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Gantz estime que Lapid ne serait pas en mesure de diriger le prochain gouvernement

Lors de son lancement de campagne, le ministre de la Défense a déclaré que les 3 seules options seraient un gouvernement sous sa direction ou celle de Netanyahu, ou un 6e scrutin

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

Le chef du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, lançant la campagne de son parti pour les prochaines élections législatives, le 6 septembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Le chef du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, lançant la campagne de son parti pour les prochaines élections législatives, le 6 septembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a lancé mardi la campagne électorale de son parti HaMahane HaMamlahti nouvellement rebaptisé en vue du vote du 1er novembre. Il a rejeté la candidature du Premier ministre Yair Lapid en affirmant qu’il est la seule alternative au retour du chef du Likud Benjamin Netanyahu – ou à une nouvelle élection.

« Il y a trois options possibles : Bibi [Netanyahu] formerait un gouvernement extrémiste et kahaniste qui détruirait la démocratie israélienne telle que nous la connaissons ; nous nous dirigerions vers une énième élection, qui continuera à déchirer la nation ; ou bien je formerai un gouvernement stable avec HaMahane HaMamlahti », a déclaré Gantz lors de son lancement de sa campagne, à Tel Aviv.

Le chef de HaMahane HaMamlahti est perçu comme la troisième option, derrière Netanyahu et Lapid. Selon les derniers sondages, son parti devrait obtenir entre 12 et 14 sièges à la prochaine Knesset – derrière le Likud et le parti Yesh Atid de Lapid.

Alors que le bloc religieux de droite dirigé par Netanyahu devance dans les sondages, le bloc gouvernemental actuel, ni Netanyahu, ni Gantz, ni Lapid n’ont la certitude d’accéder au pouvoir, à moins d’un résultat électoral décisif ou qu’il n’y ait des changements dans les blocs politiques actuels. Gantz et son parti se positionnent comme les clés de voûte potentielles d’un gouvernement d’unité incluant les membres actuels de l’opposition.

Mettant en avant les forces de HaMahane HaMamlahti, Gantz a affirmé que seul son parti serait capable de créer les alliances nécessaires pour briser les blocs actuels.

« La seule option de leadership qui réussira à réaliser les alliances politiques nécessaires est le parti HaMahane HaMamlahti », a-t-il déclaré.

Le chef du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, lançant la campagne de son parti pour les prochaines élections législatives, le 6 septembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Avant même la chute du dernier gouvernement fin juin, Gantz aurait été en pourparlers avec des partis ultra-orthodoxes afin d’étudier la possibilité d’un gouvernement alternatif bénéficiant de leur soutien. Le chef du parti Yahadout HaTorah, Moshe Gafni, ayant salué le caractère de Gantz par le passé, a réaffirmé mardi qu’il n’envisageait de former un gouvernement qu’avec Netanyahu et la droite.

« J’irai avec Netanyahu et avec la droite, j’ai toujours été avec la droite et cela ne va pas s’arrêter », a déclaré Gafni lors d’une conférence à Jérusalem. Le chef de Yahadout HaTorah a qualifié de « calomnieuses » les informations qui prétendent qu’il soutiendrait Gantz et Saar.

Gantz s’est directement adressé mardi au public ultra-orthodoxe et a déclaré que « seul un gouvernement centriste saura préserver le judaïsme et répondre à leurs besoins » – dans le cadre des besoins de la société israélienne dans son ensemble. Il a également lancé des appels aux Arabes, aux nationaux religieux et traditionnels de la politique israélienne, promettant d’assurer la sécurité et la stabilité, et de s’attaquer au coût de la vie.

HaMahane HaMamlahti a été formé plus tôt cet été lorsque le parti centriste Kakhol lavan de Gantz s’est associé au parti de droite Tikva Hadasha, dirigé par le ministre de la Justice Gideon Saar.

L’influence de Saar s’est fait sentir sur la liste des candidats du parti, qui a écarté plusieurs législateurs en exercice de la Knesset afin de fusionner les listes.

Gideon Saar, a repris mardi le message selon lequel « seul Benny Gantz, en tant que chef du parti HaMahane HaMamlahti, pourrait sortir Israël et son système politique de cette crise et unir Israël », et que « Bibi [Netanyahu] et Yair [Lapid] ne seraient pas en mesure d’unir Israël ».

Le chef du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, au centre, lançant la campagne de son parti pour les prochaines élections législatives, le 6 septembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Derrière Gantz et Saar, l’ancien chef d’état-major de Tsahal, Gadi Eisenkot est en troisième position. Les huit premières places de la liste alternent entre les politiciens de Kakhol lavan et de Tikva Hadasha, l’ancien ministre de Yamina Matan Kahana étant placé à la neuvième place.

Les ministres Pnina Tamano-Shata (Kakhol lavan), Yifat Shasha-Biton (Tikva Hadasha), Chili Tropper (Kakhol lavan) et Zeev Elkin (Tikva Hadasha) occupent les places quatre à sept, tandis que le député Kakhol lavan Michael Biton complète la huitième place devant Kahana.

La ministre Kakhol lavan Orit Farkash-Hacohen, à la 10e place, relance la liste d’alternance, suivie des députés Sharren Haskel (Tikva Hadasha), Alon Schuster (Kakhol lavan), Michel Buskila (Tikva Hadasha), et Eitan Ginzburg (Kakhol lavan) à la 14e place.

La liste surchargée du parti a démontré le coût politique de l’union des forces, puisque d’importants législateurs de la Knesset, comme le directeur de faction Ginzburg, ont été poussés à la 14ème place, avec des résultats qui pourraient être en dehors de l’objectif électoral du parti.

Buskila, placé en treizième position, a récemment prêté serment pour remplacer la députée Michal Shir après qu’elle a démissionné de son poste pour se présenter avec Yesh Atid en novembre.

Bien que le parti ait précédemment annoncé que l’outsider Eisenkot amènerait des candidats sur la liste, il est le seul législateur – à ne pas être encore en exercice – à avoir obtenu une place « réaliste ».

Parmi les autres législateurs actuels éliminés des places réalistes par la fusion figurent le célèbre défenseur de l’environnement à la Knesset, Alon Tal âgé de 61 ans, du parti Kakhol lavan, et l’ancienne députée Yamina, Shirly Pinto, qui a quitté le parti en difficulté pour prendre la 23e place de la liste de HaMahane HaMamlahti.

Les militants écologistes qui protestaient pour faire entrer Tal dans l’une des dix premières places de la liste ont été escortés hors de l’événement de campagne pour avoir interrompu Gantz à plusieurs reprises.

Les deux candidats druzes de la liste occupent également des places irréalistes, Akram Hasson en 16e position et le député Mufid Mari en 19e position.

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