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Katz fustige le « silence » de l’ONU sur l’attaque du Hamas lors d’une réunion consacrée aux abus sexuels du 7 octobre

L'envoyée américaine a déclaré que le rapport "confirme ce que nous savions depuis des mois" sur les violences commises par les terroristes , estimant que le "scepticisme", face aux atrocités, est "un affront flagrant"

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le ministre des Affaires étrangères Israel Katz lors d'une réunion du Conseil de sécurité sur le conflit au Moyen-Orient au siège de l'ONU à New York, le 11 mars 2024. (Crédit : TIMOTHY A. CLARY / AFP)
Le ministre des Affaires étrangères Israel Katz lors d'une réunion du Conseil de sécurité sur le conflit au Moyen-Orient au siège de l'ONU à New York, le 11 mars 2024. (Crédit : TIMOTHY A. CLARY / AFP)

Le ministre des Affaires étrangères Israel Katz a profité d’une rencontre du Conseil de sécurité des Nations unies, organisée lundi en urgence, qui était consacrée aux violences sexuelles commises depuis l’assaut terroriste du 7 octobre pour demander avec insistance à la prestigieuse institution de reconnaître officiellement le Hamas en tant que groupe terroriste.

« Le Hamas doit être déclaré organisation terroriste et écoper des sanctions les plus lourdes possibles », a dit Katz après avoir fait le déplacement depuis Israël pour assister à la session qui examinait un rapport qui a été publié, au début du mois, par l’envoyée spéciale qui, au sein de l’ONU, est chargée des questions relatives aux violences sexuelles dans le cadre des conflits.

Le rapport, qui a été établi par Pramila Patten, affirme qu’il y a des « des informations claires et convaincantes » indiquant que les otages retenus en captivité à Gaza ont été soumis « à des violences sexuelles et notamment à des viols, à des actes de torture sexualisés, à un traitement cruel, inhumain et dégradant ».

Le rapport a aussi noté qu’il était « raisonnable » de penser que les hommes armés du Hamas avaient commis des viols et des viols en réunion contre leurs victimes à au moins trois principaux endroits pendant leur assaut dans le sud d’Israël, le 7 octobre – un périple meurtrier qui avait fait environ 1200 morts, des civils en majorité. Les terroristes avaient aussi enlevé 253 personnes, prises en otage dans la bande de Gaza.

« Nous vous demandons de condamner les crimes de violence sexuelle qui ont été commis par ces barbares au nom de la religion musulmane », a continué Katz, qui a exhorté le Conseil de sécurité « à exercer le maximum de pression que possible sur l’organisation du Hamas en faveur de la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages qui ont été kidnappés ».

« Je vous en prie, faites de votre mieux pour arrêter cet enfer sur Terre », a imploré Katz, qui a ajouté que les pays qui siègent au Conseil avaient l’opportunité de sauver les otages encore détenus par le Hamas.

Des manifestantes se sont rassemblées devant le siège de l’ONU à New York, le 4 décembre 2023, pour protester contre le silence de la communauté internationale à propos des violences sexuelles commises par les terroristes du Hamas contre des femmes israéliennes lors du massacre du 7 octobre. (Crédit : Carli Fogel)

Katz a aussi interpellé l’ONU pour « son silence sur les actions du Hamas ».

Le chef de la diplomatie israélienne, qui a pris la parole en dernier lors de la session de lundi, a remercié les États-Unis, la France et le Royaume-Uni qui ont été à l’origine de cette audience organisée en urgence.

Patten a été la première à prendre la parole devant le Conseil, réexaminant les conclusions de son rapport. Elle a rejeté les accusations qui avaient été lancées par Katz et par d’autres responsables israéliens qui avaient laissé entendre que le secrétaire-général des Nations unies, Antonio Guterres, avait cherché à étouffer le dossier.

« Au contraire, j’ai bénéficié de son soutien plein et entier politiquement, logistiquement et financièrement et il a aussi donné des instructions claires en ce qui concernait la diffusion publique de mon rapport ainsi que la présentation immédiate de mes conclusions devant le Conseil de sécurité », a expliqué Patten.

Elle a vivement recommandé aux membres du Conseil de se mettre à la place des otages israéliens et des familles de captifs.

« 156 journées se sont écoulées depuis l’enlèvement de leurs êtres chers, avec pas moins de 16 femmes parmi les otages », a continué Pramila Patten. Israël, de son côté, estime que 19 femmes sont encore en retenues contre leur gré au sein de l’enclave côtière.

Pramila Patten, représentante spéciale de l’ONU sur la question des violences sexuelles dans les conflits, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le 11 mars 2024. (Capture d’écran)

« D’un côté, rien ne peut justifier les violences délibérées qui ont été commises par le Hamas et par les autres groupes armés, le 7 octobre, contre Israël », a poursuivi l’envoyée. « De l’autre, rien ne peut justifier la sanction collective de la population de Gaza toute entière, une sanction qui a tué et blessé des dizaines de milliers de Palestiniens ».

« Je dois aussi dire clairement que je suis horrifiée par l’injustice faite aux femmes et aux enfants qui sont tués par d’innombrables bombes et coups de feu à Gaza, et je suis aussi scandalisée face au niveau de souffrances, de morts, dans des familles entières, avec souvent plusieurs générations complètement éliminées », a-t-elle poursuivi.

La Russie a tenté de semer le doute sur le rapport qui a été établi par Patten. La vice-ambassadrice de la Russie à l’ONU, Maria Zabolotskaya, a indiqué que « on ne nous présente ici que des informations partielles, dans le contexte d’un mandat spécifique, et on nous demande d’y répondre ».

