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Israël cherche à faciliter l’immigration des médecins et des infirmières

Un comité a été mis en place afin d’évaluer des mesures visant à encourager les professionnels de santé à immigrer en Israël, afin de lutter contre le manque de main-d’œuvre

De nouveaux immigrants en provenance d'Amérique du nord arrivent sur un vol spécial d'aliyah planifié par l'organisation Nefesh B'Nefesh, à l'aéroport Ben Gurion, le 14 août 2019. (Crédit : Flash90)
De nouveaux immigrants en provenance d'Amérique du nord arrivent sur un vol spécial d'aliyah planifié par l'organisation Nefesh B'Nefesh, à l'aéroport Ben Gurion, le 14 août 2019. (Crédit : Flash90)

Le gouvernement israélien a approuvé dimanche la formation d’un comité visant à faciliter le processus d’immigration des médecins, infirmières et autres professionnels de santé afin de lutter contre la pénurie de main-d’œuvre qui touche le secteur de la santé.

Le cabinet a voté afin d’approuver une proposition de Pnina Tamano-Shata, ministre de l’Intégration et de l’Immigration, d’établir un comité composé de représentants des ministères de la Santé, des Finances et de l’Immigration, ainsi que du cabinet du Premier ministre, pour autoriser potentiellement une installation plus simple en Israël pour des milliers de professionnels médicaux originaires de l’ex-Union soviétique, des États-Unis, de France, du Canada et d’Argentine.

Cette levée des obstacles bureaucratiques qui pourrait être décidée par le comité concernerait notamment une facilitation du processus d’obtention de permis d’exercer grâce à une série de mesures comme la mise en place d’une plateforme internet traduite en quatre langues (y compris en français) pour le dépôt d’un dossier depuis l’étranger.

Un plan d’équivalence pour les audioprothésistes sera aussi proposé, a écrit le député francophone Yomtob Kalfon sur Facebook, ainsi que la possibilité pour les laborantins de passer l’examen pratique avant l’examen d’hébreu (le ministère de l’Intégration étudiera par ailleurs le développement d’oulpanim professionnels réalisés avant l’alyah pour raccourcir le délai d’obtention du permis d’exercer).

Un prolongement de la loi Ohayon sera aussi étudié – elle doit prendre fin le 31 décembre prochain. Celle-ci permet à certains métiers du paramédical (kinésithérapeutes, orthophonistes, ergothérapeutes, diététiciens, etc) ayant acquis de l’expérience à l’étranger d’avoir des allègements dans l’obtention du permis d’exercer.

Les réformes suggérées garantiraient également des emplois aux médecins qui immigrent en Israël. En outre, le comité formé étudiera également une facilitation de l’alyah d’ingénieurs et de professionnels de la high tech.

Suite à l’annonce, Tamano-Shata a tweeté que « tout Israël bénéficiera » d’une telle décision.

Israël fait face depuis longtemps à un manque de main-d’œuvre de professionnels de santé. Le phénomène a été exacerbé par la pandémie de COVID-19 et s’est récemment illustré par des grèves et manifestations menées par des internes en médecine qui déplorent une trop grande charge de travail.

Plus tôt ce mois-ci, plus de 2 500 internes ont en effet remis leurs lettres de démission au ministère de la Santé. Un accord avec le ministère de la Santé aurait été trouvé mercredi.

Des internes en médecine manifestent pour de meilleures conditions de travail à Tel Aviv, le 9 octobre 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Avant la réunion du cabinet dimanche matin, le Premier ministre Naftali Bennett avait mentionné la récente célébration de la journée de l’alyah et la nécessité d’encourager davantage l’immigration.

« L’alyah est une question d’importance stratégique et son expansion est un objectif national majeur », a déclaré Bennett. « Nous aspirons à continuer à ramener à la maison autant de nos frères et sœurs que possible, et surtout de prendre soin de ceux qui sont déjà là. C’est là qu’a été l’échec ces dernières années : nous avons su faire venir les gens ici, mais quand ils sont arrivés, ils n’ont pas été suffisamment bien traités. »

Bennett a déclaré qu’ « en tant que fils de parents qui ont fait leur alyah, je sais à quel point ce processus est difficile et complexe, c’est une mentalité différente, et nous devons aider ». Le Premier ministre, dont les parents ont immigré des États-Unis en Israël à la fin des années 1960, a déclaré que l’État faisait beaucoup pour aider les immigrants « et qu’il devait faire plus, à la fois pour les deuxième et troisième générations, mais aussi pour leurs parents ».

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