Israël en guerre - Jour 293

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Le Conseil de sécurité se réunira lundi pour une réunion sur les violences sexuelles du 7 octobre

Israel Katz souhaite que d'autres pays se joignent à l'effort d'Israël, et accuse le Secrétaire général de l'ONU d'ignorer ces accusations

Le Conseil de sécurité de l'ONU réuni au sujet de la situation au Moyen-Orient, notamment la question palestinienne, au siège de l'ONU, à New York, le 22 décembre 2023. (Crédit : Charly Triballeau/AFP)
Le Conseil de sécurité de l'ONU réuni au sujet de la situation au Moyen-Orient, notamment la question palestinienne, au siège de l'ONU, à New York, le 22 décembre 2023. (Crédit : Charly Triballeau/AFP)

Le Conseil de sécurité des Nations unies tiendra une session d’urgence lundi pour discuter du rapport publié cette semaine par l’envoyé de l’ONU sur les crimes sexuels, détaillant les violences sexuelles perpétrées par des terroristes palestiniens le 7 octobre et contre les otages détenues depuis.

Des demandes pour cette session avaient été formulées par les membres du Conseil de sécurité, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France.

Le ministre des Affaires étrangères Israel Katz a déclaré dans un communiqué qu’il assisterait à la session avec les proches des otages toujours détenus par le Hamas et qu’il profiterait de l’occasion pour exiger que l’ONU déclare le Hamas comme organisation terroriste et exige la libération immédiate des otages. (Le Conseil de sécurité a déjà adopté plusieurs résolutions exigeant la libération des otages.)

A la demande d’Israël, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France avaient demandé la nuit dernière la convocation d’une session d’urgence du Conseil de sécurité pour évoquer le rapport de l’ONU accusant le Hamas de violences sexuelles aggravées le 7 octobre et ensuite, a déclaré vendredi le ministère israélien des Affaires étrangères.

Les membres permanents ont demandé à tenir la discussion en même temps qu’une séance d’information publique de l’auteure du rapport, Pramila Patten, représentante spéciale des Nations unies pour les violences sexuelles lors des conflits, indique le communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Le ministre des Affaires étrangères, Israel Katz, a remercié ces pays d’avoir présenté la demande, ajoutant « s’attendre à ce que d’autres pays se joignent à la demande ».

« C’est une grande victoire pour la justice et la moralité et une étape importante vers le retour des otages », a-t-il déclaré.

« A chaque minute qui passe, les otages continuent d’être maltraités en captivité et le secrétaire général de l’ONU continue de fermer les yeux et de se boucher les oreilles comme si de rien n’était. À l’occasion de la Journée internationale de la femme, plus encore que les autres jours, son silence obstiné est une véritable honte, une tâche qui jamais ne s’effacera », a ajouté Katz.

L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Gilad Erdan, avait demandé aux États-Unis, au Royaume-Uni, à la France, à Malte, à l’Équateur, au Japon, à la Slovénie et à la Suisse de faire cette demande, a déclaré mardi le cabinet de Katz au Times of Israel.

L’ambassadeur de l’ONU Gilad Erdan, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres et le président de Yad Vashem Dani Dayan parcourant l’exposition du « Livre des Noms » des victimes de la Shoah de Yad Vashem, au siège de l’ONU, le 26 janvier 2023. (Crédit : John Minchillo/AP)

Erdan avait également demandé au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, de convoquer le Conseil de sécurité, bien que ce soient généralement les États membres qui le fassent. António Guterres avait invoqué l’article 99, rarement utilisé, pour convoquer le Conseil de sécurité en décembre afin de tirer la sonnette d’alarme sur la situation humanitaire à Gaza.

Le rapport sera également examiné à l’occasion de la réunion annuelle d’avril de l’ONU sur les violences sexuelles lors des conflits.

Le rapport de Patten, qui se fonde sur deux semaines de réunions de terrain, estime qu’il y a des « motifs raisonnables » de croire que les terroristes ont commis des viols et des abus sexuels lors de leur déchaînement meurtrier, le 7 octobre, et qu’il existe un niveau de preuve plus élevé encore indiquant que certains des 253 otages enlevés par le Hamas ce jour-là ont été violés en captivité.

