Gaza : la manifestation frontalière annulée pour cause de météo et de Ramadan
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Gaza : la manifestation frontalière annulée pour cause de météo et de Ramadan

Un ancien responsable à la Défense a déclaré que le groupe terroriste du Hamas calmait le jeu alors que l'Eurovision bat son plein à Tel Aviv

Un émeutier palestinien utilise une fronde pour lancer une pierre sur les soldats israéliens lors des manifestations de la Journée de la Nakba à l'est de Khan Younis dans le sud de la bande de Gaza, le 15 mai 2019. (Thomas COEX / AFP)
Un émeutier palestinien utilise une fronde pour lancer une pierre sur les soldats israéliens lors des manifestations de la Journée de la Nakba à l'est de Khan Younis dans le sud de la bande de Gaza, le 15 mai 2019. (Thomas COEX / AFP)

Le mouvement de protestation organisé toutes les semaines à la frontière avec Gaza a été annulé vendredi en raison des températures en hausse et du jeûne du Ramadan, a fait savoir la Treizième chaîne, citant les médias palestiniens, un fait exceptionnel depuis le début en mars 2018 de cette mobilisation soutenue par le Hamas.

C’est seulement la deuxième fois en un an que ces rassemblements accompagnés de heurts sont annulés après un précédent en mars, consécutif à un accès de violences entre Israël et le groupe terroriste islamiste Hamas au pouvoir à Gaza.

Le comité d’organisation du mouvement de protestation a invoqué dans un communiqué la chaleur et le fait que les Gazaouis avaient déjà été appelés à manifester mercredi, lors de la commémoration annuelle de la Nakba, la « catastrophe » qu’a représenté aux yeux des Palestiniens la création de l’Etat d’Israël en 1948.

Pour le responsable de la Défense à la retraite, Amos Gilad, qui s’est exprimé au micro de la radio militaire, le groupe terroriste du Hamas a pris cette décision pour que la situation reste calme alors que le concours de l’Eurovision bat son plein à Tel Aviv.

La police a noté pour sa part que les préparatifs sécuritaires étaient terminés à Jérusalem pour la prière de ce deuxième vendredi du mois sacré du Ramadan. Des dizaines de milliers de musulmans devraient affluer dans la ville sainte à cette occasion.

Mercredi, les Palestiniens ont marqué la journée de la Nakba, qui commémore le déplacement des Palestiniens de leurs foyers après la création de l’Etat d’Israël, le 15 mai 1948.

Des manifestants palestiniens participent à des émeutes le long de la barrière de sécurité à l’est de Gaza Ville alors que de la fumée s’envole dans le ciel. L’incendie a été provoqués par un engin incendiaire attaché à un cerf volant et lancé de l’autre côté de la frontière vers Israël depuis la bande de Gaza, le 15 mai 2019. (MAHMUD HAMS / AFP)

Environ 10 000 Palestiniens ont manifesté le long de la clôture frontalière qui entoure la bande de Gaza, faisant brûler des pneus, jetant des pierres, lançant des explosifs et des dispositifs incendiaires transportés par des ballons vers le sud d’Israël, qui ont été à l’origine d’au moins neuf départs de feu.

Israël a répondu en utilisant des outils de dispersion d’émeutes. Selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, environ 65 Palestiniens ont été blessés à des degrés variés ce jour-là, dont un grièvement.

Ces dernières semaines, les tensions ont été à leur apogée dans la bande de Gaza suite à une escalade meurtrière massive de quarante-huit heures, au début du mois, qui a opposé l’Etat juif et les groupes terroristes de l’enclave côtière. Ces derniers ont lancé presque 700 roquettes, mortiers et missiles anti-tanks vers le sud et le centre d’Israël, faisant quatre morts.

L’armée israélienne a riposté en frappant plus de 300 cibles liées aux groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique, prenant notamment pour cibles les équipes qui lançaient des roquettes. Vingt-cinq Palestiniens ont trouvé la mort lors de ces combats. La majorité des victimes appartenaient à des groupes terroristes.

L’Egypte, les Nations unies et le Qatar ont récemment négocié un cessez-le-feu entre Israël et le groupe terroriste du Hamas. Selon les médis en hébreu, il comprend une fin des violences émanant de Gaza en échange d’un allègement par Israël des restrictions posées sur les mouvements de personnes et des biens vers et depuis l’enclave côtière.

L’armée israélienne a nié jeudi les informations parues dans les médias palestiniens concernant une réduction de la zone de pêche autorisée au large de la bande de Gaza après son élargissement la semaine dernière, dans le cadre de l’accord de trêve officieux.

L’AFP a contribué à cet article.

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