Le monde du judo doit respecter son éthique et arrêter la discrimination anti-Israël des Emirats Arabes Unis
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Opinion

Le monde du judo doit respecter son éthique et arrêter la discrimination anti-Israël des Emirats Arabes Unis

L’Emirat a piétiné tous les principes qui gouvernent le sport en empêchant l’équipe israélienne de participer à la compétition sous son propre nom et et ses symboles

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

Le judoka médaillé d'or Tal Flicker chante l'hymne national israélien malgré le refus des responsables locaux de le jouer lors d'un tournoi de Grand chelem à Abu Dhabi, où les autorités ont interdit tous les symboles israéliens, le 26 octobre 2017 (Capture d'écran :YouTube )
Le judoka médaillé d'or Tal Flicker chante l'hymne national israélien malgré le refus des responsables locaux de le jouer lors d'un tournoi de Grand chelem à Abu Dhabi, où les autorités ont interdit tous les symboles israéliens, le 26 octobre 2017 (Capture d'écran :YouTube )

L’Israélien Tal Flicker est actuellement numéro 1 mondial dans la catégorie – 66kg, une véritable star qui a remporté plusieurs compétitions internationales cette année.

Jeudi, Flicker, âgé de 25 ans, a ajouté une médaille d’or à sa collection en dominant Nijat Shikhalizada de l’Azerbaïdjan au Grand Slam d’Abu Dhabi. Logiquement, il est monté sur la plus haute marche du podium, acceptant avec plaisir sa médaille d’or, et s’est tenu droit pour écouter l’hymne national d’Israël, l’Hatikva.

Sauf que comme Flicker savait que cela serait le cas, les organisateurs du tournoi international aux Emitates Arabes Unis ont refusé de jouer l’Hatikva. Au lieu de cela, Flicker et le reste des spectateurs ont entendu l’hymne de la Férédation Internationale de Judo. Le drapeau israélien n’a pas non plus été hissé à la plus haute place. De la même façon, ce fut le symbole de la Fédération Internationale de Judo que les organisateurs ont hissé. (Dans la même veine, il n’y a pas eu de drapeau israélien pour les médailles de bronze de Gili Cohen, peu avant la victoire de Flicker jeudi, et Tohar Butbul, vendredi).

Flicker a géré ce manque de respect avec une forte détermination. Faisant fi de ce qu’il a ensuite décrit comme un « bruit de fond » avec l’hymne de la Fédération Internationale de Judo, il a chanté son propre hymne, celui de l’Hatikva.

S’exprimant à la télévision israélienne depuis sa chambre d’hôtel, il a déclaré qu’il avait pris la décision dès le départ de chanter l’Hatikva, et qu’il ne tiendrait pas compte de l’insulte de la nation organisatrice. « Le monde sait que nous venons d’Israël, et sait qui nous représentons », a-t-il déclaré. « Le fait qu’ils cachent notre drapeau, c’est simplement une… ». Il a fait une pause, cherchant le mot. « C’est simplement une tache sur notre drapeau », a-t-il dit.

Un jour après, Tohar Butbul a géré le mépris d’un adversaire arabe avec le même calme. Evidemment pas découragé par le fait que son adversaire des Emirats Arabes Unis Rashad Almashjari refuse de lui serrer la main, Butbul, âgé de 23 ans, a continué sa compétition pour obtenir une médaille de bronze dans sa catégorie en battant le champion olympique italien Fabio Basile.

Ajoutant l’insulte à l’insulte, la Fédération Internationale de Judo a été partiellement complice de la discrimination anti-Israël.

Son propre site internet parle de la médaille d’or de Flicker en le décrivant comme représentant non pas Israël, mais de manière risible, la Fédération Internationale de Judo.

« La Fédération Internationale de Judo est à la deuxième place avec une médaille d’or et une médaille de bronze », annonçait-on de manière ridicule jeudi soir. (Vendredi soir, sa table des médailles pour le tournoi présentait à juste titre, la médaille d’or d’Israël et les deux médailles de bronze qui ont été remportées par « Israël ».)

Certains pourraient avancer l’argument qu’Israël n’aurait pas dû participer à un tournoi dont les organisateurs, les Emirats Arabes Unis, ont posé des problèmes concernant les visas et ont à l’avance informé l’administration internationale que les Israéliens ne seraient pas acceptés s’ils montraient n’importe quel signe d’appartenance à Israël.

Mais le raisonnement israélien était que ses excellents judokas devraient participer, et que cela constituerait un contraste frappant, avec, d’un côté, l’excellence sportive et la bonne volonté, et, de l’autre côté, la grossièreté des organisateurs des Emirats Arabes Unis.

Et cela s’est révélé juste.

Mais cela ne devrait pas être le fin mot de l’histoire.

Quand les Emirats Arabes Unis ont clairement prévenu la Fédération Internationale de Judo que l’équipe israélienne ne serait pas autorisée à participer à la compétition sous le drapeau israélien, la Fédération Internationale de Judo a écrit aux organisateurs émiratis que « toutes les délégations, y compris la délégation israélienne, soient traitées absolument avec égalité dans tous les aspects, sans aucune exception ».

La Fédération de Judo des Emirats Arabes Unis a ignoré cette lettre. Pourquoi le ferait-elle ? Elle avait imposé la même discrimination contre des judokas israéliens il y a deux ans ; Israël a remporté des médailles de bronze dans un tournoi en 2015 – ce qui avait entraîné moins de gros titres dans les journaux que la médaille d’or de Tal Flicker.

Plutôt que de laisser les Israéliens trancher ce dilemme quant à savoir s’il faut participer à des compétitions comme des intrus, cela devrait revenir à la Fédération Internationale de Judo de garantir qu’il n’y a pas de discrimination dans de futurs tournois, et que les organisateurs qui ne s’assurent pas que toutes les délégations soient traitées « avec une égalité absolue » ne puissent pas organiser d’événements.

(Dans la même veine, la « Palestine », membre du Comité Olympique International, est un des 198 « pays membres » de la Fédération Internationale de Judo. Nous pouvons débattre aussi longtemps que nous voulons sur les différences et les similarités, mais si Israël voulait organiser un événement de la Fédération Internationale de Judo, il devrait traiter avec équité les participants palestiniens).

Art martial vieux de 135 ans, le judo est régi selon un code visant à souligner l’importance du respect. Le mot même de « judo » signifie « voie de la souplesse ». Ceux qui ne respectent pas son esprit ne devraient pas avoir leur place dans ce sport.

Comme le stipule le propre Code d’Ethique de la Fédération Internationale de Judo (clause 2) : « Il n’y aura pas de discriminination des participants sur la base de la race, du genre, de l’origine ethnique, de la religion, de l’opinion philosophique ou politique, le statut marital ou d’autres raisons ».

Les Emirats Arabes Unis ont piétiné tous ces principes cette semaine. On ne devrait pas leur permettre de le refaire.

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