Lors de la présentation du rapport au siège de l’ONU à New York, Patten a déclaré qu’il y avait « des informations claires et convaincantes selon lesquelles des violences sexuelles, y compris des viols, des tortures sexuelles, des traitements cruels, inhumains et dégradants » avaient été commises contre des otages retenus en captivité par le Hamas dans la bande de Gaza.

« La mission a été difficile, en raison de ce que nous avons entendu », a déclaré Patten lors de la conférence de presse. « Nous avons vu les formes les plus extrêmes et les plus inhumaines de torture et d’atrocités », a-t-elle déclaré, notant que sa mission « n’avait pas vocation à mener l’enquête ».

L’équipe a déclaré qu’une « enquête approfondie » serait nécessaire pour établir l’ampleur globale, la portée et la responsabilité des violences sexuelles.

Patten a expliqué que, sur la base des preuves examinées, il y avait des motifs raisonnables de croire que « des viols, parfois collectifs » ont eu lieu lors des attaques du 7 octobre dans au moins trois endroits : le festival de musique Supernova, le kibboutz Reim et la route 232 et ses abords.

Dans la plupart de ces cas, a-t-elle précisé, les preuves montrent que les victimes ont été « d’abord violées puis tuées », évoquant « deux cas » dans lesquels des cadavres de femmes ont été violés.

Patten a expliqué que la rave durant laquelle des centaines de personnes ont trouvé la mort a été le théâtre de « meurtres de grande envergure d’une extrême brutalité », soulignant que de nombreux corps avaient été retrouvés calcinés ou défigurés, sans parler du « schéma récurrent de victimes retrouvées totalement ou partiellement dévêtues, ligotées et abattues ».

Patten a expliqué que « certaines accusations » de violences sexuelles au sein du kibboutz Beeri avaient été jugées infondées, comme l’histoire de cette femme enceinte qui aurait eu le ventre tranché pour en extraire le fœtus, ajoutant que d’autres plaintes n’avaient pas pu être vérifiées.

La représentante spéciale de l’ONU pour la violence sexuelle dans les conflits, Pramila Patten, présentant à la presse les conclusions d’un rapport de l’ONU sur les violences sexuelles commises par le Hamas le 7 octobre, au siège de l’ONU, à New York, le 4 mars 2024. (Crédit : Capture d’écran UNTV/AFP)

Elle a ajouté que des entretiens menés en Cisjordanie avec des détenus palestiniens – hommes et femmes – avaient fait état de traitements « cruels, inhumains et dégradants » de la part des forces de l’ordre israéliennes, et notamment « de violences sexuelles sous la forme de fouilles corporelles [et] de menaces de viol ».

Depuis le massacre du 7 octobre, au cours duquel près de 1 200 personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées, Israël reproche aux organisations internationales de femmes de ne pas accorder de crédit aux preuves de l’instrumentalisation de la violence sexuelle par le Hamas lors de l’attaque.

Après la publication du rapport, Katz a demandé aux diplomates israéliens de mener une campagne de relations publiques pour faire pression sur l’ONU et obtenir qu’elle déclare le Hamas organisation terroriste et convoque le Conseil de sécurité pour débattre de ses conclusions.

Dans un courrier, Katz a demandé aux diplomates de parler du rapport lors d’interviews, sur les réseaux sociaux ou à l’occasion de réunions avec des autorités. Il a exigé que chaque mission rende compte de ses activités en la matière pour le 14 mars.

Katz a ajouté que les diplomates devraient faire passer l’idée que « la faible réponse de l’ONU donne le signal au Hamas que ses actes sont acceptables et n’entraîneront pas de sanctions contre l’organisation terroriste ».

Erdan reproche également à l’ONU d’avoir mis si longtemps à reconnaître ce qui s’est passé dans les communautés proches de Gaza le 7 octobre dernier.

Le ministre des Affaires étrangères avait rappelé Erdan en Israël pour des consultations avant la publication du rapport, accusant l’ONU de tenter d’en noyer les conclusions. Ce n’est pas la première fois, loin s’en faut, que les deux diplomates s’érigent contre l’ONU, qu’ils accusent de minimiser les atrocités du 7 octobre et de rechigner à prendre des mesures sérieuses suite aux accusations israéliennes de collaboration entre l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, l’UNRWA, et le Hamas.

Amy Spiro et Lazar Berman ont contribué à cet article.

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