sécurité à Munich, Allemagne, le dimanche 17 février 2019. (AP/Matthias Schrader)

Le Premier ministre devrait rencontrer le président américain Donald Trump à la Maison Blanche lundi et ce dernier devrait officialiser la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan.

Netanyahu devait s’exprimer devant 18 000 personnes à la conférence annuelle de l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) à Washington mardi matin, et assister à un dîner à la Maison Blanche le soir.

Après le tir de roquette, Netanyahu a déclaré dans un communiqué qu’il s’était entretenu avec les chefs de la sécurité et qu’il rencontrerait Trump avant de revenir, plus tôt que prévu, en Israël.

Le numéro deux du parti Kakhol lavan Yair Lapid a également accusé Netanyahu, qui est ministre de la Défense, d’être trop préoccupé par d’autres affaires et de négliger la sécurité du pays.

« Je suis en faveur d’une politique responsable et étudiée, mais ce n’est pas une politique équilibrée », a écrit Lapid sur sa page Facebook. « Netanyahu ne réagit tout simplement pas. Il est trop occupé par d’autres choses et Israël a perdu son pouvoir de dissuasion. »

L’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon, et numéro trois de Kakhol lavan, a déclaré que « Netanyahu a perdu notre sécurité.

« Netanyahu a cédé au terrorisme – il est temps qu’un leadership fort, expérimenté et responsable restaure la sécurité pour les citoyens d’Israël », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Des alliés de Netanyahu ont également exprimé des critiques.

Le ministre israélien de l’Education Naftali Bennett à la CoP, à Jérusalem, le 18 février 2019 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le chef du parti HaYamin HaHadash, le ministre de l’Education Naftali Bennett, qui souhaite décrocher le ministère de la Défense, a déclaré dans un communiqué que Netanyahu « est un bon Premier ministre, mais échoue en tant que ministre de la Défense ».

« Le pouvoir de dissuasion d’Israël s’est effondré, et il convient de dire, en toute honnêteté, que Netanyahu a échoué face au Hamas. Relâcher des terroristes, craindre de démolir les maisons des terroristes, faire preuve de retenue face aux roquettes sur le sud…. Tout cela a permis au Hamas d’arrêter d’avoir peur d’Israël. »

« Netanyahu est un bon Premier ministre, mais échoue en tant que ministre de la Défense. Il est temps de nommer Bennett comme ministre de la Défense pour vaincre le Hamas. »

Rafi Peretz, chef de l’Union des partis de droite, s’est fait l’écho de Gantz et a déclaré qu’Israël a réagi à une année de violences frontalières à Gaza avec mollesse.

« Une politique qui laisse des ballons incendiaires menacer Alumim et Ein Habesor laisse également les terroristes lancer des missiles sur Tel Aviv et la région du centre », a-t-il dit dans un communiqué.

Le chef du parti travailliste Avi Gabbay, qui s’est rendu sur le site où a atterri la roquette, a déclaré que Netanyahu « a restauré la sécurité à Gaza et le centre du pays est revenu aux années 50 ».

« Netanyahu est responsable de la mauvaise situation sécuritaire », a déclaré Gabbay. « Il a perdu notre pouvoir de dissuasion et renforcé le Hamas. Il est temps de gérer le Hamas avec courage et non pas avec la lâcheté de Netanyahu. »

« Nous ne resterons pas là à dire comme Netanyahu en 2009 ‘Nous renverserons le régime du Hamas' », a déclaré Gabbay sur place. « Nous ne sommes pas du genre à lancer des slogans. Et nous ne sommes plus en 2009. Mais les attaques peuvent empêcher et nous pouvons rendre un sentiment de sécurité aux résidents du sud et à ceux du reste du pays. Notre projet est clair : ramener Gaza à la normale, et frapper fort quand il faut frapper fort. Actuellement, nous refusons de rendre à Gaza son sens de la normale, et nous refusons de frapper fort quand c’est nécessaire. »

Le chef du parti travailliste, Avi Gabbay (g), sur les lieux d’une attaque à la roquette depuis la bande de Gaza, dans la ville de Mishmeret, dans le centre d’Israël, le 25 mars 2019 (Crédit : parti travailliste)

A contre-courant, la chef du parti pacifiste de gauche du Meretz a déclaré dans un communiqué qu’il « n’y a pas de solution militaire à Gaza ».

« En fin de compte, évoluer vers un conflit ouvert n’est pas dans l’intérêt d’Israël, et nous ne devons pas en arriver là, cela ne se traduira que par davantage de victimes et de blessés, et au final, un retour à la case départ. Les civils israéliens payent le prix de l’évitement du gouvernement Netanyahu à mener des négociations diplomatiques. »

Certains craignent une recrudescence des violences cette semaine, et le Hamas espère attirer des centaines de milliers d’émeutiers à la frontière pour marquer l’anniversaire des manifestations violentes dites de la « Marche du retour », qui ont commencé le 30 mars 2018.

La police a déclaré que le projectile lancé lundi a touché un immeuble de la communauté de Mishmeret, dans la plaine de Sharon, ce qui a déclenché un incendie. Les débris de roquettes ont également considérablement endommagé les alentours.

Le système de défense anti-missile du Dôme de fer n’aurait pas été activé par cette attaque de roquette. L’armée a dit enquêter sur cet élément. L’armée israélienne a indiqué également qu’elle enquêtait sur la source de cette attaque de roquette.

Ces dernières semaines ont été marquées par une escalade des tensions dans la bande de Gaza, alors que le Hamas, qui la dirige de facto affronte Israël et l’Autorité palestinienne en Cisjordanie. En interne, le groupe terroriste a également fait face à un mouvement de contestation alors que les conditions humanitaires dans l’enclave se détériorent.

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