L’envoyée russe a aussi essayé d’ôter sa légitimité à Patten, la diplomate à l’origine du rapport, qui aurait, selon elle, utilisé des « infox » dans le passé – en référence au travail réalisé par cette dernière sur les crimes de guerre qui ont été commis en Ukraine par la Russie.

« En même temps, les informations inclues dans le rapport qui portent sur des viols ainsi que les conclusions tirées sur la probabilité que d’autres violences sexuelles soient encore commises à l’encontre des otages sont choquantes. Les violences sexuelles perpétrées contre des Israéliennes n’ont aucune justification. Les coupables doivent répondre de leurs actes », a commenté Zabolotskaya.

Elle a critiqué Israël sur les sections du rapport qui mettent en lumière des violences sexuelles de la part des forces de sécurité israéliennes, qui prennent pour cible des Palestiniens – menaces de viol, fouilles au corps dégradantes, coups portés sur les organes génitaux – des abus qui, selon les Nations unies et les groupes de défense des droits de l’Homme, sont systématiques depuis des décennies. L’État juif, de son côté, affirme agir conformément aux règles du droit international et être prêt à enquêter sur les accusations de mauvaise conduite.

La vice-ambassadrice russe à l’ONU Maria Zabolotskaya devant le Conseil de sécurité, le 11 mars 2024. (Capture d’écran)

Pour sa part, l’ambassadrice américaine Linda Thomas-Greenfield a déclaré que le rapport « confirme ce que nous savions depuis des mois : le 7 octobre, le Hamas a commis des actes horribles de violences sexuelles liés au conflit et notamment des viols et des viols en réunion. »

« Et pourtant, il y a un si grand nombre de personnes dans le monde entier – y-compris des membres de ce Conseil – qui ont gardé le silence face à ces atrocités », a déploré Thomas-Greenfield. « Et pire, certains ont ouvertement regardé ces atrocités avec suspicion et avec scepticisme. C’est impardonnable et c’est un affront flagrant pour tous les survivants des violences sexuelles perpétrées en période de conflit ».

Si la quasi-totalité des membres du Conseil ont individuellement condamné ces abus perpétrés par les terroristes du Hamas, certains ont empêché le Conseil de sécurité d’émettre un communiqué conjoint condamnant les violences sexuelles. L’envoyée américaine a exhorté l’instance à le faire.

Thomas-Greenfield a également cité les conclusions du rapport faisant état « de mise en détention de Palestiniens et de Palestiniennes qui semble avoir été l’occasion d’un traitement cruel, inhumain et dégradant, avec aussi des cas de violences sexuelles de formes variées ».

« Toutes les parties du conflit doivent respecter leurs obligations, conformément au droit international, en ce qui concerne le traitement des détenus et nous exhortons Israël à mettre un terme à ces abus, nous espérons qu’il le fera », a-t-elle indiqué.

Elle a néanmoins mis en garde les membres du Conseil, leur demandant « de ne pas faire une fausse équivalence entre ces actes et une prise d’otages de la part d’une organisation terroriste étrangère. Ces deux cas de figure ne sont absolument pas similaires ».

L’ambassadrice américains à l’ONU Linda Thomas-Greenfield s’exprime devant le Conseil de sécurité, le 11 mars 2024. (Capture d’écran)

Thomas-Greenfield a appelé à la mise en œuvre d’un cessez-le-feu de six semaines qui est actuellement sur la table, notant qu’Israël a accepté ce cadre et que tout dépend dorénavant du Hamas.

S’exprimant avant Katz, l’ambassadeur de l’Autorité palestinienne aux Nations unies, Riyad Mansour, a critiqué Israël de manière répétée pendant tout son discours mais il a pris soin de condamner les violences sexuelles à l’encontre des civils en général.

« Nous répétons encore une fois que rien ne peut justifier les violences qui ciblent les civils et c’est le cas des violences sexuelles – l’une des formes les plus atroces de violence », a dit Mansour.

Il a regretté que l’ONU n’ait jamais organisé une session similaire sur les accusations de violences sexuelles perpétrées par Israël contre les Palestiniens.

Après la session, Mansour a été interpellé par Ali Ziyadne, dont le frère Youssef et le neveu Hamza sont retenus en otage dans la bande de Gaza.

Dans cet échange, qui a été filmé, Ziyadne demande à Mansour pourquoi le Hamas a enlevé ses proches et pourquoi le groupe terroriste a accepté de relâcher des ressortissants thaïlandais, conservant depuis plus de cinq mois d’autres musulmans en captivité dans ses tunnels.

« Souvenez-vous de vos frères et sœurs musulmans qui sont morts à Gaza – ils sont 30 000 et 75 000 autres ont été blessés, en plus des destructions causées par Israël », a répondu Mansour, avant de répéter sa condamnation générale des atteintes faites aux civils. Il a aussi déclaré à Ziyadne que les autorités israéliennes, qui l’ont fait venir à la session avec d’autres proches des otages, profitaient de lui.

Le Conseil de sécurité a réclamé la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages dans des résolutions qui ont été adoptées au mois de novembre et au mois de décembre. Il envisage aujourd’hui d’adopter une résolution, présentée par les États-Unis, qui comprend une condamnation de l’attaque commise par le Hamas, le 7 octobre, ainsi « que la prise et le meurtre d’otages, le meurtre de civils et les violences sexuelles, notamment les viols ».

Lazar Berman a contribué à cet article.

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