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Distel-Atbaryan s’excuse d’avoir affaibli la nation et ouvert la voie au 7 octobre

Anciennement proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu, l'ex-ministre de la Diplomatie publique reconnaît avoir "fait du mal aux citoyens" et demande pardon d'avoir "péché"

La députée Likud Galit Distel-Atbaryan s'adressant la Treizième chaîne dans une interview diffusée le 31 décembre 2023. (Crédit : Capture d'écran X ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)
La députée Likud Galit Distel-Atbaryan s'adressant la Treizième chaîne dans une interview diffusée le 31 décembre 2023. (Crédit : Capture d'écran X ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Une membre du parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le Likud, s’est excusée publiquement dimanche pour sa conduite au cours de l’année écoulée, affirmant qu’elle et d’autres ont créé de profondes divisions au sein de la population israélienne, ce qui a affaibli la nation et ouvert la voie à l’assaut du groupe terroriste palestinien du Hamas du 7 octobre et à la guerre qui a été déclenchée en conséquence – qui va probablement durer plusieurs mois.

Galit Distel-Atbaryan était ministre de la Diplomatie publique, dans le gouvernement de droite radicale formé il y a un an. Elle était une fervente partisane du projet largement controversé de refonte du système judiciaire, qui a suscité de profondes divisions, utilisant parfois des termes acerbes fort pour fustiger ses détracteurs.

Elle a démissionné de ses fonctions ministérielles quelques jours après le déclenchement de la guerre en cours, reconnaissant que le ministère qu’elle venait de créer était inutile, impuissant et qu’il représentait un « gaspillage de l’argent public ». Elle a depuis indiqué qu’elle éprouvait une « colère ardente » à l’égard de Netanyahu.

« Une centaine de personnes ont poussé 9 millions de personnes vers l’abîme », a-t-elle déclaré à la Treizième chaîne, lors d’une interview diffusée dimanche soir. « Du monde politique, du monde des médias, des influenceurs des réseaux sociaux. »

« J’ai fait partie du groupe qui a provoqué l’affaiblissement de l’État, qui a fait du mal aux gens, qui a fait du mal aux citoyens qui, dans la vie quotidienne, sont mes amis, sont mes associés », a-t-elle souligné.

« J’ai été frappée en une seconde, soudainement, comme un éclair. On réalise soudain que tout ce que l’on faisait et que l’on pensait être bon était mauvais. J’ai créé un fossé, j’ai créé une division, j’ai créé une tension, et cette tension a engendré une faiblesse. Et cette faiblesse, à bien des égards, a conduit aux massacres [perpétrés par le Hamas le 7 octobre] », a-t-elle affirmé.

Des manifestants contre la réforme judiciaire à l’aéroport Ben Gurion, le 11 juillet 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Je suis ici pour vous dire, à vous et au peuple démocratique et laïc, que j’ai péché devant vous. Je vous ai fait souffrir, je vous ai fait craindre pour vos vies ici. Je vous présente mes excuses. »

Quelques jours après avoir prêté serment, le gouvernement de Netanyahu a adopté une série de lois très controversées visant à neutraliser le pouvoir judiciaire et à renforcer le contrôle politique sur le système judiciaire. Cette réforme a suscité des protestations massives sans précédent en Israël, des centaines de milliers de personnes descendant chaque semaine dans les rues.

Avant le début de la guerre, la coalition a réussi à faire adopter la révocation de la clause du « caractère raisonnable », qui interdit à tous les tribunaux de délibérer ou de se prononcer contre des décisions gouvernementales et ministérielles sur la base du critère judiciaire du « caractère raisonnable », limitant ainsi le pouvoir de la Haute Cour d’annuler de telles décisions. Le reste de la législation a été mis de côté depuis le début de la guerre.

Distel Atbaryan a raconté que le matin du 7 octobre, son compagnon l’a réveillée au début de la guerre et lui a dit « lève-toi, le monde est en train d’être détruit ». La « première chose qui m’est venue à l’esprit a été : ‘c’est toi qui as fait ça. Tu as affaibli la nation », se souvient-elle.

