Elazar Stern réclame une enquête sur l’annulation du projet du mur Occidental
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Elazar Stern réclame une enquête sur l’annulation du projet du mur Occidental

Geler la mise en place d’un espace de prière pluraliste ne figurait pas à l’ordre du jour du gouvernement, affirme le député, qui juge la manœuvre “sournoise”

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans ses bureaux, à Jérusalem, le 25 juin 2017. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans ses bureaux, à Jérusalem, le 25 juin 2017. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)

Un député a demandé lundi au procureur général d’enquêter sur la décision prise dimanche par le gouvernement d’annuler la mise en place d’un projet d’espace de prière pluraliste au mur Occidental, affirmant que la décision « sournoise » a été prise sans respecter les procédures appropriées.

Dimanche, le gouvernement a gelé le projet, une concession apparente aux partenaires ultra-orthodoxes de la coalition, ce qui a scandalisé une grande partie des associations juives de la Diaspora.

« L’annulation du projet au mur Occidental entraîne une crise grave entre Israël et les Juifs de Diaspora et une décision comme celle-ci, prise de manière sournoise et secrète, loin des yeux de la population, et sans que les ministres ne puissent se préparer de manière adéquate au débat, jette une ombre terrible sur le sujet », a écrit le député Elazar Stern au procureur général Avichai Mandelblit.

Comme le sujet n’était pas à l’ordre du jour et qu’il n’y avait aucun signe laissant entendre qu’il serait discuté, « aucune remarque n’a été reçue du procureur général avant [la réunion], le sujet (qui est controversé) n’a été soumis à aucun débat public avant qu’il ne soit décidé, et les ministres du gouvernement n’ont pas pu se préparer de manière adéquate à la discussion. »

Elazar Stern (photo credit: Kobi Gideon/Flash90)
Elazar Stern, ancien général de l’armée israélienne et député de Yesh Atid. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Le procureur général avait également fait savoir qu’il ne serait pas présent à la réunion du cabinet, a indiqué Stern.

Il a demandé à Mandelblit de vérifier « pourquoi le Premier ministre a utilisé son autorité à cet égard pour ce sujet controversé, entre tous les autres, au moment précis où les présidents des fédérations sont en Israël pour le conseil d’administration de l’Agence juive à Jérusalem. »

La demande de Stern, député du parti d’opposition centriste Yesh Atid, a été faite alors que la décision controversée continue de secouer le monde juif.

Dimanche, le cabinet a suspendu ce projet, qui a pris des années de préparation, pour créer un espace de prière pluraliste financé par le gouvernement pour des offices mixtes, séparés des espaces de prières existants et unisexes du mur Occidental.

Les ministres présents à la réunion ont indiqué que le sujet ne figurait pas à l’ordre du jour et n’avait pas même été mentionné avant la fin des discussions, quand le Premier ministre leur a demandé de voter sur l’annulation du projet, a annoncé la radio militaire.

Ceux qui ont quitté la réunion avant sa fin l’ont fait en ne sachant rien du vote prévu, et n’ont donc pas pu laisser d’indication sur leur vote.

Avigdor Liberman, ministre de la Défense et président du parti Yisrael Beytenu, pendant la réunion de son groupe parlementaire à la Knesset, le 20 mars 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Avigdor Liberman, ministre de la Défense et président du parti Yisrael Beytenu, pendant la réunion de son groupe parlementaire à la Knesset, le 20 mars 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Les directives gouvernementales précisent que les sujets débattus pendant une réunion du cabinet doivent être présents à l’ordre du jour au moins 48 heures à l’avance, tout comme les documents d’information pour les ministres participants. Les règles autorisent cependant le Premier ministre à aborder un sujet s’il estime qu’il est important, et ce même s’il ne figure pas à l’ordre du jour.

Le bureau du Premier ministre a indiqué à la radio militaire que Netanyahu avait soulevé ce sujet en particulier le jour où le gouvernement devait répondre à la Haute cour de Justice, et que par conséquent il était tout à fait approprié.

L’un des seuls ministres à savoir avant la réunion du cabinet que le sujet serait abordé était le ministre de la Défense Avigdor Liberman, qui a affirmé pendant la réunion que l’annulation du projet entraînerait « une blessure terrible à l’unité juive et à l’alliance entre l’Etat d’Israël et les Juifs de Diaspora. »

Liberman a également fustigé un projet de loi qui exigerait de l’Etat qu’il ne reconnaisse que les conversions achevées sous les auspices du grand rabbinat d’Israël, dominé par les ultra-orthodoxes. « Ce que fait l’Autorité des conversions [du rabbinat] éloigne le peuple du judaïsme », a-t-il accusé.

Il a prévenu que ces mesures « vont déstabiliser la coalition », et a juré de « s’opposer agressivement à ces initiatives. »

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