Eilat : un Jordanien inculpé pour terrorisme et tentative d’homicide
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Eilat : un Jordanien inculpé pour terrorisme et tentative d’homicide

Deux Israéliens avaient été grièvement blessés par Taher Halef, qui cherchait à commettre un attentat depuis 2008, à l'aide d'un marteau

Image illustrative du port d'Eilat (Jorge Novominsky/Flash90)
Image illustrative du port d'Eilat (Jorge Novominsky/Flash90)

Un Jordanien qui était employé dans la ville portuaire d’Eilat, dans le sud du pays, a été inculpé vendredi pour l’attaque perpétrée il y a quelques semaines contre des Israéliens. Une attaque qui, selon les procureurs, a été un attentat terroriste.

Selon l’inculpation, qui a été décrétée par la cour de district de Beer Sheva, cela faisait plus d’une décennie que Taher Halef prévoyait d’attaquer des Israéliens. Il est accusé de plusieurs chefs de tentative de meurtre ainsi que de complot terroriste.

Deux Israéliens qui travaillaient comme plongeurs dans le port avaient été grièvement blessés lorsque Halef les avait attaqués à l’aide d’un marteau, le 30 novembre, avait dit la police à ce moment-là. En plus des Israéliens blessés – qui avaient été amenés à l’hôpital Yoseftal de la ville avec des blessures à la tête – un second ouvrier jordanien qui avait tenté de retenir l’attaquant avait été légèrement touché.

Halef avait été arrêté suite à l’incident et la police avait déclaré quelques heures plus tard qu’une enquête initiale laissait présumer que l’agression avait un mobile nationaliste.

Le suspect avait commencé à travailler en Israël quelques jours avant l’attaque après avoir reçu un permis de travail de la part de l’Autorité de la Population et de l’Immigration. Selon l’acte d’inculpation de vendredi, il avait réussi à passer outre le processus de contrôle alors qu’il avait été identifié comme terroriste potentiel par l’agence de ressources humaines jordanienne qui s’était entretenue avec lui la première fois.

Israël avait accordé la permission à 1 500 Jordaniens de venir travailler à Eilat, station touristique de la mer Rouge située de d’autre côté de la frontière avec la Jordanie, en 2014. Les pays ont signé un traité de paix en 1994 mais les relations sont tumultueuses, en raison d’incidents violents et de désaccords politiques occasionnels.

Selon l’acte d’inculpation, Halef, qui s’identifie comme Palestinien, avait bénéficié de l’aide de ses cousins en Jordanie lorsqu’il avait précédemment cherché à commettre des attentats.

Il aurait imaginé son premier complot terroriste pendant l’année 2008, après avoir vu des images à la télévision de la première guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza – l’opération Plomb durci. Il avait alors programmé une fusillade à la frontière. Selon le document du tribunal, le père de Halef aurait déjoué le projet de son fils en lui bloquant la route, alors qu’il se dirigeait vers la frontière après avoir volé l’arme de son père.

Au cours de l’été 2017, poursuit l’acte d’inculpation, Halef et ses cousins avaient décidé d’entrer en Israël via la clôture frontalière et d’y commettre une fusillade. Toutefois, après avoir observé l’agencement des lieux, ils avaient réalisé que leur plan était infaisable.

C’est à ce moment-là qu’il avait pris la décision d’obtenir un permis de travail et de commettre une attaque au couteau à Jérusalem. A cette fin, il aurait demandé l’aide de ses frères et de ses cousins qui avaient accepté d’aller en Israël avec lui.

Rejetés initialement par une agence de ressources humaines à Amman, Halef avait finalement obtenu un permis pour aller travailler à Eilat.

Au deuxième jour de son travail au sein de l’Etat juif et après avoir traversé la frontière depuis Aqaba, il avait attaqué les deux plongeurs israéliens sur le port qui, selon l’acte d’inculpation, s’appelaient Tamir Gross et Yevgeny Kolomitz, ainsi que le deuxième ouvrier jordanien qui tentait de l’arrêter.

Il aurait crié à ce dernier pendant l’attentat que « nous sommes musulmans et ils sont Juifs ».

Son avocat, Khaled Mahajna, a insisté vendredi sur la nature criminelle de l’agression de Halef, rejetant l’idée d’un attentat terroriste.

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