Israël déjoue une attaque du Jihad islamique contre ses navires au large de Gaza
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Israël déjoue une attaque du Jihad islamique contre ses navires au large de Gaza

Les forces de sécurité affirment que le projet de tirer un missile sur le navire, kidnapper les survivants était mené en représailles du tunnel détruit l'an dernier

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un bateau de patrouille de classe Dvora de la marine israélienne lors d'un exercice le 2 mars 2015 (Crédit : Matan Portnoy / Forces de défense israéliennes / Flickr)
Un bateau de patrouille de classe Dvora de la marine israélienne lors d'un exercice le 2 mars 2015 (Crédit : Matan Portnoy / Forces de défense israéliennes / Flickr)

Les forces de sécurité ont arrêté un membre du groupe terroriste palestinien du Jihad islamique au large de la côte de Gaza, soupçonné d’avoir l’intention de couler un bateau de patrouille navale israélien et d’enlever les survivants le mois dernier, a révélé Israël mercredi.

Le plan consistait à utiliser trois bateaux pour attirer un navire de la marine, à tirer un missile et à capturer les soldats blessés et tués, selon une déclaration conjointe du service de sécurité du Shin Bet et de l’armée israélienne.

Cette tentative a été déjouée dans la nuit du 12 mars, lorsque le 916e Escadron de patrouille de la marine a arrêté un bateau palestinien qui avait quitté la zone de pêche délimitée de Gaza.

Une vidéo de l’arrestation nocturne montre des forces navales spéciales bien armées montant à bord du bateau de pêche et demandant aux 10 personnes à bord de lever les mains et de descendre. Le bateau a été saisi dans le port d’Ashdod.

L’équipage a été placé sous la garde d’Israël pour passer un interrogatoire, dont Amin Saadi Muhammad Jumma’a, 24 ans, membre du Jihad islamique palestinien qui a dit aux enquêteurs qu’il avait reçu de ses commandants des instructions pour préparer l’attaque contre les navires de la marine israélienne, selon le Shin Bet et Tsahal.

Amin Saadi Muhammad Jumma’a, membre présumé du groupe terroriste palestinien du Jihad islamique, arrêté par Israël en mars. (Shin Bet)

L’attaque prévue devait être la continuation de la vendetta du Jihad islamique palestinien contre Tsahal pour la destruction du tunnel du groupe le 30 octobre, au cours de laquelle plusieurs de ses membres ont été tués.

Deux des autres personnes à bord sont également soupçonnées d’avoir fait partie de la tentative d’attentat. Les sept autres ont été relâchés après leur interrogatoire, a indiqué le Shin Bet.

Jumma’a, un habitant de la ville de Rafah, dans le sud de Gaza, a dit aux enquêteurs qu’il était prévu qu’un bateau fasse diversion en quittant la zone de pêche pour qu’un navire de la marine s’approche.

« Un deuxième bateau devait attaquer le navire, tirant un missile Kornet (antichar) sur lui, avec l’intention de blesser et de tuer les soldats à bord », précise le communiqué.

Un troisième bateau devait alors arriver sur les lieux et prendre en otage les soldats blessés et récupérer les corps des personnes tuées, ont déclaré les forces de sécurité.

« Afin de se préparer à l’attaque, Jumma’a a mené un certain nombre de missions d’observation sur les navires de la marine et a recueilli des renseignements sur leur localisation, le nombre de soldats à bord et les types d’armes à bord », peut-on lire dans le communiqué.

Jumma’a a été inculpé mercredi par un tribunal de Beer Sheva pour une série d’accusations, dont la planification d’une attaque terroriste, l’acquisition d’armes et l’appartenance à une organisation terroriste.

Selon l’acte d’accusation, Jumma’a a rejoint le Jihad islamique en 2016. Un an plus tard, il a accepté de mener l’attaque contre la marine en échange de 5 000 dollars.

En outre, il a été accusé d’avoir transporté 300 kilos d’explosifs sur un bateau de pêche entre l’Égypte et la bande de Gaza pour le compte de l’organisation terroriste du Hamas en 2012 ou 2013, et d’avoir transporté 150 colis de fibre de verre entre l’Égypte et Gaza pour le Hamas à des fins de fabrication d’armes en 2014 ou 2015.

Il a également été accusé de contrebande de quatre fusils d’assaut AK-47 et d’un pistolet de l’Egypte à Gaza en passant par un tunnel clandestin pour le Hamas en 2015.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Avigdor Liberman ont salué l’opération conjointe Tsahal-Shin Bet. « Les complexités de la frontière de Gaza sont variées et compliquées. Mais la nation d’Israël a sur qui compter », a écrit Liberman sur Twitter.

Netanyahu a déclaré que cette tentative montrait « les véritables intentions des groupes terroristes à Gaza, qui tentent de camoufler leurs plans meurtriers en organisant des provocations le long de la barrière de sécurité ».

Les Palestiniens franchissent une ville de tente dressée le long de la frontière avec Israël, à l’est de Gaza City, pour commémorer la Journée de la terre (Crédit : AFP/ MAHMUD HAMS)

Vendredi, plus de 30 000 Palestiniens ont manifesté le long de la frontière de Gaza, dans ce qu’Israël décrit comme une émeute orchestrée par le groupe terroriste du Hamas, qui dirige Gaza, et ce que les Palestiniens appellent une protestation pacifique.

Il y avait des divergences dans les rapports palestiniens sur le nombre de morts à Gaza à partir de vendredi. Alors que le Hamas affirmait lundi que 18 personnes avaient été tuées, l’agence de presse officielle de l’Autorité palestinienne en comptait 16. Israël n’a pas de chiffres officiels sur le nombre de morts. Plus de 1 000 personnes ont été blessées.

Le Shin Bet et Tsahal ont accusé le Jihad islamique soutenu par l’Iran de profiter des « facilités » accordées par Israël aux résidents de Gaza, en particulier les droits de pêche, afin de « faire progresser les attaques terroristes ».

En plus de l’attaque navale prévue, le Jihad islamique palestinien a déjà commis au moins deux autres actes de vengeance contre Israël pour avoir détruit son tunnel le 30 octobre.

Un mois plus tard, le groupe a tiré une salve d’obus de mortier sur une position de l’armée au nord-est de la bande de Gaza, causant des dégâts mais pas de blessés. En décembre, le groupe a également tiré des obus de mortier sur le sud d’Israël afin de perturber un événement rendant hommage à un soldat de Tsahal tué lors de la guerre de Gaza en 2014 et dont la dépouille est actuellement entre les mains du groupe terroriste du Hamas.

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