Le fils de Netanyahu attaque Rivlin et son rejet de la rhétorique anti-arabe
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Le fils de Netanyahu attaque Rivlin et son rejet de la rhétorique anti-arabe

Benny Gantz appelle le Premier ministre à recadrer son fils Yaïr et dénonce une "incitation" contre le président

Yair Netanyahu, fils du Premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Cour des magistrats de Tel Aviv, le 5 juin 2018. (Flash90)
Yair Netanyahu, fils du Premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Cour des magistrats de Tel Aviv, le 5 juin 2018. (Flash90)

Lundi, le fils de Benjamin Netanyahu s’en est pris au président Reuven Rivlin sur Twitter, après les critiques de ce dernier à l’égard du Premier ministre et ses récentes déclarations sur les Arabes israéliens.

Le principal rival de Netanyahu aux prochaines élections du 9 avril du parti centriste Kakhol lavan s’en est mêlé en publiant un communiqué appelant le chef du gouvernement à « contrôler » son fils et accusant la famille à l’incitation contre le président israélien.

Lors d’un discours prononcé à une conférence lundi à Jérusalem, Reuven Rivlin a condamné les « remarques parfaitement inacceptables au sujet des citoyens arabes d’Israël » de certains responsables politiques. Il n’a mentionné aucun nom, mais il faisait très probablement référence aux partis de droite, y compris au Likud de Netanyahu, qui ne cessent d’accuser leurs rivaux de centre-gauche de prévoir de compter sur les partis arabes dans leur futur gouvernement de coalition.

« Ceux qui croient que l’État d’Israël doit être juif et démocratique dans le plein sens du terme doivent se rappeler que l’État d’Israël est totalement égalitaire en droits pour tous ses citoyens », a-t-il ainsi déclaré. « Il n’y a pas et il n’y aura pas de citoyens de première zone et il n’y a pas d’électeurs de seconde zone »

Le Président Reuven Rivlin prenant la parole lors d’une conférence à l’Université hébraïque de Jérusalem, 11 mars 2019. (Kobi Gideon/GPO)

Yair Netanyahu a réagi en se servant d’une phrase prononcée par le président en 2015 qui avait suscité la colère à droite en raison de son ambiguïté.

Réagissant à un cas de terrorisme juif, dans lequel plusieurs membres d’une famille palestinienne avait péri après le jet d’une bombe incendiaire sur leur maison, Reuven Rivlin avait déclaré à l’époque : « Parmi mon peuple, il y a ceux qui ont choisi la voie du terrorisme et ont perdu leur humanité. »

Mais en hébreu, cette phrase pouvait être comprise comme une affirmation concernant tous les Israéliens, plutôt qu’une déclaration spécifique concernant les assaillants. Ces commentaires avaient déclenché l’indignation, même si le chef de l’État avait plusieurs fois clarifié par la suite qu’il ne faisait référence qu’à eux.

Dans son tweet, Yair Netanyahu a fait savoir au président israélien : « Pourquoi vous étonnez-vous [de la rhétorique anti-arabe] ? C’est parce que des membres de votre peuple ont choisi la voie du terrorisme.”

Le général à la retraite de l’armée israélienne Benny Gantz, l’un des dirigeants de l’alliance politique Kakhol lavan, s’adresse aux membres de la communauté druze d’Israël dans la ville de Daliyat al-Karmel dans le nord d’Israël, le 7 mars 2019. (JACK GUEZ / AFP)

Benny Gantz et Yair Lapid de Kakhol lavan ont par la suite publié un communiqué visant le Premier ministre et son fils.

« Tout au long de la campagne électorale, nous avons veillé à faire preuve de respect à l’égard de la famille Netanyahu, mais aujourd’hui nous interpellons M. Benjamin Netanyahu : contrôlez la langue et le clavier de votre fils Yair, » a sermonné le parti de Benny Gantz.

« Cette incitation à l’encontre de notre Président franchit toutes les limites possibles. Israël vient avant tout, pas la famille Netanyahu. »

Les précédents propos du président au sujet de la rhétorique anti-arabe survenaient après des jours de débat public sur la légitimité du discours du Likud concernant la population arabe. Le parti suscite la controverse en résumant les élections à un choix entre Netanyahu et une coalition de centre-gauche qui ferait appel aux partis arabes.

La mannequin et actrice Rotem Sela a fait les gros titre ces derniers jours après avoir fustigé la ministre de la Culture Miri Regev (Likud) pour son affirmation selon laquelle Benny Gantz et Yair Lapid veulent former un gouvernement avec le soutien des partis arabes.

« Quel est le problème avec les Arabes ??? », a déclaré Rotem Sela, également mannequin et actrice sur Instagram. « Bon sang, il y a aussi des citoyens arabes dans ce pays. Quand donc quelqu’un dans ce gouvernement passera le message au public qu’Israël est l’État de tous ses citoyens et que tous les gens ont été créés égaux, et que même les Arabes, les Druzes, les LGBT et – grand choc – les gauchistes sont humains », a-t-elle déclaré.

Étonnamment, Netanyahu lui avait répondu sur les réseaux sociaux : « Chère Rotem, une correction importante : Israël n’est pas un État de tous ses citoyens. […] Israël est l’État-nation du peuple juif – et personne d’autre ».

Raphael Ahren a contribué à cet article.

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