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La Haute cour approuve l’immigration en Israël de milliers d’Éthiopiens

La Haute-cour a levé l'injonction qui empêchait le gouvernement de mener à bien son plan de faire venir dans le pays les Éthiopiens éligibles à la citoyenneté

Des immigrants éthiopiens arrivent en Israël dans le cadre de l'opération Tzur Israël, le 11 mars 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Des immigrants éthiopiens arrivent en Israël dans le cadre de l'opération Tzur Israël, le 11 mars 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La Haute cour de justice a rejeté un appel qui empêchait le gouvernement de faire venir en Israël des Éthiopiens éligibles à la citoyenneté et ce sont donc des milliers de réfugiés éthiopiens qui vont arriver sous peu, a fait savoir mardi la ministre de l’Immigration et de l’Intégration Pnina Tamano-Shata.

Au mois de novembre, le gouvernement avait approuvé un plan qui prévoyait qu’environ 9 000 Éthiopiens dont un parent au premier degré se trouvait déjà au sein de l’État juif seraient autorisés à immigrer dans le pays, conformément aux dispositions de la Loi du retour. Cette initiative avait été toutefois bloquée par le Centre politique israélien de l’immigration, un groupe de droite, qui avait déposé un appel devant la Haute-cour de Justice affirmant que les Éthiopiens concernés n’étaient pas Juifs ou descendants directs de Juifs eux-mêmes.

Par injonction, il avait été impossible au gouvernement de mener à bien son plan tant que la Haute-cour avait examiné le dossier.

Mardi, le tribunal a rejeté la plaine du Centre politique israélien de l’Immigration et levé son injonction.

« Ces immigrants ont attendu sans qu’il n’y ait de raison justifiant cette attente et ils sont restés séparés de leurs familles, de leurs parents, de leurs enfants. La guerre en Éthiopie et la crise du coronavirus ont empiré la situation et il est largement temps qu’ils puissent enfin venir chez eux, en Israël », a dit Tamano-Shata dans un communiqué.

« Les immigrants éthiopiens atterriront bientôt aux côtés des réfugiés d’Ukraine », a-t-elle ajouté.

Elle a poursuivi en affirmant que « tous les Israéliens sont frères. Comme j’en ai fait la promesse, je serai la ministre de toutes et de tous. Je me battrai pour faire venir les Juifs d’Ukraine et pour favoriser l’immigration depuis l’Éthiopie et depuis toute la Diaspora, pour tous ceux qui souhaitent immigrer en Israël ».

Sur cette photo de l’Agence juive, la ministre de l’Immigration Pnina Tamano-Shata (à gauche) et le président de l’Agence juive de l’époque Isaac Herzog (au centre) accueillent 119 nouveaux immigrants d’Éthiopie à l’aéroport Ben Gourion, le 21 mai 2020. (Shlomi Amsalem)

Vingt-quatre heures plus tôt, Tamano-Shata avait a accusé les autres ministres « d’hypocrisie » en évoquant leurs efforts livrés en faveur de l’immigration des réfugiés ukrainiens éligibles à la citoyenneté – des efforts qui, selon elles, sont beaucoup plus importants que ceux livrés pour faire venir les Éthiopiens qui, eux aussi, fuient un pays déchiré par la guerre.

« C’est là toute l’hypocrisie des Blancs. Nous devons aussi faire en sorte de faire progresser l’immigration juive en provenance d’Éthiopie, des Juifs qui, eux aussi, veulent échapper à la guerre », a-t-elle affirmé.

En réponse, le ministre de la Diaspora, Nachman Shai, a lancé sur le ton de la plaisanterie : « Mais nous sommes d’origine européenne ».

Une réponse qui a visiblement irrité Tamano-Shata, qui a rétorqué : « Retire ce que tu viens de dire, ce n’est pas drôle. »

Liberman serait alors intervenu pour défendre Shai, expliquant que ses paroles n’étaient « qu’une plaisanterie ».

De son côté, Orna Barbivai, ministre de l’Économie, n’a pas apprécié les propos de Tamano-Shata, lui demandant : « Mais comment peux-tu dire une chose pareille ? Comment est-ce que tu réagirais toi-même si quelqu’un disait que toutes les personnes de couleur sont des hypocrites ? »

La ministre de l’Immigration et de l’Absorption Pnina Tamano-Shata Pnina Tamano-Shata à la Knesset, à Jérusalem, le 15 novembre 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Tamano-Shata, qui est elle-même une immigrante originaire d’Éthiopie, avait critiqué avec force ce retard accumulé dans l’immigration des Juifs éthiopiens, disant que les membres de la communauté Falash Mura faisaient face à un péril croissant « chaque jour qui passe ».

La communauté Falash Mura regroupe des Juifs éthiopiens dont les ancêtres s’étaient convertis au christianisme, souvent sous la contrainte, il y a de nombreuses générations. Environ 30 000 membres de la communauté ont immigré au sein de l’État juif depuis 1997, selon le bureau du Premier ministre.

La décision prise mardi par la Haute-cour survient alors que les responsables et les membres de la communauté juive israélienne originaire d’Éthiopie demandent avec force de faire rapidement venir en Israël les Éthiopiens qui désirent émigrer du pays africain en proie à la guerre civile.

Il y aurait entre 7 000 et 12 000 membres de la communauté Falash Mura qui attendraient encore de pouvoir venir au sein de l’État juif. Une grande partie d’entre eux vivent dans la région du Tigré, qui se trouve au cœur de la guerre civile en cours.

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