L’électorat de la « droite saine » de Kahlon s’est-il insurgé contre Netanyahu ?
Rechercher

L’électorat de la « droite saine » de Kahlon s’est-il insurgé contre Netanyahu ?

Une analyse des suffrages dans six villes différentes révèle que la fusion avec le parti Koulanou de Kahlon n'a pas dynamisé le vote pour le Likud

Simona Weinglass est journaliste d'investigation au Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances Moshe Kahlon en réunion du cabinet au bureau du Premier ministre, à Jérusalem le 11 janvier, 2018 (Crédit : Alex Kolomoisky/POOL/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances Moshe Kahlon en réunion du cabinet au bureau du Premier ministre, à Jérusalem le 11 janvier, 2018 (Crédit : Alex Kolomoisky/POOL/Flash90)

En amont des élections d’avril 2019, le parti Koulanou a fait campagne sous le slogan « Yamin shafouy« , ou « la droite saine ». Le 25 février, son leader Moshe Kahlon expliquait sur Facebook ce qu’il entendait par là.

« Droite saine signifie être patriotique, mais également digne d’un homme d’État.  Droite saine signifie se soucier de la société et ne pas être étranger à l’Autre. Droite saine signifie respecter la loi et la suprématie de l’État de droit même lorsque c’est inconfortable ».

Ces propos auraient pu être perçus comme une pique à l’attention du Likud et de son dirigeant, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui faisait l’objet de critiques virulentes pour avoir négocié un accord de fusion entre le parti extrémiste Otzma Yehudit et d’autres formations religieuses-nationalistes. Les partenaires de coalition de Benjamin Netanyahu envisageaient également à l’époque d’introduire un projet de loi qui lui aurait accordé l’immunité contre des poursuites, une démarche à laquelle s’était opposé Koulanou.

Peu après, Koulanou remportait un nombre décevant de quatre sièges le 9 avril, contre 10 en 2015, et un Moshe Kahlon grandement affaibli faisait fusionner son parti avec le Likud.

« Nous avons décidé que si des élections pour la 22e Knesset devaient avoir lieu, le parti se présenterait sur une liste commune avec le Likud », avait annoncé le ministre des Finances le 28 mai.

« Avec Kahlon, nous obtiendrons 40 sièges », avait déclaré un Netanyahu aux anges lors de l’annonce de la fusion. Le 9 avril, le Likud en avait remporté 35.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre des Finances Moshe Kahlon, à Jérusalem, le 11 mars 2019. (Aharon Krohn/Flash90)

Sa prédiction ne s’est pas réalisée. Le Likud n’a obtenu que 31 sièges le 17 septembre, d’après les résultats quasi-définitifs.

Le Times of Israel a examiné la répartition des suffrages dans six villes, trois bastions du Likud et trois autres penchant vers le centre-gauche, afin de tenter de comprendre les conséquences de la fusion sur les votes. Dans les six localités, le pourcentage d’électeurs du Likud est resté inchangé ou légèrement en baisse, malgré la fusion avec Koulanou. Yisrael Beytenu a fait mieux dans les six villes. Le Parti travailliste a gagné des électeurs dans les bastions traditionnels du parti de Benjamin Netanyahu, tandis que le Camp démocratique a fait beaucoup mieux cette fois-ci à Tel Aviv, Kiryat Tivon et Givatayim, où son principal parti, le Meretz, a sa base.

Mardi, le Likud s’en est particulièrement bien sorti dans les villes de Dimona, Kiryat Shmona et Sdérot, où il a respectivement rassemblé 55, 53 et 42 % des voix. Ces chiffres sont presque les mêmes qu’en avril, où le Likud avait fait 56 % à Dimona, 53 % à Kiryat Shmona et 43 % à Sdérot.

Les partis ayant gagné des électeurs dans ces trois villes sont le parti travailliste, Yisrael Beytenu et le Shas.

À Dimona, le Parti travailliste est passé de 2 à 4 % des suffrages mardi. Yisrael Beytenu est, lui, passé de 6 à 8 %, et le Shas de 8 à 12 %.

À Kiryat Shmona, les travaillistes ont obtenu 5 % des suffrages contre 2 % en avril, Yisrael Beytenu 10 % contre 9 % précédemment et le Shas est passé de 6 à 9 % des suffrages.

Etti Dahan, qui est récemment revenue d’Eilat à Sdérot, devant un bureau de vote à Sdérot, le 17 septembre 2019. (Simona Weinglass/Times of Israel)

À Sdérot, le parti travailliste est passé de 3 à 8  %, Yisrael Beytenu de 10 à 12 et le Shas de 8 à 10 %.

En parallèle, dans les villes de centre-gauche, les suffrages en faveur du Likud sont restés les mêmes, tandis que ceux en faveur de Kakhol lavan ont légèrement baissé. Le Parti travailliste a fait moins bien qu’en avril à Kiryat Tivon (passant de 13  % à 11 %) et Tel Aviv (de 9  % à 7 %), mais le même score à Givatayim (10  %). Les partis ayant fait un meilleur score dans les trois villes que lors du précédent scrutin sont le Camp démocratique et Yisrael Beytenu.

Le Camp démocratique a obtenu 15 % des suffrages à Kiryat Tivon (contre 10 % pour le Meretz en avril), 14 % à Tel Aviv (contre 9 % pour le Meretz précédemment) et 11 % à Givatayim (contre 7 % cinq mois plus tôt).

Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman est passé de 1 % à 4 % des voix à Kiryat Tivon, de 1 % à 4 % à Tel Aviv, de même qu’à Givatayim.

Par ailleurs, le soutien sans précédent apporté par les citoyens arabes au Meretz en avril s’est amoindri le 17 septembre. La ville arabe ayant le plus voté pour le parti est celle de Kafr Kassem, où 26 % des voix sont allées pour le Meretz. Le sixième candidat de la liste de la formation de gauche, Issawi Frej, est originaire de cette ville, mais il ne semble pas avoir remporté de siège à la Knesset cette fois-ci.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...