Giro D’Italia : le centre de Jérusalem fermé pour la course cycliste
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Giro D’Italia : le centre de Jérusalem fermé pour la course cycliste

Alors que le Giro d'Italie va commencer au sein de la capitale israélienne, de nombreux secteurs sont immobilisés dans un contexte de sécurité lourde et de fermetures des routes

La présentation des équipes du 101ème Tour d'Italie à Jérusalem, le 3 mai 2018, avant le coup d'envoi de la course vendredi (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La présentation des équipes du 101ème Tour d'Italie à Jérusalem, le 3 mai 2018, avant le coup d'envoi de la course vendredi (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Alors que les meilleurs cyclistes du monde achevaient de se préparer vendredi à Jérusalem pour le début de la course cycliste du Tour d’Italie, les habitants se trouvent placés sous haute sécurité en raison des fermetures des routes et du déploiement de milliers de policiers le long du parcours.

Même si les résidents de la capitale de la nation sont habitués aux perturbations de la circulation en raison de dignitaires de passage ou d’événements sportifs, cette course cycliste internationale, qui commence dans l’après-midi et devrait s’achever peu de temps avant le début du Shabbat juif, donne bien des migraines.

L’itinéraire, qui part juste aux abords de la Vieille Ville – et coupe à travers le centre presque jusqu’à la gare routière centrale, à l’entrée de la municipalité – va enfermer de nombreux habitants dans le circuit et il franchit également la principale route de transit publique de Jérusalem, laissant un grand nombre de résidents sans la possibilité de quitter aisément leurs quartiers en voiture – et, dans certains secteurs de sécurité renforcée, barre même l’accès aux piétons.

Le parcours entier a été fermé à partir de 9 heures du matin avec seulement quelques endroits ouverts au passage des piétons. A partir de 12 heures 30 et jusqu’à la fin de la course, après 17 heures, l’itinéraire sera complètement clos.

La course s’élance de Mamilla, aux abords de la Vieille Ville, puis suit la rue du roi David historique, le long de Keren Hayesod, elle traverse le quartier Rehavia jusqu’au Parc Sacher arboré. Elle se dirige presque jusqu’à la gare routière centrale puis redescend la rue Bezalel et la rue du roi David jusqu’à Mamilla.

La liste complète des rues fermées à la circulation en raison de la course :

Yitzhak Kariv, Shlomo HaMelech, Derech Beit Lehem, Meir v’Mikhael Segen Cohen, Yitzchak Elhanan, Shalom Aleichem, Keren Hayesod, Ramban, Derech Ruppin, Shmuel Stephen Wise, Boulevard HaMozeonim , Eliezer Kaplan, Yoel Hason, Boulevard Yitzhak Rabin depuis l’intersection du ministère des Affaires étrangères/ Cité du cinéma, Betzalel, Shmuel HaNagid, Gershon Agron, Emile Botta et Eliyahu Shama.

Fabio Sabatini sera le premier coureur à s’élancer à 13 heures 50 tandis que le tenant du titre Tom Dumoulin sera le dernier à partir à 16h45. La police a fait savoir que les rues ne seraient pas rouvertes avant 17h30, juste une heure avant le début du Shabbat dans la capitale.

L’épreuve de contre-la-montre de cette course de renommée mondiale dans les rues vallonnées de Jérusalem marque la première fois qu’un Grand tour cycliste se tiendra hors des frontières européennes. C’est également le plus important événement sportif jamais accueilli par l’Etat juif.

Un total de 176 cyclistes issus de 22 équipes, avec notamment pour la première fois une équipe israélienne, participera à ce contre-la-montre. Ce parcours d’une longueur de 9,7 kilomètres emmènera les coureurs près de la Vieille Ville et de certains des lieux les plus saints de Jérusalem, mais les organisateurs ont pris soin d’éviter les secteurs politiquement sensibles.

Pour Israël, accueillir cet événement marque un coup majeur, donnant la possibilité d’attirer des dizaines de milliers de touristes et une opportunité de faire découvrir sa population et ses paysages à un public mondial par le biais des écrans de télévision.

Chris Froome, quatre fois vainqueur du Tour de France, participe à cette course en nourrissant l’espoir de devenir le troisième coureur du monde à jamais avoir remporté trois titres de Grands tour d’affilée.

Dans son histoire, longue de 101 ans, le Giro a dans le passé organisé son coup d’envoi hors d’Italie à une douzaine d’occasions, mais jamais hors des frontières européennes. Son arrivée en Israël est le résultat d’un travail de lobbying effectué par Sylvan Adams, un amoureux du vélo israélo-canadien qui a évoqué l’idée de faire coïncider cette première avec le 70ème anniversaire de l’indépendance de l’Etat juif. Il a indiqué poursuivre un double objectif : Promouvoir ce sport en Israël et projeter une image « normale » du pays au monde, plutôt qu’il ne soit typiquement associé à la guerre et aux conflits.

« C’est un mini-Giro, si vous voulez. En trois jours, nous pouvons découvrir un pourcentage similaire du pays comme l’Italie le fait lors de la course totale », a déclaré Adams à l’Associated Press. « Nous montrerons la beauté du pays, qu’Israël est un pays sportif, ouvert et libre, et – le plus important – un pays sûr ».

Les Emirats arabes unis ont fièrement fait part de la participation de leur équipe à la course en Israël sur Twitter.

Une équipe du Bahreïn s’aligne également au départ. Aucun de ces pays n’entretiennent de relations diplomatiques officielles avec Israël.

Après le contre-la-montre de Jérusalem, la seconde étape, samedi, amènera les coureurs vers la mer méditerranée, de Haïfa à Tel Aviv, un parcours de 167 kilomètres. La troisième étape, dimanche, suivra un itinéraire de 229 kilomètres – la deuxième étape la plus longue de toute la course – de Beer sheva au désert du Negev et jusqu’à Eilat, à l’extrémité sud d’Israël, le long de la mer Rouge.

La course sera ensuite transférée en Italie, et dans l’île de Sicile pour un jour de repos, le 7 mai.

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