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La coalition allemande jure de défendre la sécurité d’Israël

L'Union chrétienne démocrate, le parti social-démocrate et le parti des Verts ont aussi promis de combattre l'antisémitisme

Le candidat social démocrate à la chancellerie Olaf Scholz (deuxième à droite)  avec les responsables du parti des Verts Annalena Baerbock (à gauche) et Robert Habeck (deuxième à gauche) ainsi qu'avec le président du parti libéral démocrate  Christian Lindner, à droite, à leur arrivée à une conférence de presse conjointe à Berlin, en Allemagne, le 24 novembre 2021. (Crédit : AP Photo/Markus Schreiber)
Le candidat social démocrate à la chancellerie Olaf Scholz (deuxième à droite) avec les responsables du parti des Verts Annalena Baerbock (à gauche) et Robert Habeck (deuxième à gauche) ainsi qu'avec le président du parti libéral démocrate Christian Lindner, à droite, à leur arrivée à une conférence de presse conjointe à Berlin, en Allemagne, le 24 novembre 2021. (Crédit : AP Photo/Markus Schreiber)

MUNICH (JTA) — Trois partis politiques d’Allemagne ont présenté un accord de coalition qui répète une fois encore l’engagement du pays à garantir la sécurité d’Israël et à combattre l’antisémitisme. Il promet également de promouvoir la vie juive, une promesse sans précédent.

L’accord, qui se consacre avant tout à la question du changement climatique, a été présenté mercredi par les partis de la coalition composée du Parti social-démocrate, des Démocrates libéraux et des Verts, à Berlin.

L’accord de coalition détermine la distribution des postes ministériels et établit les thématiques politiques majeures de l’alliance, abordant un tournant important vers la formation d’un gouvernement après le départ de la chancelière sortante de longue date Angela Merkel.

Politicienne du centre-gauche issue du Parti démocrate chrétien qui aura servi pendant quatre mandats depuis 2005, Merkel devrait être remplacée par Olaf Scholz de la formation sociale démocrate, au centre-gauche également.

L’accord a été salué par le Conseil central des Juifs d’Allemagne dans un communiqué.

« Nous sommes confiants dans les projets du futur gouvernement fédéral. La réussite du combat contre l’extrémisme de droite et l’antisémitisme est d’une importance cruciale pour l’avenir de l’Allemagne », a indiqué le communiqué.

Charlotte Knobloch, ancienne présidente de l’organisation et responsable actuelle de la communauté juive de Munich, s’est montrée plus réservée.

« Je pense que les mots sont les bons, il y a certaines déclarations qui sont positives mais je me formerai une opinion sur le nouveau gouvernement non pas sur la base de ces mots, mais sur les actes. Je suspends donc mon jugement et j’attends le passage à l’acte », a confié Knobloch à JTA.

Cet accord aidera l’Allemagne à devenir « pionnière dans la protection du climat » – la thématique principale de l’accord – et le gouvernement « investira de façon massive de manière à préserver le statut de leader mondial » du pays, a déclaré Scholz, selon le Financial Times.

Le candidat social démocrate à la chancellerie Olaf Scholz (deuxième à gauche) avec les responsables du parti des Verts Annalena Baerbock (deuxième à droite) et Robert Habeck (à droite), ainsi qu’avec le président du parti libéral démocrate Christian Lindner, à gauche, lors d’une conférence de presse conjointe à Berlin, en Allemagne, le 24 novembre 2021. (Crédit : AP Photo/Markus Schreiber)

Les formations ont convenu de mettre un terme à la dépendance au charbon « idéalement » d’ici 2030 (l’ancienne date-butoir était 2038) et de passer à 80 % de la production d’énergie consommée dans le pays à partir des énergies renouvelables d’ici 2030 (l’ancienne cible était de 45 %).

Sur les questions juives, le nouvel accord précise que « nous protégerons les Juifs et leurs institutions avec les états fédéraux. Il est scandaleux et douloureux que ces dernières doivent être gardées en permanence en Allemagne ».

Le gouvernement « renforcera les initiatives faisant la promotion de la vie juive, il fera la promotion de sa diversité, et il combattra toutes les formes d’antisémitisme ».

Le dernier accord de coalition qui avait été signé en 2019 avait mentionné la lutte contre la haine antijuive, sans faire référence à la promotion de la vie juive en elle-même.

Le nouvel accord stipule aussi que « la sécurité d’Israël est une question d’intérêt national » pour l’Allemagne, et il jure « de bloquer les tentatives antisémites de condamner Israël, notamment à l’ONU ».

Il précise que l’Allemagne continuera à défendre la solution à deux États dans le conflit israélo-palestinien et il salue la normalisation des liens entre Israël et les pays arabes.

Les Verts et le futur parti au pouvoir en Allemagne, le Parti social-démocrate (SPD), ont fréquemment critiqué l’État juif dans le passé. L’ancien leader du SPD Sigmar Gabriel avait déclaré en 2012 que la situation dans la ville de Hébron, en Cisjordanie, s’apparentait à un « apartheid », entraînant des condamnations qui avaient amené la formation à s’excuser pour ces propos.

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