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Israël-Hamas: des groupes féministes français se défendent d’un deux poids deux mesures

Des reproches se sont multipliés notamment avec le hashtag #MetoounlessyouareaJew ou des pancartes "Féministes, votre silence vous rend complices" à une marche samedi à Paris

La marche contre les violences faites aux femmes, à Toulouse, le 25 novembre 2023. (Crédit : Valentine CHAPUIS / AFP)
La marche contre les violences faites aux femmes, à Toulouse, le 25 novembre 2023. (Crédit : Valentine CHAPUIS / AFP)

Partout dans le monde mais aussi en France, elles ont été accusées de nier les violences commises contre les Israéliennes par des hommes du Hamas: plusieurs associations féministes se sont défendues mardi en affirmant lutter pour « toutes les femmes » et en dénonçant une « instrumentalisation » de leur combat.

« Nous combattons collectivement toutes les violences, les exactions, les féminicides commis contre toutes les femmes et minorités de genre quels qu’en soient les auteurs et ce, partout dans le monde », affirme le collectif Nous toutes dans un communiqué commun signé avec d’autres associations féministes à l’origine de la marche du 25 novembre contre les violences faites aux femmes.

« Nous condamnons sans ambiguïté les crimes sexuels et sexistes, viols et féminicides commis par le Hamas, qui ont particulièrement visé les femmes, les personnes LGBTQIA+ et les enfants. Nous apportons tout notre soutien aux victimes et à leurs proches », ajoute le collectif.

Depuis l’attaque sanglante lancée par le groupe terroriste islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre, ce collectif, et plus largement les associations et figures féministes, sont pointées du doigt pour leur « silence » sur les informations et témoignages faisant état de viols commis sur des femmes israéliennes par des membres du groupe islamiste palestinien. Une enquête de police a été ouverte en Israël et des experts israéliens des droits des femmes ont rencontré la semaine dernière pour la première fois la mission des Nations unies, UN Women, afin de plaider en faveur d’une reconnaissance officielle des crimes commis par le groupe terroriste palestinien du Hamas contre les femmes et les enfants le 7 octobre, qui ont été largement ignorés sur la scène internationale.

Ces reproches, qui se sont multipliés sur les réseaux sociaux notamment, ont gagné en vigueur samedi lors de la grande marche parisienne contre les violences faites aux femmes, où des pancartes « Metoo unless you are a Jew » (« Metoo à moins que vous ne soyez juive », ndlr) ou « Féministes, votre silence vous rend complices » ont, entre autres, été brandies.

Lors de cette marche, qui a rassemblé des dizaines de milliers de personnes, un groupe de manifestantes « venues rappeler les exactions sexistes et les viols de masse commis par le Hamas le 7 octobre » a « été menacé et empêché de défiler par des militants violents issus notamment du NPA et LFI », a accusé le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).

« On a été menacées par un groupe d’une trentaine d’hommes habillés en noir. On ne sait pas qui ils étaient. Les CRS sont intervenus pour nous protéger », a affirmé pour sa part à l’AFP Maya, une des manifestantes, qui préfère taire son patronyme.

La marche contre les violences faites aux femmes, à Paris, le 25 novembre 2023. (Crédit : Geoffroy Van der Hasselt/AFP)

Contactée par l’AFP, la préfecture de police n’a pas communiqué.

« Géométrie variable »

Pour Rebecca Amsellem, fondatrice de la newsletter féministe Les Glorieuses, le « silence des organisations féministes » aura « potentiellement des conséquences durables sur le mouvement féministe en France ».

Ces accusations visant les organisations féministes ont trouvé dimanche un écho au sein du gouvernement, où la ministre des Familles Aurore Bergé s’est interrogée sur BFMTV sur un féminisme « à géométrie variable ».

« On ne trie pas les violences en fonction des conflits des individus ou des nationalités », a aussi estimé mardi devant l’Assemblée nationale la ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes Bérangère Couillard, conditionnant au respect de « ces valeurs universelles » le versement de subventions aux associations.

Face aux critiques, Nous toutes et les autres associations derrière la marche du 25 novembre ont assuré que « des organisations et des personnes juives féministes étaient présentes aux côtés des autres organisations et collectifs féministes », affirmant qu’il « avait été annoncé que la manifestation porterait aussi cette lutte ».

Elles mettent, dans le même temps, en cause une « campagne de dénigrement poussée par certains médias et des réseaux d’extrême droite » et évoqué « des centaines de messages et mails d’insultes, de menaces de viol et de mort » visant les militantes féministes.

Dans un communiqué distinct, la présidente de la « Fondation des femmes », Anne-Cécile Mailfert a assuré avoir dès le 13 octobre « pris la parole pour dénoncer sans ambiguïté cette attaque terroriste et antisémite, ainsi que les crimes de viols commis contre les femmes en temps de conflit ».

Dans un communiqué distinct, la présidente de la Fondation des femmes Anne-Cécile Mailfert a assuré avoir « dès le 13 octobre pris la parole pour dénoncer sans ambiguïté cette attaque terroriste et antisémite, ainsi que les crimes de viols commis contre les femmes en temps de conflit ».

« Nous ne nous sommes jamais tues et nous serons toujours solidaires de toutes les victimes de violences sexistes ou sexuelles d’où qu’elles viennent », écrit-elle.

Elle appelle par ailleurs à ce « que la lumière soit faite sur ce qui s’est passé exactement » samedi et souhaite « que l’ensemble du mouvement féministe soit en capacité de s’assurer à l’avenir qu’aucune femme ne soit jamais intimidée lorsqu’elle dénonce des violences. »

 

 

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