La série « Umbrella Academy » de Netflix à nouveau accusée d’antisémitisme
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La série « Umbrella Academy » de Netflix à nouveau accusée d’antisémitisme

La deuxième saison de la série à succès continue de montrer le chef de la société clandestine des lézards, qui contrôle secrètement le monde, parlant parfois le yiddish

Capture d'écran de la vidéo de "The Handler", interprétée par Kate Walsh, dans la série Netflix "The Umbrella Academy". (YouTube)
Capture d'écran de la vidéo de "The Handler", interprétée par Kate Walsh, dans la série Netflix "The Umbrella Academy". (YouTube)

La série de super-héros de Netflix « The Umbrella Academy » est de nouveau critiquée par les observateurs qui affirment qu’elle promeut des stéréotypes antisémites.

Le programme, basé sur une série de bandes dessinées du même nom, comprend une société clandestine de lézards qui contrôlent secrètement le monde et montre leur maître parler yiddish dans certaines scènes.

Lorsque le personnage « The Handler », joué par Kate Walsh, a été présenté lors de la première saison l’année dernière s’exprimant avec la langue des Juifs ashkénazes européens au cours des 1 000 dernières années, il a suscité des plaintes, car il suggérait la fausse affirmation antisémite selon laquelle une cabale juive façonne et contrôle les événements mondiaux.

Au début de la deuxième saison, des internautes ont critiqué l’émission car elle continuait à représenter « The Handler » parlant yiddish.

En 2019, lors de la diffusion de la première saison, le Board of Deputies of British Jews avait publié une lettre ouverte critiquant la série.

« L’utilisation d’un dicton yiddish par le patron maléfique d’une organisation qui contrôle le calendrier mondial est clairement un trope antisémite », a déclaré la vice-présidente du groupe, Amanda Bowman, au Sun, un tabloïd britannique, après la publication de la lettre ouverte. « Que ce soit intentionnel ou non, cela rend le visionnage très inconfortable. Netflix devrait prendre des mesures pour éliminer le racisme de cette scène. »

« The Umbrella Academy » est l’adaptation par le géant de la diffusion en continu de la série de bandes dessinées du même nom, qui raconte l’histoire d’une famille de frères et sœurs séparés, dotés de super-pouvoirs, qui se réunissent pour sauver le monde de l’apocalypse imminente. Les frères et sœurs sont confrontés à La Commission, une organisation maléfique qui contrôle le calendrier mondial et élimine ceux qui menacent leur contrôle.

La romancière juive Katherine Locke a déclaré au Sun en 2019 qu’elle pensait également que la série, qui a pour co-vedette Ellen Page, faisait la promotion de la « théorie du complot antisémite selon laquelle il y aurait une cabale secrète de Juifs contrôlant ou manipulant le monde ».

« Cette scène s’inscrit parfaitement dans ce contexte. Et je pense que l’important ici est que certaines personnes vont effacer cette scène. Beaucoup de gens ne l’ont même pas vue… Mais il y a deux groupes de personnes qui la verront, et qui, je crois, sont destinées à la voir : les spectateurs juifs et les antisémites. C’était comme un avertissement et un signal d’alarme en même temps », a-t-elle déclaré.

Dans le dernier épisode de la première saison, la responsable de La Commission dit plusieurs répliques en yiddish à ses troupes pour que ses prisonniers ne les comprennent pas. Selon le Sun, alors qu’elle réprimande ses troupes pour avoir échoué dans leur mission, elle passe au yiddish pour les exhorter à tuer les frères et sœurs, en disant : « Les œufs pensent qu’ils sont plus intelligents que les poules. »

Le reportage du Sun a également noté que la série originale de bandes dessinées de Gerard Way et Gabriel Ba ne comportait pas de personnage parlant le yiddish.

La théorie moderne du complot impliquant des lézards qui contrôlent le monde est souvent associée à l’écrivain britannique David Icke, qui s’inspire du tract antisémite « Les Protocoles des Sages de Sion ».

La première de « The Umbrella Academy » sur Netflix a eu des retours largement positifs de la part des critiques et des téléspectateurs.

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