Rechercher

L’antisémitisme amplifié par la pandémie de COVID – Rapport UE

"Les lacunes au niveau des données continuent de masquer la réalité", déplore l'Agence européenne des droits fondamentaux, peu de membres de l'UE recensant "avec efficacité" les incidents antisémites

Illustration : Un manifestant tient une étoile jaune sur laquelle on peut lire "Pas de vaccin = Juif" alors que des manifestants prennent part à une manifestation à Milan, le 24 juillet 2021, contre l'introduction d'un "laissez-passer vert" obligatoire pour les restaurants intérieurs et les lieux de divertissement, dans le but de limiter la propagation du coronavirus. (Crédit : MIGUEL MEDINA / AFP)
Illustration : Un manifestant tient une étoile jaune sur laquelle on peut lire "Pas de vaccin = Juif" alors que des manifestants prennent part à une manifestation à Milan, le 24 juillet 2021, contre l'introduction d'un "laissez-passer vert" obligatoire pour les restaurants intérieurs et les lieux de divertissement, dans le but de limiter la propagation du coronavirus. (Crédit : MIGUEL MEDINA / AFP)

La pandémie de COVID-19 a « ravivé » les discours antisémites et donné lieu à « de nouveaux mythes et théories du complot blâmant les Juifs » pour la crise sanitaire actuelle, explique un rapport européen paru mardi.

« L’antisémitisme, en particulier sur Internet, s’est accentué pendant la pandémie », écrit l’Agence européenne des droits fondamentaux (FRA), dont le siège est à Vienne, qui s’appuie sur les statistiques officielles et les éléments réunis par les organisations civiles.

En Allemagne, le réseau d’associations RIAS a ainsi relevé que, dans les premiers mois de la pandémie, 44 % des incidents antisémites enregistrés étaient « associés au coronavirus ».

De même, en République tchèque, la Fédération des communautés juives a constaté « une hausse de la circulation des manifestations de haine en ligne », nourries par la sphère complotiste, remontée contre les vaccins et les restrictions.

De manière plus générale, « les lacunes au niveau des données continuent de masquer la réalité », déplore par ailleurs la FRA, peu de membres de l’UE recensant « avec efficacité » les incidents antisémites.

Et certains, comme la Hongrie et le Portugal, ne disposent d’aucun chiffre officiel.

Il est impossible de procéder à des « comparaisons pertinentes », selon le rapport. Par exemple, l’Espagne n’a comptabilisé que trois incidents l’an dernier, contre 339 pour la France, tandis que l’Allemagne en enregistre
2 351, « au plus haut sur la période 2010-2020 ».

Dans de nombreux pays, « l’écrasante majorité des incidents ne sont pas signalés, que ce soit à la police ou à une autre institution », souligne le document.

« L’antisémitisme est un problème grave, mais, sans données, nous ne savons pas à quel point il est grave », commente le directeur de l’agence, cité dans un communiqué, appelant les pays européens à « intensifier leurs efforts » en vue d’une meilleure collecte.

« Nous serons ainsi capables de mieux lutter contre la haine et les préjugés », insiste-t-il.

Bruxelles a présenté en octobre sa première stratégie de lutte contre l’antisémitisme, afin de combattre la haine en ligne, renforcer la protection des synagogues et promouvoir la transmission de l’histoire de la Shoah.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...