Deri va être mis en examen pour délits fiscaux, sous réserve d’une audience
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Deri va être mis en examen pour délits fiscaux, sous réserve d’une audience

Le procureur général a décidé d'inculper le chef du parti Shas mais a classé sans suite d'autres affaires de détournement d'argent au profit de membres de sa famille

Le ministre de l'Intérieur Aryeh Deri à la Knesset, le 3 mars 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de l'Intérieur Aryeh Deri à la Knesset, le 3 mars 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le procureur général Avichai Mandelblit a annoncé vendredi qu’il avait l’intention de mettre en examen le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, chef du parti ultra-orthodoxe Shas, pour fraude fiscale, sous réserve d’une audience.

Deri, qui a été condamné et incarcéré pour corruption il y a des dizaines d’années, avaient déjà été soupçonné quand l’enquête actuelle a commencé, il y a cinq ans, mais Mandelblit a fini par l’accuser des délits mineurs, à savoir la non-déclaration de revenus aux autorités fiscales à deux reprises et les délits fiscaux supplémentaires commis lors de la vente d’appartements à Jérusalem à son frère, Shlomo.

Shlomo sera également accusé de délit fiscaux sous réserve d’une audience.

Deri est également suspecté de corruption, fraude et abus de confiance au sujet d’un détournement présumé de centaines de milliers de shekels de fonds publics vers des ONG dirigées par ses proches, mais les charges ont été abandonnées.

Navot Tel-Zur, l’avocat d’Aryeh Deri, a déclaré dans un communiqué qu’au terme de « cinq longues et agonisantes années d’enquête, le procureur général a déclaré au début de sa décision qu’il blanchissait Aryeh Deri des soupçons de corruption du gouvernement ».

Deri a lui-même écrit sur Twitter : « après plus de cinq difficiles années d’enquête, je remercie D.ieu pour la décision d’annuler les fausses accusations retenues contre moi et je suis convaincu que les délits fiscaux seront également classés après l’audience, une fois que le procureur général aura tous les faits devant lui. »

La date d’une audience de mise en examen doit encore être fixée.

Le procureur général Avichai Mandelblit à la conférence annuelle de l’INSS à Tel Aviv, le 28 janvier 2020. (Tomer Neuberg/Flash90)

En novembre 2018, la police a recommandé la mise en examen de Deri pour suspicion de fraude, abus de confiance, obstruction à la justice, blanchiment d’argent et fraude fiscale à hauteur de plusieurs millions de shekels. Certains des faits se seraient produits quand Deri était ministre du Cabinet.

En 2019, Shai Nitzan, alors procureur d’État, avait également recommandé la mise en accusation de Deri.

Deri a purgé 22 mois de prison de 2000 à 2002, après avoir été condamné pour avoir accepté des pots-de-vin en tant que ministre de l’Intérieur dans les années 1990.

Il a repris la direction de son parti Shas peu avant les élections à la Knesset de 2015, en remplacement d’Eli Yishai. Il a repris son poste de ministre de l’Intérieur en 2016, après qu’un tribunal a décidé que sa condamnation antérieure ne le disqualifiait pas de ce poste.

Le mois dernier, la Douzième chaîne a rapporté que Deri aurait assuré des emplois haut-placés pour des membres de sa famille, au sein de l’Organisation sioniste mondiale et au Fonds national juif.

Son fils Yaakov Deri a été nommé mercredi à la tête du département pour la collecte de ressources et le patrimoine de l’Organisation, a indiqué le reportage. Parallèlement, Shlomo Deri, le frère du ministre est vice-président du Fonds national juif depuis quelques années et a récemment été promu co-président de l’organisation.

Selon la Douzième chaîne, ces nominations ont donné lieu à des récriminations au sein des rangs du Shas, et certains se demandent pourquoi les proches du chef du parti bénéficient de postes à la rémunération élevée.

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