Israël assouplit l’obligation de quarantaine des arrivants et rouvre les parcs
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Israël assouplit l’obligation de quarantaine des arrivants et rouvre les parcs

Le gouvernement a également levé certaines restrictions imposées aux secteurs arabes en raison du Ramadan ; les aires de jeux pour enfants et les plages restent fermées

Des voyageurs israéliens, qui avaient été bloqués en Amérique du sud, arrivent à l'aéroport Ben Gurion, le 23 mars 2020, depuis Sao Paolo via New York. (Tomer Neuberg/Flash90)
Des voyageurs israéliens, qui avaient été bloqués en Amérique du sud, arrivent à l'aéroport Ben Gurion, le 23 mars 2020, depuis Sao Paolo via New York. (Tomer Neuberg/Flash90)

Israël a assoupli les restrictions imposées à toutes les personnes arrivant de l’étranger, lesquelles devaient respecter une quarantaine de 14 jours dans des hôtels réquisitionnés et supervisés par l’État. Le gouvernement a annoncé dans la nuit de dimanche à lundi que les Israéliens et ceux qui résident en Israël, seront autorisés à s’isoler d’eux-mêmes, s’ils sont en mesure de le faire.

L’interdiction d’entrée pour les ressortissants étrangers ne résidant pas en Israël reste en vigueur, car le pays poursuit sa lutte contre le Covid-19.

Le gouvernement a également assoupli certaines restrictions imposées en raison du Ramadan et rouvert les parcs et réserves naturelles. Ces mesures surviennent alors que les mesures de confinement initialement instaurées pour endiguer la pandémie, semblent avoir fait leurs preuves, le nombre de nouveaux cas quotidiens se chiffrant désormais seulement en dizaines.

Actuellement, Israël interdit aux étrangers d’entrer sur son sol, et les Israéliens qui reviennent dans le pays doivent observer deux semaines de quarantaine. En vertu des nouvelles règles, ceux qui peuvent prouver qu’ils disposent d’un endroit où se mettre en quatorzaine – un appartement vide où un espace de vie séparé des autres résidents du foyer – seront autorisés à s’y isoler.

Le cabinet a déclaré que les personnes qui séjournent actuellement dans les hôtels de quarantaine gérés par l’armée et qui peuvent s’auto-isoler en auront également le droit. Cependant, quiconque ne dispose pas d’une telle option devra rester deux semaines dans ces hôtels, aux frais du gouvernement.

Le parc Saker à Jérusalem, quasiment vide, le 4 avril 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Ceux arrivant de l’aéroport ne seront pas autorisés à emprunter les transports publics, à l’exception des taxis sous certaines conditions, et quiconque sera surpris dans les transports en commun écopera d’une amende et devra s’isoler dans un hôtel, indique le communiqué. La police pourra également imposer la quarantaine.

Lundi matin, l’armée a fait savoir qu’elle avait commencé à permettre aux personnes confinées dans les hôtels à poursuivre leur isolement chez elles, à la lumière de la décision du gouvernement.

D’après Tsahal, 1 750 personnes séjournent actuellement dans ces établissements.

Le cabinet a annoncé qu’une enveloppe de 6 millions de shekels sera consacrée au rapatriement des Israéliens encore coincés à l’étranger.

Le gouvernement a également déclaré que les restrictions sur les commerces situés dans les zones à majorité arabe instaurées pour le mois du Ramadan seraient levées et appliquées à certaines communautés spécifiques, considérées comme des foyers épidémiques.

Les soldats de la Défense passive et le maire de Jérusalem, Moshe Lion, distribuent des colis alimentaires pour le Ramadan le 5 mai 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Ces restrictions, similaires à celles qui avaient été instaurées pendant les fêtes juives et nationales, visaient à endiguer une vague de contaminations probable en cas d’importants rassemblements familiaux lors de ces célébrations.

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri a déclaré, selon le site d’information Ynet, que cette décision est imputable au « comportement exemplaire » de la communauté musulmane pendant le Ramadan, qui a permis de freiner la propagation du virus.

Cependant, ces mesures seront probablement restaurées à l’occasion de l’Aid-el-Fitr, qui met un terme au mois de Ramadan et qui aura lieu autour du 24 mai, selon les médias israéliens.

Ces dernières semaines, le reste du pays a amorcé son déconfinement et autorisé de plus en plus de magasins et de commerces à reprendre leur activité.

Les parcs et les réserves naturelles ont également été rouverts. Les visiteurs sont autorisés à utiliser les structures sportives dans le respect des règles de distanciation physiques. Les aires de jeu pour enfants restent cependant fermées, a précisé le gouvernement.

Ce dernier a également annoncé que le port du masque pour les personnes qui suivent un parcours de soins psychologiques n’était plus obligatoire, même si la distance de 3 mètres avec le thérapeute ne pouvait pas être respectée. Une dérogation similaire avait déjà été approuvée pour les mineurs.

Le communiqué ne parle pas de la réouverture des plages.

Des Israéliens à la plage de Tel Aviv, le 1er mai 2020. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

La réunion du gouvernement avait été interrompue dans l’après-midi et a repris vers 21 heures, après que plusieurs ministres ont divergé sur la clause limitant l’usage des équipements sportifs dans les parcs, exigeant qu’elle soit retirée en raison du faible taux d’infection.

Dans un tweet, le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a exhorté le ministère de la Santé à rouvrir les plages et à lancer la saison estivale, affirmant qu’il est impossible de faire respecter les restrictions actuelles et d’expliquer la logique interdisant l’ouverture des plages et autorisant celle des parcs. En dépit de cette mesure, des gens se sont récemment rendus sur les plages.

Parallèlement, la police se prépare à faire appliquer les restrictions imposées à l’occasion de la fête de Lag BaOmer. Les traditionnels feux de camps et rassemblements sont interdits cette année.

Pendant la fête, qui commence lundi soir et se termine mardi, la police renforcera ainsi sa présence dans les villes, les plages, les forêts, les parcs et les espaces extérieurs.

Outre une surveillance en voiture et à pied, la police utilisera également des patrouilles aériennes pour repérer les feux de joie ou les rassemblements proscrits.

Les contrevenants aux ordonnances d’urgence, qui sont entrées en vigueur le week-end dernier et le seront jusqu’à mercredi, pourront se voir infliger une amende de 500 NIS (125 euros).

Des hommes juifs ultra-orthodoxes et leurs enfants de trois ans participent à une manifestation contre les restrictions du gouvernement qui les empêchent d’aller au Mont Meron pour Lag BaOmer demain soir, dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim à Jérusalem, le 10 mai 2020. (Photo par Yonatan Sindel/Flash90)

À l’occasion de Lag BaOmer, des centaines de milliers d’Israéliens affluent sur le mont Meron en Galilée, célèbre pour être le lieu de sépulture du sage et mystique Rabbin Shimon Bar Yohai remontant au deuxième siècle de l’ère commune. Les enfants et adolescents de tout le pays célèbrent également cette fête par des feux de joie.

Lag BaOmer est devenu une fête importante dans la tradition mystique juive, qui marquerait le jour de la mort de Shimon Bar Yohai ainsi que l’anniversaire de la première fois où il a transmis le texte de l’œuvre mystique juive fondatrice, le Zohar.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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