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Le roi Abdallah II de Jordanie reçoit Netanyahu à Amman

Le monarque avait accueilli le Premier ministre israélien pour la dernière fois en 2018, lors d'un autre voyage qui avait été tenu secret jusqu'après les faits

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, rencontrant le roi Abdallah II de Jordanie, en Jordanie, en janvier 2014. (Crédit : Kobi Gideon/Bureau du Premier ministre/Flash90/Dossier)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, rencontrant le roi Abdallah II de Jordanie, en Jordanie, en janvier 2014. (Crédit : Kobi Gideon/Bureau du Premier ministre/Flash90/Dossier)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est envolé en Jordanie pour rencontrer le roi Abdallah II, a annoncé mardi le Bureau du Premier ministre israélien.

Selon le communiqué israélien, les deux dirigeants ont discuté de la « coopération stratégique, sécuritaire et économique » au cours de cette rencontre, la première entre les dirigeants depuis plus de quatre ans. Ils ont également parlé de l’importance de l’alliance entre les pays.

Cette visite semble indiquer que les deux parties souhaitent éviter les querelles publiques qui ont marqué leurs relations la dernière fois que Netanyahu était au pouvoir.

C’était la première visite connue de Netanyahu à Amman depuis un voyage tenu secret jusqu’après les faits, en 2018, en pleine tentative, de la part de l’administration de Donald Trump de négocier un accord de paix entre Israël et les Palestiniens.

Dans leur compte-rendu, les Jordaniens se sont concentrés « sur la nécessité de respecter le statu quo historique et juridique à la mosquée bénie d’Al-Aqsa/Al-Haram Al-Sharif et de ne pas lui porter atteinte ».

Cette admonestation est intervenue quelques semaines après la première visite du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, sur le mont du Temple, qui a donné lieu à de violentes condamnations de la part du monde arabe. La Jordanie avait convoqué l’ambassadeur d’Israël pour lui passer un savon.

Avant la visite de Ben Gvir, Amman avait fait savoir qu’une visite du ministre ou des mouvements violant le statu quo aurait de lourdes conséquences, y compris la possibilité d’un déclassement diplomatique.

Des Juifs visitant le mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 3 janvier 2023. (Crédit : AP/Maya Alleruzzo)

Au cours de sa rencontre avec Netanyahu, Abdallah II a également souligné son soutien à une solution à deux États garantissant un État palestinien sur les lignes de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale.

Abdallah II était accompagné de son ministre des Affaires étrangères, Ayman Safadi, de son chef d’état-major, Jaafar Haasan, et du chef des services de renseignement, Ahmed Hosni.

Les voisins, qui se sont combattus dans des guerres majeures tout en maintenant des contacts discrets, ont signé un traité de paix en 1994.

Cette rencontre surprise est remarquable au vu de l’Histoire mouvementée entre les deux dirigeants.

Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, s’adressant à un groupe de discussion lors du Forum de Doha, dans la capitale du Qatar, le 26 mars 2022. (Crédit : Ammar Abd Rabbo/MOFA/Doha Forum/AFP)

Au cours du dernier mandat de Netanyahu en tant que Premier ministre entre 2009 et 2021, les liens entre Jérusalem et Amman se sont nettement détériorés, Abdallah II ayant déclaré en 2019 que les relations étaient « au plus bas » après une série d’incidents qui ont incité la Jordanie à rappeler son ambassadeur en Israël.

Abdallah II avait accueilli Netanyahu pour la dernière fois en 2018, lors d’un autre voyage qui avait été tenu secret jusqu’après les faits. Le prédécesseur de Netanyahu, Yaïr Lapid, avait rencontré Abdallah en Jordanie et aux Nations unies. L’ancien Premier ministre Naftali Bennett avait également rencontré le roi de Jordanie à Amman.

Les observateurs se sont pleinement attendus à une détérioration des relations israélo-jordaniennes après le dégel sous l’administration Naftali Bennett-Yaïr Lapid. Toute détérioration significative compliquerait les relations de Netanyahu avec l’administration du président américain Joe Biden, qui a donné la priorité à ses liens avec la Jordanie, rendrait plus difficile l’extension des Accords d’Abraham et pourrait être une source de troubles réels à Jérusalem.

La Jordanie était déjà inquiète d’éventuels changements apportés au mont du Temple lors du précédent mandat de Netanyahu. Sa visite secrète en Arabie saoudite en 2020 avait suscité des inquiétudes à Amman, qui craignait que le réchauffement des liens entre Jérusalem et Ryad ne conduise Israël à faire passer le rôle de leader musulman sur le site des Jordaniens aux Saoudiens, éventuellement avec le soutien des États-Unis.

Un an plus tôt, en 2019, Abdallah II a déclaré qu’il subissait des pressions pour modifier le rôle historique de son pays sur le mont du Temple, mais a affirmé qu’il ne changerait pas de position.

La monarchie hachémite de Jordanie jouit d’un rôle unique sur le lieu saint – qu’elle appelle, mais pas Israël, une « garde » – depuis 1924.

L’ambassadeur de Jordanie en Israël, Ghassan Majali, à gauche, discutant avec un officier de police israélien sur le mont du Temple, à Jérusalem, le 17 janvier 2023. (Crédit : Twitter)

Israël a revendiqué la souveraineté sur le mont du Temple et la Vieille Ville de Jérusalem après sa victoire dans la guerre des Six Jours en 1967, près de vingt ans après qu’Amman l’a conquis pendant la guerre d’Indépendance de 1948. Toutefois, Israël a permis au Waqf islamique, une institution jordanienne, de conserver son autorité administrative sur le mont.

Joshua Krasna, expert du Moyen-Orient au Foreign Policy Research Institute, a qualifié le rôle de la Jordanie sur le mont du Temple de « clé de voûte » de la légitimité hachémite.

Après un autre incident récent sur le mont du Temple – au cours duquel l’ambassadeur de Jordanie en Israël a été brièvement retenu par la police alors qu’il visitait le site – Amman a montré un empressement à dépasser les tensions.

La lettre de réprimande que le ministère jordanien des Affaires étrangères a remise à l’envoyé d’Israël, Eitan Surkis, était mesurée et témoignait d’une volonté de passer à autre chose, a déclaré un responsable israélien.

« La Jordanie a exprimé sa colère de la manière la plus diplomatique qui soit », a déclaré Osama Al Sharif, journaliste et commentateur basé à Amman. « Mais on a le sentiment qu’elle ne veut pas non plus que les choses deviennent incontrôlables. »

Le prédécesseur de Netanyahu, Yaïr Lapid, avait rencontré Abdallah en Jordanie et aux Nations unies. L’ancien Premier ministre Naftali Bennett avait également rencontré le roi de Jordanie à Amman.

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