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Herzog appelle à « s’approprier à nouveau le sionisme », une « source de fierté »

Le président a fait cette déclaration lors d'un discours prononcé lors du 125e anniversaire du Premier Congrès sioniste à Bâle, en Suisse

Judah Ari Gross est le correspondant du Times of Israël pour les sujets religieux et les affaires de la Diaspora.

Le président Isaac Herzog s'exprime lors d'un événement marquant le 125e anniversaire du Premier congrès sioniste à Bâle, en Suisse, le 29 août 2022. (Crédit : Haim Zach/GPO)
Le président Isaac Herzog s'exprime lors d'un événement marquant le 125e anniversaire du Premier congrès sioniste à Bâle, en Suisse, le 29 août 2022. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Le président Isaac Herzog a appelé, lundi, à revendiquer à nouveau le mot « sionisme » en en faisant un terme positif, déplorant qu’il soit dorénavant considéré comme une insulte à l’égard des Juifs et des Israéliens.

Prenant la parole lors d’un événement qui a célébré le 125e anniversaire du Premier Congrès sioniste, Herzog a dit que les sionistes – celles et ceux qui croient dans le droit et dans la nécessité de l’auto-détermination des Juifs sur la terre biblique d’Israël – devaient faire en sorte de s’approprier à nouveau le mot pour qu’il puisse devenir « une expression de notre identité nationale propre, de nos traditions, de nos espoirs, de nos valeurs éclairées, de la justice et de notre engagement à l’égard de tikkun olam – soit le terme en hébreu qui signifie « réparer le monde ».

Herzog, qui s’est exprimé en hébreu à l’occasion de cet événement principalement anglophone, s’exprimait dans la salle de concert Stadtcasino de Bâle, en Suisse – là où le Premier congrès sioniste s’était réuni pour la toute première fois en date du 29 août 1897.

« Aujourd’hui, 125 ans après ce moment déterminant, où une poignée de leaders sionistes pionniers et révolutionnaires avaient su changer l’Histoire humaine et l’Histoire juive ici, à Bâle, berceau du sionisme politique, dans cette salle où Theodor Herzl avait ouvert le Premier Congrès sioniste, je me tiens devant vous en tant que président de l’État d’Israël venu de Jérusalem, capitale éternelle de l’État-nation du peuple juif », a dit Herzog.

Dans ce discours, qui a largement abordé la question de l’histoire et de la philosophie du sionisme politique, Herzog a appelé les personnes présentes à revendiquer à nouveau positivement ce terme.

Le chef de l’État, qui est un ancien leader de l’Agence juive et qui a été pendant longtemps député de la Knesset, occupant également des postes de ministre, a regretté que le mot « sioniste » ait été de plus en plus utilisé comme une insulte, comme un moyen de laisser libre cours à un sentiment antisémite sous couverture de critique légitime d’Israël.

« Il y a environ un an, il y a eu une discussion sur une possible censure du mot ‘sioniste’ dans les médias par crainte qu’il ne soit utilisé pour exprimer une violence antisémite à l’encontre des Juifs et des Israéliens et un débat parallèle, a contrario, sur l’utilisation du mot ‘sioniste’ en tant que terme à utiliser dans le cadre de la critique légitime de la politique israélienne », a indiqué Herzog.

Le président Isaac Herzog s’exprime lors d’un événement marquant le 125e anniversaire du Premier congrès sioniste à Bâle, en Suisse, le 29 août 2022. (Crédit : Haim Zach/GPO)

« J’ai été horrifié parce que de manière inconcevable, personne n’a suggéré à aucun moment que ‘sioniste’ pouvait avoir une connotation positive », s’est-il exclamé.

Herzog a appelé les sionistes à se réapproprier le terme, déclarant qu’il s’agissait là « de la mission de notre génération ».

Pour Herzog, le sionisme comprend la conservation d’Israël en tant qu’État juif et démocratique, le maintien de « la cohésion » d’une population juive « diversifiée, opiniâtre » et consiste également à aider à relever « les plus grands défis affrontés par l’Humanité » dans le cadre de « la grande famille des nations ».

Dans la journée, avant sa prise de parole, Herzog a pris la pose pour recréer une célèbre photographie de Herzl qui avait été réalisée à l’hôtel voisin des Trois Rois, où le leader sioniste regardait le Rhin depuis un balcon. Étrangement, le père de Herzog, Chaim, qui a été lui aussi président de l’État juif, avait fait exactement la même chose pendant une visite officielle en Suisse, en 1987.

Environ 1 400 personnes ont pris part à cet événement, majoritairement des représentants du gouvernement israélien, de hauts-responsables d’organisations juives internationales et des hommes et femmes d’affaires juifs venus du monde entier.

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