La Cour suprême annule la libération sous caution de Malka Leifer
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La Cour suprême annule la libération sous caution de Malka Leifer

La juge estime que le risque de fuite de la prévenue recherchée en Australie est trop élevé et ordonne au tribunal d'accélérer les procédures d'extradition entamées il y a 5 ans

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Un détective privé a photographié Malka Leifer au téléphone à Bnei Brak le 14 décembre 2017. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Un détective privé a photographié Malka Leifer au téléphone à Bnei Brak le 14 décembre 2017. (Crédit : capture d'écran YouTube)

La Cour suprême israélienne a renversé jeudi la décision d’un tribunal de libérer et assigner à résidence une prédatrice sexuelle présumée, Malka Leifer. Elle a ordonné son maintien en détention jusqu’à la fin des poursuites.

La juge Anat Baron a ainsi annulé la mesure prise par le tribunal de Jérusalem, qui avait autorisé la libération et l’assignation à résidence de Malka Leifer en attendant la constitution d’un comité psychiatrique devant déterminer si elle feint le trouble psychiatrique pour échapper à une extradition en Australie, où elle est recherchée pour 74 faits d’abus sexuels sur mineurs.

La magistrate a invoqué la fuite de l’accusée de Melbourne en 2008, avant de pouvoir y être jugée, et estimé que le risque de fuite était de nouveau trop élevé pour qu’elle puisse être assignée à résidence.

La juge a également rejeté l’argument de la défense selon lequel la décision du tribunal de Jérusalem prouvait que Malka Leifer n’était peut-être pas apte mentalement à une extradition et devait être, par conséquent, libérée sous caution.

Les sœurs australiennes Nicole Meyer, (à gauche), et Dassi Erlich (à droite) participent à une manifestation le 13 mars 2019 devant le tribunal de Jérusalem lors de l’audience d’extradition de Malka Leifer, une ancienne directrice d’école de filles recherchée pour abus sexuels en Australie.
(Yonatan Sindel/Flash90)

Anat Baron a indiqué dans son verdict qu’elle ne pouvait pas ignorer la durée des procédures judiciaires entamées par Israël pour faire extrader l’ancienne directrice d’école vers l’Australie.

« Les procédures ont commencé il y a plus de cinq ans, et il est temps que le panel d’experts [psychiatriques] soit nommé sans délai, et qu’à réception de ses conclusions, toutes les parties tentent de parvenir à une décision concernant la demande d’extradition [de l’Australie] dans un délai raisonnable », a-t-elle ainsi écrit.

L’ancienne ministre de la justice, Ayelet Shaked du parti Yamina, a fait savoir qu’il s’agissait de « la bonne décision de la part de la Cour suprême. La procédure d’extradition dure depuis plus de cinq ans, et il est temps qu’elle prenne fin. En tant que ministre de la Justice, j’ai plaidé pour son extradition en cas d’approbation de la Cour ».

Dassi Erlich, l’une des accusatrices de Malka Leifer qui a fait campagne pour le renvoi de celle-ci en Australie, a salué cette décision.

« La Cour suprême a renversé la décision de libération et de placement en résidence surveillée de Malka Leifer ! Leifer reste en prison ! Cela valait la peine de se lever à quatre heures du matin pour voir les infos ! » s’est-elle ainsi réjoui sur Twitter.

La défense et l’accusation avaient toutes les deux fait appel du verdict du tribunal de Jérusalem, la défense réclamant une libération sans restriction et l’accusation, un maintien en détention de la pédophile présumée.

La décision du 2 octobre de placement en résidence surveillée prise par le juge Ram Vinograd avait suscité un tollé en Australie, son ambassadeur en Israël, plusieurs membres du Parlement australien et le procureur général condamnant ma décision et appelant à l’extradition immédiate de l’accusée.

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