L’enquête sur le club travailliste d’Oxford révèle un antisémitisme « nocif »
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L’enquête sur le club travailliste d’Oxford révèle un antisémitisme « nocif »

Certains membres se sont moqués des victimes juives de l'HyperCacher et considèrent qu'Auschwitz est 'une vache à lait', selon le Sunday Times

Le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn pendant la conférence annuelle de son parti à Brighton, en Angleterre, le 29 septembre 2015. (Crédit : Leon Neal / AFP)
Le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn pendant la conférence annuelle de son parti à Brighton, en Angleterre, le 29 septembre 2015. (Crédit : Leon Neal / AFP)

Une enquête sur les attitudes antisémites « toxiques » au sein du club travailliste de l’université d’Oxford a révélé que certains membres se sont référés à Auschwitz comme une « vache à lait », ont fait des chansons sur les roquettes de Tel Aviv, se sont moqués des personnes endeuillées et des décès des Juifs pendant la couverture télévisée des funérailles des victimes de l’attentat du supermarché de Paris…

Ces allégations ont été révélées grâce à des témoignages obtenus par le Sunday Times dans le cadre d’une enquête sur des allégations d’antisémitisme au sein de la société travailliste de l’université.

Cette enquête a fait suite à la démission mi-février du co-président non-juif du club pour protester contre l’approbation de la société de la Semaine contre l’apartheid israélien.

Dans une déclaration acerbe, Alex Chalmers a affirmé qu’ « une grande partie aussi bien de l’OULC [Oxford University’s Labour Club] et les étudiants de gauche à Oxford ont plus généralement une sorte de problème avec les Juifs ».

Sur Facebook, Chalmers a accusé les membres de la direction du club travailliste d’« utiliser la notion de ‘Zio’ [un terme utilisé pour désigner les Juifs habituellement confinés à des sites Web gérés par le Ku Klux Klan] avec abandon ». Il a écrit que les « membres plus anciens du club ont exprimé leur ‘solidarité’ avec le Hamas et pour défendre explicitement leurs tactiques des meurtres des civils sans discrimination ».

Le rapport d’enquête sur les étudiants a été achevé il y a 10 jours et transmis au parti. Il n’a pas été publié et aucun étudiant n’a été discipliné à ce jour, a signalé le Jewish Chronicle lundi.

Dimanche, deux anciens ministres de l’opposition (des membres du parti d’opposition qui prennent la responsabilité de portefeuilles particuliers) se sont joints à la mêlée en exigeant la publication immédiate du rapport d’enquête sur les élèves.

Michael Dugher et Rachel Reeves ont déclaré à JewishNews : « dans un souci de transparence et pour démontrer, sans qu’aucun doute sérieux ne persiste, avec lequel nous prenons ces allégations, le rapport devrait être publié aujourd’hui ».

Selon le Daily Telegraph, l’enquête a porté sur Max Shanly, 25 ans, un membre du comité national du Young Labour, et James Elliott, 22 ans, qui siège dans la section des jeunes au forum politique national du parti.

James Elliott (Crédit : Facebook)
James Elliott (Crédit : Facebook)

Elliott était un conseiller pour la politique pour les jeunes de Jeremy Corbyn lorsqu’il était candidat pour la direction nationale du parti travailliste et aurait aidé à rédiger le manifeste de la jeunesse de Corbyn.

Aussi bien Elliott que Shanly ont nié ces affirmations.

Elliott est « fier de son casier sur sa lutte contre l’antisémitisme et considère l’antisémitisme comme étant odieux et répréhensible », a déclaré un avocat qui défend les deux jeunes hommes, au Daily Mail, tandis que Shanly était « consterné par le racisme sous toutes ses formes et a toujours cherché à défier le racisme quand il en était témoin ».

Max Shanly (Crédit : Facebook)
Max Shanly (Crédit : Facebook)

Après que le rapport ait été achevé, le parti national travailliste a décidé de commander un deuxième rapport et a nommé Janet Royall, son ancienne dirigeante de la Chambre des Lords (La haute chambre du Parlement britannique) à la tête de la nouvelle enquête.

Le Daily Telegraph a rapporté dimanche que le député Joan Ryan, le président des parlementaires qui font partie du Labour Friends of Israel, avait écrit au secrétaire général du parti pour protester contre la décision du parti de combiner l’enquête pour l’antisémitisme avec celle qui impliquait Elliott dans une autre sphère d’activité.

À la fin du mois de février, Elliott a perdu de justesse sa course électorale pour devenir un représentant des jeunes au sein du comité exécutif national des travaillistes le poussant à porter des accusations, publiées dans le journal The Guardian, que le gagnant, un étudiant de l’université de Liverpool – a encouragé ses partisans à dépeindre Elliott comme un antisémite sur les médias sociaux.

« Je crois qu’il est tout à fait inapproprié que cette enquête et que celle sur l’élection des représentants de la jeunesse du parti au Comité exécutif national soit faite ensemble. Idéalement, deux enquêtes distinctes auraient dû être menées ».

« Deux enquêtes distinctes et deux rapports distincts » auraient été nécessaires pour fournir « une certaine assurance que les allégations d’antisémitisme sont traitées avec le sérieux qu’ils méritent », a écrit Ryan.

Dugher et Reeves ont fait écho aux sentiments de Ryan pour JewishNews. Ce « n’est pas acceptable pour le parti d’envelopper maintenant des allégations sérieuses au sujet de l’antisémitisme au sein d’un club étudiants du parti travailliste dans une enquête plus large », ont-t-ils clamé.

Le leader de l'opposition, Ed Miliband, à l'Université hébraïque de Jérusalem le 10 avril 2014 (Crédit : Université hébraïque)
Le leader de l’opposition, Ed Miliband, à l’Université hébraïque de Jérusalem le 10 avril 2014 (Crédit : Université hébraïque)

De plus, l’ancien dirigeant juif du parti travailliste, Ed Miliband, qui a étudié à l’université d’Oxford, a reporté une conférence prévue au club du parti travailliste de l’université à cause des rapports « profondément inquiétants », a annoncé le Daily Mail.

Peu après que Chalmers ait démissionné, un ancien président de l’OULC, David Cesar Heymann, a écrit sur Facebook : « Je suis arrivé à l’OULC en 2013, quand il y avait une atmosphère accueillante, avec des cadres qui se concentraient sur l’accueil de bons orateurs et faire campagne pour amener un gouvernement travailliste ».

« Depuis 2015, et surtout après les élections, il y a eu un effort concerté de l’extrême gauche d’Oxford pour reprendre le club. Beaucoup de ces personnes ont peu de liens avec le parti travailliste ou ses valeurs, et ont apporté avec eux la pire des tactiques marxistes, approchant OULC avec une attitude ‘soit vous êtes avec nous ou contre nous’ ».

« L’extrême gauche a amené une culture où les attaques personnelles vicieuses devient une routine et cela inclut des incidents antisémites révoltants, comme ceux rapportés par le JSOC [Société juive]. À l’avenir, je souhaite que les membres décents du parti travailliste contribuent à lutter contre cette culture toxique et à restaurer OULC pour qu’il redevienne un fier représentant du vaisseau amiral de la gauche britannique à Oxford ».

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