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Dernières tractations à la Knesset en vue de sa dissolution

Les efforts de la coalition pour finaliser la législation mercredi et nommer Lapid Premier ministre de transition ont été compromis par des heures d'affrontement avec l'opposition

La salle vide de la Knesset israélienne, à Jérusalem, le 27 juin 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
La salle vide de la Knesset israélienne, à Jérusalem, le 27 juin 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Au milieu d’un « chaos que nous n’avons pas vu ici depuis des années » à la Knesset, la journaliste politique de la Douzième chaîne a annoncé que le vote pour dissoudre la Knesset aura finalement lieu jeudi à 8 heures – « en l’état actuel des choses ».

La coalition avait initialement annonce ne pas être en mesure de dissoudre la Knesset avant la fin de la nuit comme elle l’avait initialement prévu et qu’elle attendra jusqu’à jeudi matin.

Après qu’il est apparu que la coalition ne parviendrait pas à faire adopter le projet de loi de dissolution du Parlement ce soir, les législateurs ont été invités à retourner à la Knesset pour un vote sur la législation à 23h30.

Les députés du Likud avaient été informés qu’ils pouvaient rentrer chez eux pour la nuit et revenir le lendemain matin, selon la Douzième chaîne, avant d’être rappelés, apparemment pour rien.

Les lectures finales du vote visant à disperser la Knesset et à organiser de nouvelles élections ont finalement été reportées à jeudi matin à 9 heures, prolongeant ainsi un processus qui est devenu de plus en plus chaotique depuis que les députés ont approuvé à une écrasante majorité la législation préliminaire la semaine dernière.

Le marchandage politique sur les lois à adopter avant la dissolution de la Knesset a considérablement retardé le processus de préparation du projet de loi de dissolution au sein de la Commission de la Knesset au cours de la journée de mercredi.

Les partis Yisrael Beytenu et Travaillistede la coalition ont insisté pour que la loi visant à accélérer et à rationaliser le développement d’un système de métro pour le centre d’Israël soit adoptée avant la dissolution de la Knesset.

Alors que les querelles internes se prolongeaient en fin de soirée, le député du Likud, Miki Zohar, a soumis un amendement au projet de loi de dissolution du Parlement qui prévoit que le parti d’opposition accepte de soutenir la loi sur le métro en échange de la révocation par la coalition du statut de transfuge de l’ancien député de Yamina, Amichai Chikli.

Chikli a été élu sous l’étiquette de Yamina mais a refusé de rejoindre la coalition en raison de l’inclusion de partis de gauche. Il a finalement été déclaré député « transfuge », ce qui l’empêche de se présenter sur une liste existante lors des prochaines élections.

Si son statut est révoqué, il pourrait se présenter sur la liste du Likud. Toutefois, il n’est pas certain qu’une telle démarche soit légalement autorisée.

Yisrael Beytenu et le parti travailliste auraient approuvé un tel accord, mais Yamina et le parti de Tikva Hadasha du ministre de la justice Gideon Saar s’y sont farouchement opposés, ce qui a finalement conduit à l’échec des efforts visant à adopter le projet de loi de dissolution mercredi soir.

« Avoir recours au chantage dans l’affaire Chikli est un accord corrompu qui va à l’encontre de la loi et de la décision de la commission de la Knesset qui a voté sur cette question », a tweeté Saar.

Il a estimé que cette manœuvre « encouragera à faire défection aux partis dès le lendemain des élections. L’opposition a fait campagne pour [recruter] plus de transfuges, et la coalition lui donne malheureusement maintenant son aval. Tikva Hadasha s’y opposera », a-t-il ajouté.

« Le fait qu’Amichai Chikli soit prêt à sacrifier le métro, qui changera la vie de millions d’Israéliens, pour améliorer sa carrière politique personnelle est le summum du misérabilisme et de l’opportunisme », a déclaré Yamina dans un communiqué. « Chaque Israélien dans un embouteillage inutile saura que c’est à cause d’Amichai Chikli. »

Le président du parti laïc de droite Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a déclaré pour sa part que son parti ne retirera pas ses amendements bloquant l’adoption de la loi de dispersion de la Knesset tant que la loi sur le métro ne sera pas adoptée.

Le ministre des Finances et président du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, lors d’une réunion de sa faction à la Knesset, le 4 octobre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Dès le départ, le parti Yisrael Beyteinu a exigé que la loi sur le métro fasse partie des accords dans le cadre de la dissolution de la Knesset », a tweeté Liberman.

« Nous avons accepté des compromis de grande envergure afin d’assurer l’adoption de la loi. Malheureusement, les autres partis n’étaient pas prêts à faire des compromis sur quoi que ce soit, même au prix de l’abandon de la loi sur le métro. »

Liberman a exhorté le reste de la coalition à rentrer dans le rang et à ne pas faire avancer le projet de loi de dissolution de la Knesset tant que la loi sur le métro est laissée de côté.

Si la Knesset n’est pas dissoute avant jeudi minuit, une législation de longue date appliquant la loi israélienne aux Juifs qui vivent en Cisjordanie expirera, une situation qui aurait des conséquences juridiques potentiellement graves.

Si la Knesset est dissoute avant jeudi minuit, cette loi sera automatiquement renouvelée pour six mois pendant la période du gouvernement provisoire.

Pendant ce temps, la Liste arabe unie, membre l’opposition, composée principalement de partis arabes, a soumis une série d’objections au projet de loi de dissolution visant spécifiquement à retarder davantage le processus, dans l’espoir que la Knesset ne soit dissoute qu’après l’expiration de la loi sur les implantations.

La législation visant à permettre à Israël de rejoindre le programme américain d’exemption de visa semble être morte, en raison du refus de l’opposition de la laisser passer, malgré les appels de l’ambassadeur américain Thomas Nides.

La modeste cérémonie de passation de pouvoir entre Bennett et le nouveau Premier ministre intérimaire Yair Lapid, qui devait avoir lieu jeudi matin, sera reportée à vendredi, à condition que la Knesset soit dissoute avant minuit jeudi.

La dissolution imminente de la Knesset a été convenue entre Lapid et Bennett la semaine dernière après plusieurs rébellions de députés de la coalition, qui ont ébranlé la capacité du gouvernement à adopter des lois et à gouverner efficacement.

Les élections, si elles sont organisées, seront les cinquièmes en Israël en trois ans et demi et coûteront environ 2,4 milliards de shekels.

La coalition souhaite que les élections aient lieu le 1er novembre, tandis que l’opposition préfère le 25 octobre, date à laquelle les étudiants des yeshiva ultra-orthodoxes seront encore en vacances et donc plus susceptibles de voter.

Le projet de loi de dissolution sera soumis au plénum de la Knesset avec le 1er novembre comme date d’élection stipulée, ainsi qu’une objection de l’opposition qui souhaite que le scrutin ait lieu le 25 octobre. La question sera tranchée par un vote en plénière de la Knesset lorsque le projet de loi sera soumis à une lecture finale.

 

 

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