Israël : Macron veut sortir des « dogmes et des positions historiques »
Rechercher

Israël : Macron veut sortir des « dogmes et des positions historiques »

La France va-t-elle prendre la tête du front d'une initiative nouvelle ou s'aligner sur l'attendu "deal du siècle" américain pour résoudre le conflit israélo-palestinien ?

Emmanuel Macron durant son discours lors de l'assemblée générale de l'ONU à New York City le 25 september 2018 (Crédit: AFP PHOTO / Ludovic MARIN)
Emmanuel Macron durant son discours lors de l'assemblée générale de l'ONU à New York City le 25 september 2018 (Crédit: AFP PHOTO / Ludovic MARIN)

L’assemblée générale de l’ONU a été mardi le théâtre de plusieurs oppositions : Etats-Unis/Iran sur l’accord nucléaire, Etats-Unis/Europe sur les accords commerciaux et le blocus du régime iranien… Au milieu de ces enjeux majeurs, les mots du président français au sujet du conflit israélo-palestinien sont presque passés inaperçus.

A contrario de nombre de ses prédécesseurs, Emmanuel Macron n’a pas fait de la résolution de ce conflit l’alpha et l’omega de sa politique diplomatique, et ses déclarations ont toujours été empreintes de prudence. Sa visite en Israël annoncée à plusieurs reprises n’a d’ailleurs toujours pas eu lieu.

Selon le journaliste Georges Malbrunot, le président français aura fait « le constat de l’impuissance » face à ce conflit qui dure depuis la création même de l’Etat hébreu.

« Emmanuel Macron répète des positions rituelles sur Jérusalem, capitale de deux États, ou sur la nécessité de stopper la colonisation des Territoires palestiniens, mais il le fait avec de moins en moins de convictions », constate Denis Bauchard, un ancien diplomate cité par le journaliste du Figaro. « Il est clair, ajoute-t-il, que la solution des deux États est morte, mais personne au niveau officiel n’ose le dire. »

Pourtant, face à l’annonce tonitruante du président américain début 2018 de réaliser le « deal du siècle » entre Israéliens et Palestiniens – un deal compromis par le refus palestinien de reconnaître les Etats-Unis comme négociateurs depuis la reconnaissance de Jerusalem comme capitale d’Israël – Emmanuel Macron a fait une déclaration qui change un peu des « positions rituelles » sans pour autant être révolutionnaire.

Lors de l’assemblée générale de l’ONU, après avoir déclaré (rituellement) : « Qu’est-ce qui permettra de régler le conflit entre Israël et Palestine ? Pas des actions unilatérales. Il n’y a pas d’alternative crédible à la solution de deux États vivant côte à côte en paix et en sécurité. » Emmanuel Macron s’est dit « prêt à sortir des dogmes et à prendre des initiatives nouvelles » – à l’instar de son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, lors de son discours aux ambassadeurs français.

Le président français Emmanuel Macron pose avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas après leur rencontre à l’Elysée, à Paris, le 21 septembre 2018. (AFP / Ludovic Marin)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, a récemment rencontré à Paris le président français Emmanuel Macron. Il a déclaré par la suite que la France étudiait de plus en plus la possibilité de reconnaître un État palestinien.

« Les Français se soucient certainement beaucoup de cette question », a déclaré M. Abbas à la presse, évoquant la possibilité que la France reconnaisse un État palestinien. « Ils l’étudient de plus en plus. »

« Ils estiment que c’est l’une des questions les plus importantes sur lesquelles ils devraient porter leur attention », a déclaré M. Abbas à l’issue de sa réunion à l’Elysée.

Plus de 130 pays ont reconnu un État palestinien, mais certains des membres les plus influents de la communauté internationale, dont la France, les États-Unis et le Royaume-Uni, n’en ont pas encore fait de même.

Lors d’une conférence de presse au siège de l’Union européenne en janvier, le président de l’Autorité palestinienne a appelé les pays membres de l’UE à reconnaître « l’État de Palestine ».

Alignement prudent sur la positon américaine, dont on ne connaît pas encore le contenu du « deal du siècle » ou annonce d’initiatives nouvelles menées par la France ? L’avenir le dira.

Le président français Emmanuel Macron a également annoncé que la France augmenterait sa contribution financière à l’agence de l’ONU des Palestiniens, sans toutefois dire de combien.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...