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Le tribunal ne bloquera pas la possible grève imminente des enseignants

La requête a été rejetée pour des raisons techniques ; les responsables sont pessimistes quant à la possibilité de parvenir à un accord avant le premier jour de l’année scolaire

Le ministre des Finances Avigdor Liberman s'exprimant lors d'une conférence de presse, présentant une nouvelle réforme sur le logement, dans les bureaux du ministère des Finances, à Jérusalem, le 31 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre des Finances Avigdor Liberman s'exprimant lors d'une conférence de presse, présentant une nouvelle réforme sur le logement, dans les bureaux du ministère des Finances, à Jérusalem, le 31 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le tribunal national du travail a rejeté mardi soir une tentative du gouvernement d’empêcher une éventuelle grève des enseignants en demandant des ordonnances de retour au travail.

Le tribunal a déclaré que sa décision était due à un vice de forme – l’État ayant soumis sa requête en réponse à une autre requête soumise par l’Association des fabricants – mais que l’État pouvait soumettre une requête distincte s’il le souhaitait, laissant la porte ouverte à une éventuelle nouvelle injonction à moins de 36 heures de la rentrée scolaire.

Le bureau du procureur avait demandé une injonction du tribunal pour tenter d’empêcher les enseignants de faire grève jeudi, jour de la rentrée scolaire, alors que les négociations salariales avec le Syndicat des enseignants semblaient dans une impasse.

La requête, déposée par le ministre des Finances Avigdor Liberman, a souligné les tensions au sein du cabinet, alors que la ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton a pris ses distances, en déclarant que « les menaces juridiques ne contribueront pas à résoudre la crise du système éducatif ».

Elle a cité les « dommages massifs » qu’une prolongation des vacances d’été pour les enseignants en grève causerait à la fois aux parents et aux enfants, et a accusé le Syndicat des enseignants « d’anéantir toutes possibilités de progression ».

Malgré les informations faisant état d’une évolution positive mardi matin, des sources ont ensuite indiqué qu’un accord était encore loin d’être conclu. La décision d’empêcher une grève semble indiquer que les responsables du Trésor ne croient plus que les divergences puissent être résoutes à temps.

Le Premier ministre Yair Lapid rencontrant la ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton et le ministre des Finances Avigdor Liberman, le 17 août 2022. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Une question sur laquelle les deux parties étaient encore en désaccord est celle du nombre de jours de vacances. Le ministère des Finances cherche à rapprocher le nombre de jours de vacances dont bénéficient les enseignants de celui dont bénéficient les travailleurs des autres secteurs de l’économie, dans le but de réduire la pression sur les parents qui travaillent. Le ministère exige donc que le personnel éducatif renonce à six jours de vacances en échange de quelques vendredis de congé, selon la chaîne publique Kan.

Selon les informations relayées mardi, le syndicat est prêt à renoncer aux jours qui suivent Pessah, Shavouot et Souccot – appelés Isrou Hag – ainsi qu’à Lag BaOmer, en échange de congés entre les fêtes de Yom Kippour et Souccot.

Le Trésor a déclaré que la position du Syndicat des enseignants était « inacceptable » et que les enseignants exigeaient un « accord qui va au-delà de tout critère fixé par les accords précédents ».

« Nous avons atteint la limite de ce que nous pouvons offrir aux enseignants », a déclaré une source du Trésor citée par la Douzième chaîne.

Le Syndicat des enseignants a demandé que la requête soit rejetée, déclarant que « le moment choisi, alors que les équipes font état de progrès dans les négociations, fait plus penser à une tentative de saboter les accords ou d’imposer les positions du ministère des Finances au Syndicat des enseignants ».

Tout comme le ministère de l’Éducation, le syndicat a averti que le plan salarial entraînerait un exode massif d’enseignants d’ici cinq à six ans.

Le gouvernement a une marge de manœuvre limitée dans ce qu’il peut offrir aux enseignants. En tant que gouvernement intérimaire, le procureur général a plafonné ce que le ministère des Finances pouvait offrir aux enseignants à 4 milliards de shekels à l’approche des élections législatives.

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