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Des survivants de la Shoah saluent la fin du parrainage d’un tournoi de golf par Allianz

Le géant des assurances, accusé de devoir des milliards de dollars en assurances-vie non payées pour des juifs tués en Europe, se retire de l'évènement

Illustration : terrain de golf à Gaash.  (photo credit: Moshe Shai/Flash 90)
Illustration : terrain de golf à Gaash. (photo credit: Moshe Shai/Flash 90)

Des survivants de la Shoah ont salué l’initiative d’Allianz, qui a mis fin à sa sponsorisation du tournoi de golf de Floride.

Les survivants, qui prétendent que la compagnie internationale d’assurance leur doit un montant estimé à 2 milliards d’euros en créances impayés, ont protesté contre le tournoi PGA senior organisé à Boca Raton depuis 2011. Allianz a sponsorisé le tournoi ces 11 dernières années.

Les proches des survivants les ont rejoints pour une conférence de presse lundi, sur les marches de l’hôtel de ville de Boca Raton, le jour de Yom HaShoah.

« C’est le jour du souvenir et pour prier pour les victimes de la Shoah qui ont péri – montrer également notre détermination à ne pas oublier leur souffrance et la haine qui en a été à l’origine », a déclaré la Fondation des Survivants de l’Holocauste aux États-Unis dans un communiqué diffusé lundi.

« La fin du parrainage d’Allianz est une victoire immense pour les survivants. Nous pensons également que cela sera un tremplin pour le respect de nos droits et de nos besoins. »

La fondation a pointé du droit la loi bipartite au Congrès qui permet aux survivants de poursuivre en justice les compagnies d’assurance devant les tribunaux américains. La loi a failli être réintroduite en février.

Bien que les survivants et les activistes aient crié victoire, le directeur du Tournoi a déclaré au Beach Post jeudi qu’Allianz « a choisi de ne pas renouveler » son contrat, mais n’a pas indiqué de motif. Une porte-parole à Boca Raton a ajouté que les élus et les fonctionnaires « n’ont pas mis fin à leur relation avec Allianz ».

Pourtant, la représentante républicaine de la Floride, Ileana Ros-Lehtinen, a déclaré que la décision d’Allianz était « la bienvenue, mais aurait du être prise depuis longtemps », dans un communiqué diffusé lundi. Ros Lehtinen a co-parrainé le projet de loi pour permettre aux survivants de la Shoah de poursuivre en justice les compagnies d’assurance dans les tribunaux américains.

« Aujourd’hui, c’est le début d’un effort renouvelé, pour tous les efforts dont les survivants ont besoin. Nous ne pouvons plus rester de marbre et laisser ces survivants se faire victimiser, sans leur laisser le droit à la parole dans les tribunaux », a-t-elle dit.

Les survivants de la Shoah ont déjà tenté de poursuivre Allianz dans le but de récupérer les paiements d’assurance sur des milliers de polices d’assurance-vie que la société a vendues aux Juifs en Europe pendant les années 1930 et 1940. Les plaintes déposées par les survivants contre Allianz après la Seconde Guerre mondiale ont été refusées en raison du manque de certaines pièces justificatives, notamment des certificats de décès.

« En tant que dirigeants des survivants de la Shoah, qui avons longtemps défendu les droits, les intérêts et les besoins des survivants à travers les États-Unis et le monde, nous applaudissons cette étape importante », a déclaré la Fondation des survivants de l’Holocauste aux États-Unis dans le communiqué.

« Au cours des sept dernières années, les survivants de la Shoah, nos familles et les partisans de la communauté ont protesté sur le lieu du tournoi, invoquant le refus d’Allianz d’honorer des dizaines de milliers de polices d’assurance souscrites pas des victimes juives de la Shoah – qui sont aujourd’hui évaluées à plus de 2,5 milliards de dollars. Cette somme représente moins de trois mois de marges d’exploitation pour Allianz. »

Allianz a reconnu ses liens avec le Troisième Reich et s’est engagé à résoudre toute créance impayée. Dans le cadre de la Commission internationale sur les réclamations d’assurance de l’époque de l’Holocauste, la société a versé plus de 306 millions de dollars à quelque 48 000 demandeurs en 2006, mais les survivants assurent que le groupe d’assurance doit encore davantage d’argent provenant de polices d’assurance souscrites par les Juifs d’Europe de l’Est pendant la Shoah.

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