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Lapid félicite la nouvelle Première ministre italienne Meloni

Le Premier ministre a semblé changer d'attitude à l'égard de la dirigeante d'extrême droite, et souhaiterait coopérer pour lutter contre l’antisémitisme

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni et le Premier ministre Yair Lapid. (Crédit : AP)
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni et le Premier ministre Yair Lapid. (Crédit : AP)

Le Premier ministre Yair Lapid a félicité Giorgia Meloni samedi, quelques heures après sa prestation de serment en tant que première Première ministre d’extrême droite en Italie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

« Je félicite Giorgia Meloni pour la formation d’un nouveau gouvernement en Italie. Je suis impatient de travailler conjointement pour renforcer les liens entre Rome et Jérusalem ainsi que sur la scène internationale, y compris dans les organisations internationales et dans la lutte contre l’antisémitisme en Europe et au Moyen-Orient », a tweeté Lapid en hébreu et en italien.

« J’ai également félicité le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani, un ami fidèle et de longue date de l’État d’Israël, pour sa prise de fonction », a-t-il ajouté.

La déclaration semble être un changement de cap, après qu’une précédente déclaration israélienne sur la victoire électorale de Meloni a évité de la mentionner, elle ou son parti post-fasciste Fratelli d’Italia, qui a remporté le plus de voix lors de l’élection.

Cette déclaration, publiée par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, une semaine après le vote du 25 septembre, était la suivante : « Israël félicite le peuple italien pour la fin de sa campagne électorale et se réjouit de la poursuite de la coopération et de l’amitié avec le gouvernement qui sera mise en place et avec le peuple italien ; en particulier dans les domaines de l’économie, de l’énergie, de l’eau, de l’innovation et de la cybernétique, ainsi que dans la lutte commune contre l’antisémitisme et la préservation de la mémoire de la Shoah ».

Israël a déjà cherché par le passé à boycotter les partis européens d’extrême droite qui sont arrivés au pouvoir, comme il l’a fait avec le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ), fondé par d’anciens nazis. Mais il ne semble pas prêt à faire de même dans ce cas.

Le leader de Forza Italia, Silvio Berlusconi, au centre, marchant avec la leadeuse du parti post-fasciste Fratelli d’Italia, Giorgia Meloni, à gauche, et le leader de la Ligue, Matteo Salvini, pour rencontrer des journalistes au palais présidentiel du Quirinal après des entretiens avec le président italien Sergio Mattarella, à Rome, le 12 avril 2018. (Crédit : AP Photo/Gregorio Borgia/Dossier)

Fratelli d’Italia, que Meloni a fondé en 2012, est un descendant politique du Mouvement social italien (MSI), formé par des partisans du dictateur fasciste Benito Mussolini après la Seconde Guerre mondiale. Sa popularité a grimpé en flèche. Il n’était qu’à 4 % il y a quatre ans. Le parti utilise un symbole représentant une flamme tricolore, emblème du MSI.

Ces derniers mois, Meloni a exprimé à plusieurs reprises son soutien à Israël et a cherché à minimiser les racines néo-fascistes de son parti.

« Il y a plusieurs décennies que la droite italienne a relégué le fascisme à l’Histoire, en condamnant sans ambiguïté la privation de démocratie, les infâmes lois anti-juives et la tragédie de la Seconde Guerre mondiale », a-t-elle déclaré dans une interview accordée au journal Israel Hayom.

Elle répondait à une question sur les accusations selon lesquelles son parti serait néo-fasciste, et a souligné que si cette affirmation était « une affabulation ridicule d’une gauche désespérée », elle ne voulait cependant pas « esquiver la question », sachant combien elle peut être délicate pour les lecteurs [israéliens] ».

Meloni a également évoqué ses précédentes visites en Israël, notamment au Mémorial de Yad Vashem, qu’elle a décrit comme une « prise de conscience ». Elle a déclaré à Israel Hayom qu’elle prévoyait de retourner en Israël prochainement, espérant se concentrer sur des collaborations et des stratégies communes, à commencer par celles concernant l’approvisionnement en gaz naturel par la Méditerranée orientale.

Cependant, elle a semblé rompre avec d’autres dirigeants de droite, tel que son probable partenaire de coalition Matteo Salvini, en indiquant qu’elle ne déplacerait probablement pas l’ambassade d’Italie de Tel Aviv à Jérusalem.

Meloni avait précédemment fait l’éloge de l’Iran, du groupe terroriste libanais du Hezbollah et d’autres alliés du président syrien Bashar el-Assad. Elle a également critiqué Israël pour un « énième massacre d’enfants à Gaza » en 2014.

S’adressant aux journalistes en décembre 2018, Meloni avait déclaré que sans le Hezbollah et le reste du front pro-Assad – qui comprend l’Iran et la Russie – les chrétiens de Syrie ne pourraient plus exposer de crèches pendant les fêtes de Noël.

Assad s’est fait le fervent défenseur des chrétiens et des autres minorités religieuses contre les rebelles majoritairement sunnites qui luttent pour le renverser depuis le début de la guerre civile syrienne en 2011. Dans les rangs des rebelles se trouvent des groupes djihadistes tels que l’État islamique et une faction liée à Al-Qaïda.

Le président italien Sergio Mattarella aux cotés de la nouvelle Première ministre italienne Giorgia Meloni lors de la cérémonie de prestation de serment au palais présidentiel du Quirinal à Rome, le 22 octobre 2022. (Crédit : AP Photo/Alessandra Tarantino)

Dans un tweet datant de 2014, Meloni a décrié « un énième massacre d’enfants à Gaza » au milieu de la guerre entre Israël et les terroristes palestiniens dans l’enclave dirigée par le groupe terroriste palestinien du Hamas. Le message publié sur Twitter semblait être une réponse aux frappes meurtrières sur un hôpital et un terrain de jeu dans un camp de réfugiés de la ville de Gaza qu’Israël avait attribués à des roquettes mal tirées par le Jihad islamique palestinien.

Ces anciens commentaires sont aux antipodes des vœux de soutien à Israël prononcés par Meloni et de ses efforts pour éloigner Fratelli d’Italia de ses racines fascistes.

Meloni a présenté son cabinet vendredi soir. Ses alliés de coalition comprennent la Ligue de Salvini, parti de droite, et le parti conservateur Forza Italia, dirigé par l’ancien Premier ministre, Silvio Berlusconi.

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