Rechercher

Israël demande au chef de l’ONU d’annuler l’éviction de Sarah Muscroft

Selon Gilad Erdan, ambassadeur israélien auprès des Nations unies, la "capitulation" de l'ONU face aux menaces palestiniennes témoigne d'un manque d'objectivité

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Sarah Muscroft, chef de l'OCHA oPt, s'exprimant dans une allocution vidéo, en décembre 2020. (Crédit : Capture d'écran/YouTube)
Sarah Muscroft, chef de l'OCHA oPt, s'exprimant dans une allocution vidéo, en décembre 2020. (Crédit : Capture d'écran/YouTube)

L’ambassadeur israélien auprès des Nations unies, Gilad Erdan, a exhorté dimanche le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à revenir sur la décision d’un des bureaux de l’organisation de renvoyer sa directrice après qu’elle a condamné sur Twitter les tirs de roquettes du Jihad islamique palestinien vers Israël.

Affirmant que le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) dans le territoire palestinien avait capitulé devant les activistes palestiniens et le personnel local en décidant d’évincer Sarah Muscroft de son poste, Erdan a écrit dans une lettre à Guterres que « cette norme leur accorde effectivement un droit de « veto non écrit » sur les déclarations de l’ONU et est en contradiction flagrante avec les principes fondamentaux d’objectivité et de neutralité que l’ONU prétend défendre ».

Un porte-parole de l’ONU a révélé samedi au Times of Israel que Muscroft serait affectée à un nouveau poste, cinq jours après que son tweet a suscité l’émoi des militants pro-palestiniens.

Muscroft, qui a dirigé l’OCHA dans les territoires palestiniens, a déclaré : « Nous sommes soulagés de voir qu’un cessez-le-feu a été conclu, mettant fin aux hostilités qui touchent à la fois les Palestiniens et les civils israéliens. Ces tirs de roquettes aveugles du Jihad islamique provoquant des représailles israéliennes sont à condamner. La sécurité de tous les civils est primordiale – le cessez-le-feu doit être respecté. »

Elle a ensuite supprimé le message et a présenté ses excuses sur Twitter dès le lendemain, déclarant : « L’un de mes précédents tweets était mal formulé, raison pour laquelle je l’ai supprimé. Je présente sincèrement mes excuses pour mon mauvais jugement. Tous les civils – de toute part – doivent pouvoir vivre en paix. »

Expliquant la décision d’écarter Muscroft, le porte-parole adjoint de l’OCHA, Jens Laerke, a déclaré : « L’OCHA est présent sur le territoire palestinien occupé depuis 20 ans, travaillant pour aider à répondre aux besoins humanitaires, guidé par les principes humanitaires de neutralité, d’impartialité et d’humanité. Plus de deux millions de personnes sur le territoire palestinien occupé ont besoin d’aide – ceci reste notre seule préoccupation et notre priorité. »

Dans sa lettre adressée à Guterres, Erdan a reconnu qu’Israël était souvent en désaccord avec les positions prises par Muscroft, ayant même exprimé publiquement son opposition à plusieurs reprises. Cependant, il l’a fait d’une « manière correcte », digne d’une démocratie.

En conséquence, « Israël est troublé de voir que l’indignation palestinienne sur des tweets se transforme si rapidement en une atteinte à la capacité d’un haut fonctionnaire de l’ONU à conserver son poste et à s’exprimer. Cela représente une reddition claire de l’ONU aux menaces et à l’intimidation, et pose une norme très problématique », a écrit Erdan.

L’ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU Gilad Erdan et le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. (Crédit : Mission d’Israël auprès de l’ONU)

« Dans le meilleur des cas, il s’agit d’une recette pour une autocensure malencontreuse des fonctionnaires de l’ONU. Dans le pire des cas, il s’agit d’une prescription pour que les fonctionnaires de l’ONU mettent exclusivement l’accent sur le récit palestinien, même si cela est en contradiction avec la réalité du terrain, les reportages honnêtes ou les intérêts légitimes d’Israël », a déclaré Erdan.

Il a noté que la « tendance » n’était pas sans rappeler l’incident de l’année dernière lorsque le chef de la mission de l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens à Gaza (UNRWA) a été démis de ses fonctions et transféré à Jérusalem après une interview qu’il a réalisée avec une chaîne d’information israélienne dans laquelle il a reconnu que les frappes aériennes de Tsahal à Gaza étaient très précises.

« D’une certaine manière, on peut ouvertement critiquer Israël, sans aucune répercussion ; mais si un membre du personnel de l’ONU ose s’exprimer contre le terrorisme palestinien, il y a une réaction immédiate par crainte de représailles », a déploré Erdan.

Des roquettes sont lancées de la bande de Gaza vers Israël, le 7 août 2022. (Crédit : Hatem Moussa/AP)

En revanche, de telles mesures punitives n’ont pas été prises à l’encontre d’un membre d’une commission d’enquête de l’ONU sur le traitement des Palestiniens par Israël après qu’il a affirmé le mois dernier que le « lobby juif » contrôlait les réseaux sociaux, a écrit Erdan.

« Nous demandons que le cas de Muscroft soit examiné avec la plus grande attention. Nous demandons à l’OCHA et à l’ONU de revenir sur cette malheureuse décision qui est perçue comme une récompense pour l’intimidation et les menaces. Bien qu’Israël soit favorable à un engagement constructif avec les fonctionnaires et les agences de l’ONU, nous ne pouvons pas accepter une politique à géométrie variable aussi flagrante », a ajouté l’ambassadeur israélien.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...