Depuis l’attaque du 7 octobre, au cours de laquelle des milliers de terroristes du Hamas ont franchi la frontière de Gaza et massacré environ 1 200 personnes en Israël, pour la plupart des civils, et en ont pris 240 autres en otage, de nombreux responsables israéliens, mais pas Netanyahu, ont déclaré qu’ils portaient la responsabilité de ne pas avoir empêché l’attaque et de ne pas avoir tenu compte des avertissements.

En Israël, certains, à droite comme à gauche, ont cherché à établir un lien entre les divisions provoquées par le projet de réforme et les massacres du 7 octobre, tandis que d’autres ont rejeté toute association entre les deux.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset à Jérusalem le 25 décembre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Malgré ses critiques à l’égard de Netanyahu, Distel Atbaryan – qui est toujours députée – a déclaré que si la Knesset était saisie, après la guerre, d’une motion visant à disperser la Knesset et à organiser de nouvelles élections, elle voterait contre cette mesure.

« Lorsque je regarde tous les candidats possibles, en pleine conscience, à 100 %, il est de loin le meilleur », a-t-elle déclaré dans l’interview. « Il est bon. Il n’est pas aussi bon que je le pensais, mais je fais ce qui est juste, pas ce qui est bon pour moi.

Distel Atbaryan a déclaré qu’elle se sentait « personnellement blessée par [Netanyahu] à un niveau que je ne peux même pas décrire » après ce qu’elle a dit être son traitement lorsqu’elle était ministre. « J’aimais vraiment cet homme, un véritable amour… J’ai été jetée aux chiens. Je me suis tue [sur mon traitement personnel] et je me tairai probablement toujours… parce que je ne veux pas déranger la base et décevoir ceux qui m’ont choisie. »

Elle a également déclaré qu’elle continuait à croire en la nécessité de la réforme judiciaire, ainsi qu’en la théorie selon laquelle Netanyahu a été piégé pour ses multiples accusations de corruption dans son procès en cours, « mais ma perception est devenue beaucoup plus complexe. Je ne dirai pas aujourd’hui que Netanyahu est le père de la nation – pas après ce massacre ».

Avec ce mea culpa, Distel Atbaryan, députée du Likud de Netanyahu, est l’une des membres du parti au pouvoir à assumer pour la première fois la responsabilité de l’atmosphère polarisée qui a précédé l’attaque du Hamas le 7 octobre, au cours de laquelle 3 000 terroristes ont fait irruption en Israël, massacré 1 200 personnes et enlevé 240 autres, déclenchant une guerre dévastatrice qui dure depuis près de trois mois.

Distel Atbaryan, qui a occupé le poste de ministre de la diplomatie publique, était une des plus ferventes partisanes de Netanyahu et a attiré l’attention par ses critiques acerbes à l’égard de ses adversaires dans une série répétée d’attaques verbales et d’interviews mordantes.

La ministre de la Diplomatie publique, Galit Distel Atbaryan, réagissant lors d’une session plénière pour le 74e anniversaire de la Knesset, dans la salle d’assemblée de la Knesset, à Jérusalem, le 6 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Mais quelques jours après les massacres du 7 octobre, elle a démissionné de son poste ministériel lorsqu’il est apparu clairement que d’autres ministères assumaient ses responsabilités.

Distel Atbaryan a déclaré à l’époque que son bureau avait été « vidé de l’autorité qui lui avait été conférée à l’origine » et qu’elle ne pouvait donc « trouver en ce moment aucune justification à ce doublement des pouvoirs ».

Distel Atbaryan a souvent fait les gros titres pour ses remarques et commentaires discordants, notamment lors d’une réunion du cabinet au cours de l’été, où elle se serait vivement disputée avec la ministre du renseignement, Gila Gamliel, en disant : « Mords-moi, espèce de crétine, personne ne t’aime au Likud ».

En avril, elle a laissé entendre qu’il existait un réseau de l’État profond composé de hauts responsables de l’armée, de la police et des médias qui travaillaient à faire tomber le gouvernement.

En mars, elle a suscité une vague de réactions négatives lorsqu’elle a prononcé un discours enflammé dans lequel elle proclamait que c’étaient « vos familles qui ont été brûlées » pendant la Shoah, s’en prenant à ce qu’elle considérait comme les élites ashkénazes, ce qui a entraîné une vague de critiques à son encontre et à l’encontre de ses activités.

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