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Le Russe Lavrov rencontre Haniyeh, chef du bureau politique du Hamas, à Moscou

L'invitation au groupe terroriste palestinien survient dans un contexte de détérioration des liens entre le Kremlin et Jérusalem

Ismail Haniyeh, leader du groupe terroriste du Hamas, fait le V de la victoire aux journalistes avant sa rencontre le président du parlement libanais Nabih Berri, à Beyrouth, au Liban, le 28 juin 2021. (Crédit : AP Photo/Hassan Ammar)
Ismail Haniyeh, leader du groupe terroriste du Hamas, fait le V de la victoire aux journalistes avant sa rencontre le président du parlement libanais Nabih Berri, à Beyrouth, au Liban, le 28 juin 2021. (Crédit : AP Photo/Hassan Ammar)

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov a rencontré le chef du bureau politique du groupe terroriste palestinien du Hamas à Moscou, dans la journée de dimanche – une initiative qui devrait encore aggraver une relation déjà tendue entre Jérusalem et Moscou.

Pendant son entretien avec Ismail Haniyeh, Lavrov a vivement recommandé de mettre un terme aux divisions entre le Hamas et son rival, le Fatah, lui-même dirigé par le président de l’Autorité palestinienne (AP)  Mahmoud Abbas, selon un communiqué qui a été émis par le ministère russe des Affaires étrangères. Les deux hommes ont aussi évoqué le conflit israélo-palestinien.

Le Hamas n’a pas fait de commentaire. Samedi, le porte-parole du groupe terroriste, Taher al-Nono, avait fait savoir que cette rencontre avait été organisée à la demande de la Russie et que les deux parties allaient s’entretenir des relations bilatérales et des « violations » israéliennes.

Dans la délégation qui accompagnait Haniyeh, son adjoint, Saleh Al-Arouri, ainsi que Moussa Abu Marzouk et Maher Salah, deux hauts-responsables de l’aile politique du Hamas. Leur visite devrait durer plusieurs jours.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov à Nusa Dua, Bali, en Indonésie, le 8 juillet 2022. (Crédit : Willy Kurniawan/Pool Photo via AP)

Ce déplacement survient dans un contexte de détérioration des liens entre Jérusalem et Moscou – largement en raison du soutien apporté par Israël à l’Ukraine suite à l’invasion de son territoire par la Russie voisine, le 24 février dernier. La Russie a cherché à mettre un terme aux activités de l’Agence juive sur son sol et elle a montré peu de patience face aux frappes aériennes sur des cibles iraniennes en Syrie, des attaques qui ont été attribuées à l’État juif.

Inquiet de l’influence de la Russie en Syrie, l’État d’Israël a refusé d’offrir à l’Ukraine des armes ou même des moyens de défense mais le pays a condamné la guerre et les violations aux droits de l’Homme qui auraient été faites par les soldats du Kremlin.

Lavrov avait rencontré Haniyeh à plusieurs reprises ces dernières années ainsi que son prédécesseur, Khaled Meshaal. Leur dernier entretien remonte au début de l’année 2020.

Fin 2018, Israël aurait vivement protesté – en vain – auprès de Moscou en raison d’une autre réunion qui avait été programmée entre Haniyeh et Lavrov.

Un grand nombre de ces entretiens avaient porté sur les initiatives de réconciliation à mettre en place entre le Hamas et le Fatah.

A plusieurs occasions, Moscou avait accueilli les représentants des deux partis rivaux et ceux de plusieurs autres factions palestiniennes pour débattre des moyens de mettre un terme au conflit intra-palestinien.

Des responsables du Fatah et du Hamas attendent pour une rencontre avec le ministre russe des Affaires étrangères, le 12 février 2019. (Crédit : AP/Pavel Golovkin)

Au mois de mai, Lavrov avait été à l’origine d’un tollé diplomatique après avoir dit qu’Adolf Hitler avait du « sang juif » et que les Juifs faisaient partie des pires antisémites.

La Russie, de plus en plus isolée à l’international, tente de renforcer les liens entretenus avec les alliés qui lui restent depuis quelques mois. Le mois dernier, elle a commencé à déployer des drones iraniens en Ukraine pour contourner les sanctions occidentales, selon des informations.

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