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Jérusalem: Heurts entre policiers et Palestiniens lors de la 2e nuit du Ramadan

Les émeutiers ont lancé des bouteilles et autres objets sur les agents ; ces derniers ont utilisé des moyens de dispersion et ils ont arrêté dix personnes

La police fait une arrestation pendant des affrontements avec de jeunes Palestiniens à la porte de Damas, à Jérusalem, le 3 avril 2022. (Crédit : Police israélienne)
La police fait une arrestation pendant des affrontements avec de jeunes Palestiniens à la porte de Damas, à Jérusalem, le 3 avril 2022. (Crédit : Police israélienne)

Des heurts ont opposé des émeutiers palestiniens et la police israélienne, dimanche dans la soirée, à proximité de la porte de Damas, pour la deuxième nuit consécutive du Ramadan. Les agents ont fait usage de la force, utilisant des moyens de dispersion d’émeute et ont procédé à des arrestations.

Quelques Palestiniens ont jeté des bouteilles en verre, des pierres et d’autres objets en direction d’un poste de contrôle de la police, comme cela avait d’ores et déjà été le cas samedi dans la soirée.

Samedi, la police était parvenue à gérer la situation sans avoir recours à des moyens de dispersion des foules et avait arrêté quatre personnes. Un agent avait été légèrement blessé par une bouteille lancée dans sa direction.

Dimanche soir, les policiers ont utilisé des grenades assourdissantes, frappant les manifestants à l’aide de matraques et les éparpillant grâce à la présence d’agents à cheval. Il y a eu un certain nombre d’arrestations faites par des policiers en civil qui s’étaient mêlés à la foule. De son côté, le Croissant-Rouge palestinien a dénombré onze blessés parmi les émeutiers.

Un certain nombre de bouteilles lancées par les protestataires ont touché les fidèles musulmans qui revenaient de la prière de la soirée au sein du complexe de la mosquée Al-Aqsa. Une benne à ordures a aussi été incendiée près de la porte de Damas.

Dans la journée de dimanche, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid s’est rendu dans le secteur de la porte de Damas en présence du commissaire de police Kobi Shabtai et de députés de sa formation Yesh Atid.

Alors que Shabtai et d’autres éminents responsables – notamment le commandant du district de Jérusalem, Doron Turgeman – faisaient le point avec le ministre sur la situation sécuritaire, Lapid a assuré aux agents que « nous vous soutenons pleinement ».

« Les temps sont difficiles, la situation est tendue mais nous avons des forces policières en qui nous pouvons avoir confiance pour traverser cette période complexe », a-t-il ajouté, notant que plus de 8000 policiers seraient déployés dans tout le pays pendant la prochaine fête de Pessah.

Cette visite a été condamnée par le ministère des Affaires étrangères palestinien qui a dénoncé une « provocation » et qui a accusé Lapid d’incitation à la violence contre les Palestiniens.

L’Autorité palestinienne a insisté sur le fait que la plus grande menace planant sur l’ordre public, à Jérusalem, provenait des extrémistes juifs – apparemment en référence aux visites effectuées par des ultra-nationalistes juifs sur le mont du Temple, et à l’acquisition récente de l’hôtel Petra, aux abords de la Vieille Ville, par le groupe d’extrême-droite Ateret Cohanim.

La ministre de l’Économie, Orna Barbivai, et le vice-ministre de la Sécurité intérieure Yoav Segalovich accompagnaient Lapid.

Selon un communiqué émis par le bureau de Lapid, Shabtai a déclaré que les forces de l’ordre étaient « en état de préparation maximal » au regard du Ramadan et des attentats récents.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, au centre, le commissaire de police Yaakov Shabtai et le commandant du district de Jérusalem Doron Turgeman à la porte de Damas, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 3 avril 3022. (Crédit : Arie Leib Abrams/Flash90)

Dimanche dans la matinée, le Premier ministre Naftali Bennett avait dit qu’Israël entrait dans une période de « routine vigilante » alors que les forces de sécurité œuvrent actuellement à prévenir de nouveaux attentats terroristes.

La police lance des grenades assourdissantes sur des Palestiniens à la porte de Damas dans la vieille ville de Jérusalem, le 28 février 2022. (Crédit : Flash90)

Le Premier ministre Naftali Bennett avait, lui, rencontré des responsables de l’armée pour faire le point sur des opérations militaires à Jénine, secteur du nord de la Cisjordanie d’où était originaire le Palestinien ayant ouvert le feu sur des civils et tué cinq personnes la semaine dernière en banlieue de Tel-Aviv.

« Les terroristes ont toutes sortes de velléités et nous sommes donc placés en état d’alerte élevé – qu’il s’agisse du Shin Bet et de la police israélienne – de manière à identifier tout plan ou toute idée d’attaque et à pouvoir les déjouer avant qu’elles ne soient commises », a dit Bennett, après que trois hommes armés qui s’apprêtaient à perpétrer une attaque au sein de l’État juif ont été tués par les soldats, samedi avant l’aube.

Bennett a noté que les militaires étaient également en état d’alerte élevé le long de la barrière de sécurité en Cisjordanie, après qu’une brèche dans la clôture a été utilisée par un Palestinien qui a finalement tué cinq personnes dans un attentat commis à Bnei Brak, la semaine dernière.

Le Premier ministre Naftali Bennett, au centre, et le chef du Shin Bet Ronen Bar, à droite, pendant une visite au commandement régional du service de sécurité dans le nord de la Cisjordanie et à la barrière de sécurité, le 3 avril 2022. (Crédit : Haim Zach/ GPO)

Une série d’attentats meurtriers a fait onze morts en une semaine au sein de l’État juif, notamment à Bnei Brak, plaçant les forces de sécurité israéliennes en état de vigilance particulièrement accru. L’escalade est survenue alors que le mois musulman du Ramadan devait commencer – une période de tensions souvent fortes en Israël et en Cisjordanie.

« Notre objectif est de briser la vague » d’attentats, a noté Bennett.

« Nous entrons maintenant dans une période de ‘routine vigilante’ – je veux dire par là que nous voulons que les citoyens d’Israël puissent reprendre leur routine quotidienne avec des forces de sécurité vigilantes, en état d’alerte élevé », a-t-il continué.

Israël a renforcé les mesures de sécurité en réponse aux attaques et le pays a déployé des forces supplémentaires en Cisjordanie, à la frontière avec Gaza et dans les villes majeures, comme Jérusalem et Tel Aviv.

Les responsables palestiniens ont tenté d’apaiser les tensions dans le contexte de début du mois du Ramadan, craignant que les violences ne puissent entraîner le même type d’agitations qui avaient frappé Israël au mois de mai 2021 quand le Hamas avait lancé des roquettes sur le territoire de l’État juif, entraînant une guerre d’onze jours à Gaza et des violences interethniques entre Juifs et Arabes en Israël.

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