Élections : ce qu’ont dit Saar et Lapid sur Netanyahu et la Liste arabe unie
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Élections : ce qu’ont dit Saar et Lapid sur Netanyahu et la Liste arabe unie

Il déclare que l'inculpation du Premier ministre l'empêche d'être membre du gouvernement ; Lapid rejoindrait la coalition de Gideon Saar, mais veut l'entrée de la Liste arabe unie

Le député du Likud Gideon Saar vu avec des partisans du Likud lors d'un événement dans la ville de Hod Hasharon, le 25 novembre 2019. En arrière-plan, on peut voir une affiche du Premier ministre Benjamin Netanyahu. (Yossi Zeliger/Flash90)
Le député du Likud Gideon Saar vu avec des partisans du Likud lors d'un événement dans la ville de Hod Hasharon, le 25 novembre 2019. En arrière-plan, on peut voir une affiche du Premier ministre Benjamin Netanyahu. (Yossi Zeliger/Flash90)

Le dirigeant du parti Tikva Hadasha, Gideon Saar, a déclaré samedi que son ancien parti, le Likud, pourrait être « un partenaire » du gouvernement qu’il espère former après les prochaines élections, mais que l’actuel Premier ministre Benjamin Netanyahu ne pourrait pas y siéger en tant que ministre.

S’adressant au radiodiffuseur public Kan, M. Saar a déclaré que son précédent vœu de ne pas permettre à Netanyahu de continuer à être Premier ministre n’excluait pas une coopération avec le Likud.

« Le Likud peut être un partenaire. Je ne disqualifie pas le Likud », a déclaré M. Saar. Il a cependant insisté sur le fait que « Netanyahu ne peut pas servir en tant que ministre » en raison des charges pénales retenues contre lui.

« Il existe une jurisprudence selon laquelle une personne mise en accusation ne peut exercer les fonctions de ministre », a-t-il déclaré, citant l’arrêt de la Cour suprême de 1993 selon lequel le ministre de l’Intérieur de l’époque, Aryeh Deri, avait dû démissionner en raison des accusations de corruption qui pesaient contre lui à l’époque. (Par ailleurs, le procureur général Avichai Mandelblit a annoncé au début du mois qu’il avait l’intention de déposer de nouvelles accusations pénales pour délits fiscaux contre Deri, qui a été reconduit dans ses fonctions de ministre de l’Intérieur en 2016).

Saar a promis de ne pas entrer dans un gouvernement dirigé par Netanyahu, et a également déclaré qu’il n’accepterait pas de rejoindre un gouvernement de partage du pouvoir avec lui.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre de l’Intérieur Gideon Saar, à la Knesset, le 9 juillet 2013. (Flash 90)

Membre de longue date du Likud, M. Saar a fait défection du parti au pouvoir le mois dernier, déclarant qu’il avait perdu confiance en un Premier ministre qu’il accusait de faire passer de plus en plus ses intérêts personnels avant ceux du pays. Plusieurs députés du Likud se sont joints à Saar pour former le parti Tikva Hadasha.

Yair Lapid, dont le parti Yesh Atid mène le bloc de centre-gauche, a déclaré samedi soir qu’il serait prêt à rejoindre un gouvernement avec Saar, même en tant que partenaire minoritaire.

« J’ai réalisé deux grands coups politiques avec Gideon ces dernières années. L’un est l’élection de Rivlin [comme président] et l’autre est la chute du gouvernement [le mois dernier]. Ce sont deux choses que nous avons conçues ensemble, nous savons donc comment travailler ensemble », a déclaré M. Lapid.

« Je travaille bien avec Gideon Saar et je pourrais rejoindre un gouvernement dirigé par lui », a-t-il ajouté.

En réponse à une demande de commentaires sur la volonté de Lapid de rejoindre un gouvernement dirigé par Saar, Tikva Hadasha n’écarte pas Yesh Atid comme partenaire potentiel de la coalition.

Un porte-parole du parti a déclaré que Saar « a clairement indiqué que la priorité pour Israël aujourd’hui est de créer la stabilité et l’unité, et que Tikva Hadasha envisagerait d’inclure dans la coalition tout parti attaché à Israël en tant qu’État juif et démocratique, et à la direction qu’il pense que le pays doit prendre dans les années à venir ».

Le dirigeant de Yesh Atid, le député Yair Lapid, se rend à une manifestation de travailleurs indépendants réclamant le soutien financier du gouvernement dans le cadre de la pandémie de coronavirus, devant la Knesset à Jérusalem, le 19 avril 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Faisant référence aux chances qu’il pourrait former lui-même un gouvernement, M. Lapid a déclaré qu’il pensait que Yesh Atid pourrait obtenir le soutien de tout l’éventail politique, y compris du parti de la Liste arabe unie, qu’il considérait comme un partenaire potentiel.

« Je serais prêt à former un gouvernement avec le soutien de la Liste arabe unie, je l’ai déjà dit et il est dommage que nous ne l’ayons pas encore fait », a déclaré M. Lapid, faisant référence aux tentatives contrariées après les dernières élections pour former un gouvernement soutenu par le parti à prédominance arabe.

Lapid, qui s’est entretenu avec la Douzième chaîne, s’est cependant montré plus réticent à l’idée de rejoindre le parti de Benny Gantz, Kakhol lavan, qui s’est séparé de Yesh Atid pour rejoindre le gouvernement après les dernières élections.

« La dernière fois que j’ai parlé avec Benny Gantz, c’était avant qu’il ne forme le gouvernement avec Netanyahu en mai. Il est impossible de faire confiance à quelqu’un qui siège encore dans le gouvernement de Netanyahu ».

Yair Lapid (à gauche) et Benny Gantz, chef du parti Kakhol lavan, devant leurs partisans à Tel Aviv, le 20 février 2020. (Tomer Neuberg/FLASH90)

Lapid a fustigé sans relâche Gantz pour avoir rejoint la coalition Netanyahu, maintenant effondrée, l’accusant d’avoir volé les votes qui ont donné à l’alliance Kakhol lavan 35 sièges aux élections de mars 2020 et de les avoir remis à Netanyahu en violation de l’engagement fondamental de Kakhol lavan de ne jamais siéger dans un gouvernement avec un Premier ministre accusé de corruption.

Entre-temps, le président de Raam, le député Mansour Abbas, aurait décidé samedi soir de retirer sa faction de la Liste arabe unie et de se présenter en tant que liste distincte en mars.

Abbas s’est récemment attiré les critiques de ses collègues députés de la Liste arabe unie pour avoir coopéré avec le Likud et avoir signalé qu’il rejoindrait même le parti dans une coalition. Alors que Netanyahu a intensifié ses efforts pour courtiser le vote arabe, son parti, le Likud, a déclaré la semaine dernière que le Premier ministre n’avait pas l’intention de former un gouvernement avec des partis à majorité arabe après les élections de mars.

Des élections ont été convoquées le mois dernier après que le gouvernement de partage du pouvoir du Likud et de Kakhol lavan n’a pas réussi à se mettre d’accord sur un budget avant la date limite du 23 décembre. Elles doivent avoir lieu le 23 mars 2021.

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