Israël en guerre - Jour 148

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Les manifestants exigent un accord pour les otages et le remplacement de Netanyahu

Des milliers de personnes à Tel Aviv, Césarée et Jérusalem demandent l'arrêt des combats en échange de la liberté ; des rassemblements distincts appellent à des élections anticipées

Des Israéliens lors d'un rassemblement réclamant la libération des otages détenus à Gaza par les terroristes palestiniens sur la "Place des Otages", à Tel Aviv, le 20 janvier 2024. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Des Israéliens lors d'un rassemblement réclamant la libération des otages détenus à Gaza par les terroristes palestiniens sur la "Place des Otages", à Tel Aviv, le 20 janvier 2024. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Des milliers de manifestants ont organisé des rassemblements simultanés à Tel Aviv, Césarée et Jérusalem samedi soir pour faire pression sur le gouvernement afin qu’il fasse davantage pour libérer immédiatement les plus de 130 otages détenus à Gaza par des terroristes palestiniens depuis l’assaut du 7 octobre.

Les rassemblements, organisés par le Forum des familles des otages et disparus, ont fait intervenir des orateurs qui ont demandé l’arrêt des combats à Gaza et un échange avec le Hamas pour le retour des otages. Selon les médias, le groupe terroriste palestinien exige, entre autres conditions sine qua non à tout accord, un cessez-le-feu.

Des rassemblements anti-gouvernement distincts ont également eu lieu à Tel Aviv et à Jérusalem, appelant à la démission du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le rappeur juif américain Matisyahu a donné le coup d’envoi du principal rassemblement, sur la « Place des Otages », à l’entrée du Musée d’art de Tel Aviv, en déclarant à la foule : « Vous aurez ma voix, et je ne vous laisserai pas tomber » : « Vous aurez ma voix et je ne penserai qu’au retour des otages. »

L’artiste, de son vrai nom Matthew Paul Miller, a interprété une chanson sur l’antisémitisme comportant de multiples allusions à la Shoah, suivie de son célèbre tube « One Day« .

Le rassemblement à Tel Aviv a retransmis la manifestation simultanée devant la résidence privée de Netanyahu à Césarée, où des personnes criaient dans des mégaphones « Un accord, Achshav [maintenant] ! »

Shira Albag, dont la fille Liri, âgée de 18 ans, est retenue en otage à Gaza, a déclaré à la foule de Tel Aviv qu’elle avait l’impression que la vie ressemble à la mort.

« Les pensées de ma fille ne me quittent jamais », a-t-elle dit. « Je me réveille vivante et je m’endors en me sentant morte. »

Il y a deux semaines, des images de Liri et de trois autres soldates en captivité ont été diffusées par le Hamas. « Il m’a fallu un certain temps pour la reconnaître, pour comprendre que cette fille au sweat-shirt bleu était ma fille », a expliqué Shira à propos de sa fille de 18 ans.

« Si pour moi c’est dur, à quel point c’est dur pour elle ? Elle m’appelle au secours, je l’entends appeler à l’aide, sans personne pour la protéger et la serrer dans ses bras. Mais il y a des gens qui peuvent la sauver, et nous pouvons faire en sorte que cela arrive », a affirmé Shira, faisant référence au gouvernement et aux pressions exercées pour qu’il conclue un accord en vue de la libération des otages.

Shira Albag parlant de sa fille, Liri, lors d’un rassemblement réclamant la libération des otages kidnappés par le Hamas sur la « Place des Otages », à Tel Aviv, le 20 janvier 2024. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Chen Goldstein-Almog, qui a été enlevée le 7 octobre au kibboutz de Kfar Aza et qui a été relâchée en même temps que ses enfants lors de la trêve fin novembre, a elle parlé de la situation critique des femmes en captivité.

Elles sont « blessées émotionnellement et physiquement », a rappelé Goldstein-Almog.

« Je ne cesse de me demander si nous en faisons assez pour les ramener », a-t-elle ajouté. Le Hamas détiendrait encore 14 femmes en otage.

Le mari de Goldstein-Almog et sa fille aînée, Yam, âgée de 20 ans, ont été assassinés le 7 octobre.

Hagit Peer, directrice de l’association de défense des droits des femmes Na’amat, a appelé à un accord avec le Hamas et condamne les associations féministes internationales pour ne pas s’être élevées contre les actes de viols et de violences sexuelles perpétrés contre les femmes par les terroristes du Hamas le 7 octobre, et probablement par la suite. « C’est #metoo, sauf si vous êtes Juive », a déclaré Peer à Césarée.

