Le Cabinet approuve une nouvelle implantation pour remplacer Amona
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Le Cabinet approuve une nouvelle implantation pour remplacer Amona

Cette décision a été prise à l'unanimité jeudi soir à la demande du Premier ministre ; Ashrawi condamne le "gouvernement de coalition extrémiste et raciste"

Un Israélien vivant à Shilo. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)
Un Israélien vivant à Shilo. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Le cabinet israélien a donné son feu vert jeudi soir à la construction d’une première implantation impulsée par un gouvernement depuis près de 25 ans, malgré la réprobation internationale et l’appel de l’administration Trump à réfréner l’activité d’implantation, a indiqué un communiqué.

Cette décision a été prise à l’unanimité au sein du cabinet de sécurité à la demande du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui avait confirmé plus tôt jeudi son intention de créer une implantation pour reloger les habitants juifs d’Amona, un avant-poste illégal démoli en février sur décision de la justice israélienne.

« J’avais promis de créer une nouvelle implantation et nous allons respecter cet engagement et la créer aujourd’hui », avait affirmé M. Netanyahu à l’occasion d’une rencontre avec le président slovaque Andrej Kiska.

Cette nouvelle implantation sera construite dans le secteur de Shilo, une implantation située près de l’ancien site d’Amona au nord de Ramallah, a précisé un communiqué du bureau du Premier ministre.

Cette nouvelle implantation sera la première impulsée par un gouvernement israélien depuis 1992, selon l’organisation israélienne la Paix maintenant.

En outre, le Premier ministre Netanyahu a annoncé que quelque 2 000 nouveaux logements neufs ont été récemment approuvés en Cisjordanie sur les 5 700 maisons qu’il avait annoncées il y a deux mois, après l’évacuation d’Amona.

La membre du Comité exécutif de l’OLP, Hanan Ashrawi, a condamné ces annonces et a déclaré :

Hanan Ashrawi, membre du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine, pendant une conférence de presse à Ramallah, en Cisjordanie, le 24 février 2015. (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Hanan Ashrawi, membre du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine, pendant une conférence de presse à Ramallah, en Cisjordanie, le 24 février 2015. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

« Il est ironique que, le même jour [Journée de la Terre – Le 30 mars 1976, après l’annonce de la saisie de centaines d’hectares de terres par le gouvernement israélien en Galilée, des manifestations et une grève générale avaient été organisées. La police israélienne avait répondu par des tirs qui avaient fait six morts. La saisie des terres avait ensuite été annulée] – où les Palestiniens commémorent sombrement le meurtre de six Palestiniens et plus de 100 autres personnes blessées qui ont protesté contre la décision d’Israël de voler plus de 2 000 hectares en Galilée en 1976, Israël annonce la création d’une nouvelle colonie illégale.

Quarante et un ans plus tard, les politiques d’Israël restent inchangées alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son gouvernement de coalition extrémiste et raciste continuent de persister avec leurs politiques de colonialisme coloniaux, d’apartheid et de nettoyage ethnique systématiques, faisant preuve d’un mépris total et flagrant à l’égard des droits de l’homme des Palestiniens, de l’indépendance et de la dignité. L’annonce d’aujourd’hui prouve encore une fois qu’Israël est plus engagé à apaiser sa population de colons illégaux qu’à respecter les exigences de stabilité et de paix juste.

Les efforts implacables d’Israël pour étendre son entreprise de colonies illégales dans le but de déplacer la Palestine et de la remplacer par un ‘Grand Israël’ devraient envoyer un message fort aux gouvernements du monde entier afin qu’ils interviennent immédiatement et prennent des mesures concrètes pour qu’Israël soit responsable avec de sérieuses mesures punitives.

Nous demandons également au Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, d’assurer le respect des résolutions du Conseil de sécurité, y compris la résolution 2334 du Conseil de sécurité, et de veiller à ce qu’Israël les respecte.

Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, s'adresse aux délégués de l'Assemblée générale, à New York, le 12 décembre 2016. (Crédit : Eduardo Munoz Alvarez/AFP)
Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, s’adresse aux délégués de l’Assemblée générale, à New York, le 12 décembre 2016. (Crédit : Eduardo Munoz Alvarez/AFP)

Il est temps que tous les membres de la communauté internationale servent la cause de la paix et de la justice et fassent en sorte qu’Israël cesse et abandonne une fois pour toutes ses activités de colonisation illégales et son unilatéralisme illégal. »

La construction par Israël d’habitations civiles sur des territoires disputés est illégale au regard du droit international. Elle est considérée par une grande partie de la communauté internationale comme faisant obstacle à la paix.

Dans la foulée de l’investiture de Donald Trump, plus favorable aux positions israéliennes que son prédécesseur Barack Obama, Israël a procédé à cinq annonces d’extension d’implantations portant sur plus de 6 000 logements en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

La Maison Blanche, qui cherche les moyens de relancer l’effort de paix moribond entre Israéliens et Palestiniens, a fini par appeler Israël à la retenue lors d’une conférence de presse conjointe entre Netanyahu et Trump, le 15 février dernier.

Le gouvernement israélien cherche à créer les conditions pour continuer à construire dans les Territoires palestiniens sans braquer l’administration américaine.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
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