Le Labour britannique réfléchirait à un embargo sur les ventes d’armes à Israël
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Le Labour britannique réfléchirait à un embargo sur les ventes d’armes à Israël

A Ramallah, Emily Thornberry a ignoré le discours antisémite d'Abbas et a critiqué le "mépris flagrant pour les intérêts de la paix" de Netanyahu

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Emily Thornberry pendant la conférence du Labour en 2016. (Crédit : Rwendland/CC BY-SA 4.0/Wikipedia)
Emily Thornberry pendant la conférence du Labour en 2016. (Crédit : Rwendland/CC BY-SA 4.0/Wikipedia)

L’éventuelle future plus haute diplomate britannique issue du parti travailliste a appelé cette semaine à réexaminer les ventes d’armes de son pays à Israël pour garantir que Jérusalem n’utiliserait pas d’armes fabriquées au Royaume-Uni pour « attaquer des civils palestiniens innocents ».

La secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères du cabinet fantôme du Labour Emily Thornberry, qui s’est rendue au sommet du Conseil national palestinien à Ramallah cette semaine, a également répété sa promesse que le prochain gouvernement travailliste reconnaîtrait « sans délai » un Etat palestinien.

Dans une publication sur Facebook, Thornberry a promis aux dirigeants palestiniens le soutien de son parti et a cité « trois garanties solennelles » de démarches qu’entreprendrait un nouveau gouvernement travailliste « aussitôt » son arrivée aux fonctions.

« En premier lieu, comme nous marquons à juste titre le 70ème anniversaire de la fondation de l’Etat d’Israël ce mois-ci, je dis qu’il est également juste – et attendu depuis longtemps – que le Royaume-Uni reconnaisse l’Etat de Palestine et qu’il recommande vivement aux autres pays de faire de même, pas lorsqu’il faudra le faire, pas quand le moment sera le bon, mais maintenant et sans délai », a-t-elle écrit.

En second lieu, elle a promis que son parti organiserait « une conférence internationale de financement pour répondre aux besoins humanitaires des Palestiniens » et des réfugiés palestiniens du Moyen-Orient. Cela a été rendu nécessaire par le retrait des fonds que l’administration américaine a décidé de retenir auprès de l’agence des Nations unies en charge des réfugiés palestiniens.

« Et troisièmement, je dis qu’un gouvernement travailliste au Royaume-Uni réexaminerait immédiatement la vente d’armes par le pays à Israël pour garantir qu’aucune de ces armes n’est utilisée par le gouvernement de Netanyahu pour attaquer des civils palestiniens innocents à Gaza ou ailleurs », a continué Thornberry.

Dans sa longue déclaration postée sur Facebook le 1er mai, elle n’a pas mentionné le discours controversé du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas prononcé la veille, au cours duquel il a clamé que la Shoah n’avait pas résulté de l’antisémitisme mais du comportement social des Juifs européens, notamment des activités d’usuriers.

Le discours d’Abbas, dont une photo a été publiée à côté de sa publication, a été largement critiqué pour son contenu antisémite, notamment par les Nations unies, les Etats-Unis, l’Union européenne, le gouvernement allemand et le musée Yad Vashem de Jérusalem, ainsi que par un grand nombre de politiciens et d’historiens de tout le monde occidental.

Dans son post, Thornberry a âprement critiqué le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump, disant que leur politique « a montré un mépris flagrant des intérêts de la paix au Moyen-Orient et des chances de progresser vers une solution à deux Etats ».

Les actes répréhensibles présumés attribués à Israël comprennent l’expansion des implantations en Cisjordanie, « le blocus paralysant contre Gaza, la suppression brutale et meurtrière des manifestations sur la frontière avec Gaza, et la détention et les mauvais traitements hors-la-loi infligés aux enfants palestiniens », selon la secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères du cabinet fantôme.

Elle a critiqué l’administration américaine pour sa « décision négligente et irresponsable de relocaliser l’ambassade à Jérusalem et les coupes cruelles dans le financement aux agences de l’ONU qui fournissent des soins de santé, une éducation et des secours humanitaires aux réfugiés palestiniens ».

Tandis que Thornberry a détecté une « colère considérable » à Ramallah qu’elle a, selon elle, partagé, elle a également eu le sentiment que plutôt que de succomber à l’épuisement et au désespoir, ses hôtes palestiniens étaient prêts « plus clairement que jamais » à répéter leur engagement en faveur d’une solution à deux Etats menant à un Etat palestinien « vivant aux côtés d’un Israël en sûreté, les deux pays reconnaissant le droit à l’existence de l’autre, et celui de vivre en paix ».

Emily Thornberry (à droite) avec l’ancienne juge de la Cour suprême, Dalia Dorner, à Jérusalem, le 9 novembre 2017 (Crédit : autorisation de Labor Friends of Israel)

Au mois de novembre dernier, Thornberry, venue en Israël à plusieurs occasions dans les années 1970 et au début des années 1980, avait dit au Times of Israel dans un entretien qu’elle adorait « la démocratie libérale » qu’était l’Etat juif mais elle avait ajouté que « l’occupation continue des Palestiniens » devait être gérée.

« Nous sommes très critiques envers le gouvernement israélien… Beaucoup d’Israéliens sont également très critiques de leur gouvernement », avait dit Thornberry à l’époque. « Nous pouvons nous dire réciproquement la vérité. Nous pensons que le gouvernement israélien s’est égaré ».

Des membres de la communauté juive manifestent contre le chef du parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, et contre l’antisémitisme au sein du parti travailliste, devant le Parlement britannique dans le centre de Londres, le 26 mars 2018 (AFP PHOTO / Tolga AKMEN)

Son patron, le chef du Labour et candidat au poste de Premier ministre Jeremy Corbyn, est connu pour ses critiques féroces d’Israël et s’est retrouvé mêlé à un scandale massif sur sa réponse à l’antisémitisme au sein de son parti, qui serait trop faible.

Le mois dernier, Corbyn a expliqué qu’il prévoyait de venir en Israël et de rencontrer Netanyahu. Le bureau de ce dernier a refusé de dire si ce dernier serait prêt à accueillir Corbyn.

Quelques jours plus tard, le parti travailliste en Israël a fait savoir qu’il rompait les liens avec Corbyn, citant son « hostilité » envers la communauté juive et Israël « et les déclarations et actions antisémites » qu’il a autorisées pour prendre la place de leader de sa formation.

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