Dans une vidéo diffusée au rassemblement sur la « Place des Otages » à Tel Aviv, la représentante démocrate américaine et juive Debbie Wasserman Schultz, de la 25e circonscription électorale de Floride, a elle déclaré aux familles des plus de 130 otages détenus à Gaza qu’elle priait et œuvrait pour leur libération.

« Je prie pour la libération de vos proches. Sachez que l’Amérique est à vos côtés. Je travaille au Congrès, dans mon pays et à l’étranger, pour faire tout ce qui est en mon pouvoir pour qu’ils rentrent chez eux maintenant », a-t-elle affirmé.

« Et aux femmes qui ont été soumises à des violations inimaginables le 7 octobre : je suis avec vous, je vous crois et je me battrai pour vous « , a ajouté Wasserman Schultz. « Am Yisrael Chaï [Le peuple d’Israël vit]. »

Avi Lulu Shamriz, le père d’Alon Shamriz, un otage tué par erreur par les troupes israéliennes en décembre, a déclaré à l’AFP à Tel Aviv que le cabinet de guerre de Netanyahu courait au désastre.

« Au train où vont les choses, tous les otages vont mourir. Il n’est pas trop tard pour les libérer », a-t-il affirmé.

Une autre manifestante, Yaël Niv, a déclaré qu’Israël avait désespérément besoin d’un nouveau gouvernement pour corriger la trajectoire du pays.

Cette quinquagénaire a déclaré que « les éléments messianiques de notre gouvernement » constituaient un danger majeur pour Israël, alors qu’elle distribuait des autocollants appelant au retour des otages.

Des manifestants anti-gouvernement protestant des deux côtés de la rue Kaplan, à Tel Aviv, le 20 janvier 2024. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

« L’élimination du Hamas ne se fera pas par la guerre et l’escalade de la violence », a-t-elle ajouté.

Des messages similaires ont été au cœur d’un rassemblement anti-gouvernement distinct, organisé plus tôt sur la place Habima, à Tel Aviv.

Avant que les orateurs ne montent sur scène, une parodie de « The Sound of Silence » appelant à la démission du gouvernement israélien actuel a été diffusée pour les manifestants sur l’écran géant faisant face à la foule.

Le premier orateur de la manifestation, Shirel Hogeg, a déclaré au public qu’ils appartenaient à « la génération de la victoire » et que le Premier ministre Benjamin Netanyahu « faisait de la politique avec des médicaments pour les otages », faisant allusion aux informations selon lesquelles le Premier ministre aurait dissimulé les détails de l’accord conclu avec le Qatar pour fournir des médicaments aux otages retenus dans la bande de Gaza.

Des Israéliens participent à un rassemblement appelant à la libération des otages détenus par les terroristes du Hamas à Gaza, sur la « Place des Otages », à Tel Aviv, le 20 janvier 2024. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les sondages d’opinion ont toujours prédit que les partis de droite, d’extrême-droite et ultra-orthodoxe qui composaient la coalition d’avant-guerre (avant que le parti centriste HaMahane HaMamlahti ne la rejoigne jusqu’à la fin de la guerre) seraient loin d’obtenir à nouveau une majorité parlementaire si des élections législatives étaient organisées. Netanyahu a refusé d’assumer les échecs qui ont précédé l’assaut du 7 octobre et s’est efforcé de consolider sa majorité actuelle dans une tentative manifeste de préserver sa coalition.

Une petite altercation au cœur de la manifestation, impliquant un contre-manifestant qui est tombé par terre et qui a hurlé sur les personnes présentes, les qualifiant de « haineux d’Israël », a interrompu sa montée sur scène.

Cependant, la plupart des contre-manifestants sont restés en marge de la manifestation.

Yifat Calderon, la cousine d’Ofer Calderon, l’un des 132 otages toujours détenus à Gaza, s’est par la suite adressée à la foule, appelant le gouvernement à « arrêter les combats, à payer le prix » pour les otages – ce qui inclurait probablement la libération d’un grand nombre de terroristes palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël.

« Le moment est venu d’utiliser tout notre pouvoir pour sauver les civils qui vivent l’enfer, et c’est seulement par chance que nous ne sommes pas à leur place », a-t-elle affirmé à la foule. Elle a été rejointe par des cris appelant à de nouvelles élections.

Des manifestants anti-gouvernement ont interrompu le rassemblement sur la « Place des Otages » à Tel Aviv, organisé par le Forum des familles des otages et disparus. Ils ont appelé les personnes présentes au rassemblement appelant à la libération des otages à les rejoindre.

