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Entre deux réunions, Kohavi rencontre la communauté juive à Marrakech

Le chef d'état-major a soulign" les "liens spéciaux et l'héritage partagé" entre Israël et le Maroc et a rencontré des habitants qui ont combattu pendant la guerre de Kippour

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le chef d'état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, rencontre des membres de la communauté juive marocaine à la grande synagogue de Slat al-Azama, le 20 juillet 2022. (Crédit : armée israélienne)
Le chef d'état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, rencontre des membres de la communauté juive marocaine à la grande synagogue de Slat al-Azama, le 20 juillet 2022. (Crédit : armée israélienne)

Le chef d’état-major de Tsahal Aviv Kohavi, en déplacement au Maroc, a rencontré la communauté juive locale dans la vieille ville de Marrakech mercredi, avant de participer à des réunions d’information sur la sécurité avec des responsables de l’armée de l’air marocaine.

Kohavi est le premier chef de l’armée israélienne à effectuer une visite officielle au Maroc.

Au troisième jour de sa visite, il s’est rendu au cimetière juif de Marrakech et a assisté à un office de prière à la synagogue Slat al-Azama, a indiqué l’armée dans un communiqué, ajoutant que Kohavi avait rencontré des membres de la communauté qui ont combattu pendant la guerre de Kippour et sont ensuite retournés au Maroc.

« Kohavi a rendu hommage aux membres de la communauté et les a remerciés pour leur contribution au peuple juif, tant au sein de l’État d’Israël que dans la diaspora juive », précise le communiqué.

« Le Royaume du Maroc est un allié de l’État d’Israël, et notre lien constitue un exemple de lien profond et spécial entre deux nations, basé sur un héritage partagé. J’éprouve un sentiment de fierté et d’admiration à vous rencontrer, vous, la communauté juive du Maroc, dont certains ont combattu pour l’État d’Israël, et travaillent aujourd’hui ici pour la communauté juive et pour approfondir le lien avec Israël », a déclaré Kohavi aux représentants de la communauté locale selon une note fournie par l’armée israélienne.

Plus tard, Kohavi et le chef de la division de recherche des renseignements de l’armée israélienne, le général de brigade Amit Saar, ont rencontré le commandant de la base aérienne de Ben Guerir, près de la ville du même nom.

Le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, rencontre un membre de la communauté juive marocaine à la grande synagogue de Slat al-Azama, le 20 juillet 2022. (Crédit : armée israélienne)

L’armée a déclaré que les deux hommes ont été « informés par le commandant de la base sur la menace locale des drones et ont reçu une présentation concernant l’escadron de chasseurs F-16 de la base ».

« Les commandants ont également discuté de la coopération entre les forces aériennes des deux armées », a ajouté Tsahal.

Le chef de l’armée israélienne Aviv Kohavi rencontre le commandant de la base aérienne de Ben Guerir au Maroc, le 20 juillet 2022. (Crédit : armée israélienne)

Mardi matin, Kohavi a été accueilli par des responsables de la défense marocaine et une garde d’honneur, après avoir atterri dans la nation nord-africaine la veille au soir.

Il a ensuite rencontré le ministre marocain de la Défense Abdellatif Loudiyi, le chef des Forces Armées Royales Belkhir El Farouk, le chef de la Direction des Renseignements Brahim Hassani ainsi que d’autres hauts responsables de la défense.

Le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, est salué par une garde d’honneur à Rabat, au Maroc, le 19 juillet 2022. (Crédit : armée israélienne)

Outre Saar, Kohavi a également voyagé avec le commandant de la coopération internationale de l’armée, le général de brigade Effie Defrin.

La délégation a ensuite visité la brigade des parachutistes de l’armée marocaine mardi et s’est entretenue avec les commandants d’unité.

A l’arrivée de Kohavi dans le pays, quelques dizaines de personnes ont manifesté à Rabat contre la visite, brandissant des banderoles et brûlant des photos de lui.

Israël et le Maroc ont établi des relations diplomatiques de faible niveau au cours des années 1990 à la suite des accords de paix intérimaires entre Israël et les Palestiniens, mais ces liens ont été suspendus après le déclenchement de la deuxième Intifada en l’an 2000.

Une percée a eu lieu 20 ans plus tard lorsque l’administration Trump a accepté de reconnaître la souveraineté marocaine sur la région contestée du Sahara occidental en échange de l’acceptation par Rabat de normaliser ses relations avec Israël. Le Maroc a été le troisième pays à rejoindre ce qui a été surnommé les accords d’Abraham, après les Émirats arabes unis et Bahreïn.

Malgré l’opposition de certains secteurs de la population marocaine, les liens ont continué à se développer au cours de l’année et demie qui a suivi.

En novembre dernier, le ministre de la défense Benny Gantz a signé un protocole d’accord avec son homologue marocain, le premier accord de ce type entre Israël et un État arabe.

Cet accord a formalisé les liens de défense entre les deux pays, permettant une coopération plus fluide entre leurs établissements de défense et facilitant la vente d’armes par Israël au royaume nord-africain.

Avec la signature du protocole d’accord, les ministères de la Défense et les armées des deux pays peuvent plus facilement échanger et partager des renseignements, alors qu’auparavant, une telle communication n’était possible que par l’intermédiaire de leurs services de renseignement respectifs.

En mars, de hauts responsables militaires israéliens ont achevé leur premier voyage officiel au Maroc, où les parties ont signé un accord visant à faire collaborer les deux armées.

Le mois dernier, des officiers israéliens et des fonctionnaires du ministère de la défense ont participé à un exercice militaire majeur au Maroc en tant qu’observateurs.

Plus tôt cette année, Kohavi s’est également rendu à Bahreïn – une première également – et aurait rencontré son homologue qatari, malgré les relations limitées entre les deux pays.

En l’absence de Kohavi, le chef d’état-major adjoint, le général de division Herzi Halevi, assume les responsabilités du chef militaire en Israël.

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