« Venez rejoindre la marche, de Shaul HaMelech vers Begin ! Si vous voulez tout faire pour les otages, rejoignez la marche », a crié l’un des manifestants à l’aide d’un mégaphone.

Un membre du Forum des familles des otages et disparus l’a interrompu : « Bravo à toi mon ami, mais tu déranges les autres. »

Certaines personnes qui manifestaient sur la route Begin dans la ville ont déclaré que la police leur avait infligé une amende de 1 000 shekels.

Lors du rassemblement simultané à Césarée, Mor Shoham, dont le frère Tal est retenu en otage, a déclaré à la foule que « 136 cercueils ne sont pas une image de victoire ».

« Alors que nous sommes ici, les femmes sont maltraitées, tous les otages sont privés de nourriture et de lumière du jour. Je veux demander au cabinet de guerre : Qu’attendez-vous ? Nous voulons connaître votre plan », a demandé Shoham.

Tout au long de la journée, des centaines de personnes ont manifesté dans un camp de tentes à Césarée, exigeant que le Premier ministre les rencontre et lisant les noms de tous les otages.

Eli Shtivi, père d’Idan Shtivi, otage à Gaza, entamant une grève de la faim jusqu’au retour de son fils, lors d’une manifestation sous des tentes devant la résidence privée du Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Césarée, le 20 janvier 2024. (Crédit : Jonathan Shaul/Flash90)

Eli Shtivi, le père d’Idan Shtivi, qui était également à Césarée, avait indiqué, en début de soirée, qu’il commençait une grève de la faim.

Lors d’une autre manifestation à Jérusalem, des centaines de personnes se sont rendues sur la place de Paris, près de la résidence officielle du Premier ministre, en scandant : « Une image de victoire est le dernier des otages ».

Un autre rassemblement anti-gouvernement s’est également tenu dans la capitale, devant la résidence présidentielle, organisé par le groupe Safeguarding Our Shared Home, au cours duquel les orateurs et les participants ont exigé de nouvelles élections.

Cela fait plusieurs semaines que le groupe, qui a organisé l’année dernière les manifestations hebdomadaires contre le plan largement controversé de refonte du système judiciaire, réclame de nouvelles élections.

Des manifestants en faveur de la libération des otages retenus en captivité par le Hamas à Gaza, aux abords de la résidence du Premier ministre, à Jérusalem, le 20 janvier 2024. (Crédit : Marco Longari/AFP)

La guerre a éclaté après que le Hamas a envahi les communautés du sud, massacrant au moins 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et en kidnappant 253 autres. Israël a alors lancé une vaste opération militaire visant à vaincre le Hamas et à restituer les otages.

132 otages enlevés par le Hamas le 7 octobre dernier se trouveraient encore à Gaza – mais certains ne seraient plus en vie – après la remise en liberté de 105 civils au cours d’une trêve d’une semaine à la fin du mois de novembre.

Quatre otages avaient été libérées avant cela, et une soldate avait été secourue par l’armée israélienne. Les corps sans vie de huit otages ont également été retrouvés et trois otages ont été tués par erreur par l’armée le 15 décembre.

L’armée a confirmé le décès de 27 otages – notamment de deux captifs dont la mort a été annoncée mardi – qui se trouvaient encore à Gaza, citant de nouveaux renseignements et autres informations obtenues par les militaires en opération sur le terrain, au sein de l’enclave côtière. Une personne est encore considérée comme portée-disparue depuis le 7 octobre et son sort reste indéterminé.

Le Hamas conserve aussi les dépouilles d’Oron Shaul et de Hadar Goldin, morts dans la bande en 2014. Il garde aussi en captivité deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui seraient encore vivants après être entrés dans la bande de leur propre gré en 2014 et en 2015 respectivement.

Alors que le 14 janvier marquait le 100e jour de la guerre – qui correspondait également au centième jour de détention des otages – le cabinet de guerre était apparemment divisé sur les paramètres jugés acceptables dans le cadre d’un accord sur la libération des otages. Gadi Eisenkot, observateur au sein du cabinet, pousserait à la mise en place d’une longue trêve en échange de la libération des otages – une initiative soutenue par le chef de son parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz. Pour leur part, Netanyahu et le ministre de la Défense Yoav Gallant s’y opposeraient fermement, selon de nombreux médias israéliens.

Netanyahu et Gallant ont déclaré à maintes reprises que le seul moyen de récupérer les otages était de continuer à exercer une pression militaire sur Gaza en poursuivant la guerre.

L’AFP a contribué à cet article.

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